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Tunisie: Vers un scrutin historique

Les tunisiens síapprêtent à vivre leur première élection constituante, une étape cruciale pour líavenir du pays

 

Neuf mois après une révolution populaire qui a donné le coup d'envoi du "printemps arabe", la commission électorale a organisé dimanche 16 octobre un vote blanc. LíInstance supérieure indépendante des élections (Isie) a choisi le bureau de vote de La Fayette, quartier central de la capitale et première circonscription de Tunis, où quelques 80 listes s'affrontent. Ce test nous permettra de voir s'il y a des failles et de les combler pour garantir un déroulement du vote dans les meilleures conditions possibles, explique Larbi Chouika, un des 16 membres de l'Isie.

 


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Tous aux urnes après la révolution du "printemps"
Le soulèvement populaire né en décembre 2010 dans le centre déshérité du pays et qui a emporté le président Ben Ali le 14 janvier dernier a plongé la Tunisie, petit pays touristique allié de l'occident, dans l'inconnu. Après neuf mois d'une période de transition difficile, marquée par une grogne sociale permanente et des flambées de violence, les électeurs trancheront pour de bon dimanche prochain, face à plus de 1.500 listes constituées par des partis ou des personnalités indépendantes, pour élire les 217 membres (dont 19 à l'étranger) de la future assemblée. Elle aura pour tâche de rédiger une nouvelle constitution et de former un exécutif qui gouvernera jusqu'aux prochaines élections générales.

La fin de campagne a été marquée par l'activisme parfois violent de groupes salafistes, des fondamentalistes prônant une application littérale de la charia, qui ont rassemblé vendredi (14 octobre) à Tunis des milliers de manifestants venus réclamer le respect des valeurs de l'islam. Le grand parti islamiste Ennahda, donné favori du scrutin dans les derniers sondages de septembre, a condamné toute violence et tenté de se démarquer des extrémistes. Pour des observateurs, Ennahda devrait profiter d'un débat imposé sur l'identité arabo-musulmane de la Tunisie, pays ancré depuis des siècles dans une pratique tolérante et ouverte de l'islam. Le score d'Ennadha dépendra en grande partie du rapport de force entre un pôle conservateur et religieux et un pôle moderniste, attaché aux acquis de la femme (droit au divorce et à l'avortement, interdiction de la polygamie) et à la défense de la laïcité. Après vingt-trois années díoppression sous le régime de Zine El-Abidine Ben Ali, les électeurs pourront choisir leurs propres représentants qui auront la lourde tâche de rédiger la première Constitution indépendante de la Tunisie.

 



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