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Centrafrique: 13 août 2011: 51 ans d’une indépendance mitigée

Cure d’austérité oblige, les autorités politiques centrafricaines n’ont pas eu mieux à faire que d’investir les églises et mosquées

 

13 août 1960 – 13 aout 2011, la République Centrafricaine vient, une fois de plus de célébrer le cinquantenaire de son accession à l’indépendance. Pour cette année et cure d’austérité oblige, les autorités politiques centrafricaines n’ont mieux eu à faire que d’investir les églises et mosquées pour dit-on «prier et confier la destinée du pays aux mains de Dieu».

Bilan mitigé
Bref, en 51 ans d’indépendance dans l’interdépendance pour ne pas dire la dépendance au sens propre du terme, le bilan en République Centrafricaine est plus que mitigé. Le président de la République l’a lui-même reconnu dans son discours à la nation, la veille de la célébration du 13 aout 2011. L’indépendance en Centrafrique, parlons-en car c’est quoi en fait cette indépendance quant on sait qu’en 51 ans de ‘‘ libre exercice’’ des pouvoirs de l’Etat, les différents hommes politiques centrafricains n’ont su donner au peuple, cette vraie indépendance qu’il attendait et qui puisse poser les bases même d’un semblant de développement dans ce pays. En 51 ans d’indépendance, le Centrafricain n’arrive toujours pas à conjuguer les 5 verbes du MESAN que sont nourrir, vêtir, soigner, loger et instruire à nous légués par le président fondateur de la République Centrafricaine, Barthelemy Boganda. En 51 ans d’indépendance, la palme d’or de gestion de la respublica – chose publique, revient aux militaires centrafricains, aussi adeptes de nombreuses mutineries et coups d’Etat qu’a connu notre pays. Pas la peine de mentionner que les destructions sauvages qui ont suivi les multiples mutineries, rebellions et coups d’Etat, ont détruit le minimum de ce qui restait encore de ce qui pouvait être considéré comme étant un tissu économique centrafricain. Conséquences, un chômage endémique pour une pauvreté galopante avec en toile de fond une insécurité fulgurante.

 


© leconfident.net
On attend les 50 autres prochaines années
A qui la faute?
Pas besoin de jeter l’anathème sur tel ou tel régime ou telle ou telle personnalité. La responsabilité de la descente aux enfers de la République Centrafricaine est plus que partagée. Du sommet de la pyramide jusqu’au bas de l’échelle, le centrafricain est le premier responsable de ses propres malheurs, de sa propre descente aux enfers. Des autorités corrompues en passant par le fonctionnaire corruptible ou l’operateur économique corrupteur, il n’y a qu’un tour pour que l’économie en pâtisse. Et si on y ajoute, la gestion patrimoniale, familiale, clanique de la chose publique et cette propension à la promotion des incapables issus de la ‘‘ bonne ethnie’’, trait caractéristique des différents régimes ayant géré la République Centrafricaine, on comprend très facilement et aussi aisément que possible pourquoi ce pays a manqué son décollage à l’instar d’autres pays de la région ayant connu en même temps que lui, ce qui s’appelle aujourd’hui le vent des indépendances des années 1960.

Quelle solution?
Seule une prise de conscience globale des filles et fils du Centrafrique peut apporter des changements profonds dans notre société. A commencer par les autorités politiques centrafricaines d’abord et les gouvernés ensuite pour que le prochain cinquantenaire puisse être celui du développement réel de la République Centrafricaine. Car au centenaire de l’indépendance de notre pays, il n’y aura pas d’excuses qui puisse tenir d’autant plus qu’il n’est encore tard pour bien agir. Le ministre centrafricain des Postes et télécommunications a eu le mot juste quand il déclare que ‘‘construire ce pays nous revient d’abord et qu’il nous faut nous unir dans la dignité et nous mettre au travail’’. La réconciliation nationale véritable entre les filles et fils du Centrafrique est plus que jamais à l’ordre du jour. Pourvu que les conditions optimales qui le sous-tendent soient créées. Une question de volonté hautement politique.

 



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