Archive

Centrafrique: Le pouvoir à líépreuve du front social

Quand les crises se succèdent sans que des esquisses de solution durable leurs soient apportées, líEtat, peut valablement tomber en «faillite»

 

Grève par ci, grève par là, contestation par ci, contestation par là, les revendications corporatistes qui semblent élire domicile en Centrafrique, mettent le pouvoir à líépreuve du front social. Et quand les crises se succèdent sans que des esquisses de solution durable leurs soient apportées, líEtat, peut valablement tomber en «faillite». Líon peut soutenir que tout a commencé avec la crise des retraités militaires et gendarmes qui, en voulant en avoir le cúur net, avaient pris díassaut la représentation de líUnion Européenne en Centrafrique. De cette crise, deux journalistes centrafricains ont passé plus díun mois en geôle, affronté la justice de leur pays pour être finalement relaxés après un procès qui nía fait quíenvenimer la situation du pays. Avec ce procès, les lampions de la communauté internationale se sont tournés vers la République Centrafricaine, considérée désormais comme un pays, peu scrupuleux et irrespectueux de la dignité de la personne humaine. Comme si cela ne suffisait pas, les Centrales syndicales ont appelé à la reprise de la lutte syndicale pour défendre la chapelle des travailleurs qui, selon elles, tireraient le diable par la queue. Le gouvernement, voyant le danger venir, a repris langue avec les centrales syndicales mais pour combien de temps?

 


© journaldebangui.com
Les étudiants dans les rues de Bangui
Grèves, sources díinstabilité
En plus, le temple du savoir quíest líuniversité de Bangui est entré dans la danse. Cette fois-ci, ce ne sont pas les étudiants mais les enseignants du supérieur qui revendiquent des meilleures conditions de vie. Autrement dit, un statut particulier avec tout ce que cela comporte comme effets, des bourses doctorales et postdoctorales pour des recherchesÖ Mécontents de la suspension de la Commission nationale díattribution des bourses, les étudiants de Bangui, après un préavis de grève, ont investit les rues de Bangui pour faire pression sur le gouvernement afin que des réponses concrètes leurs soient apportées. A líuniversité de Bangui, la paralysie est presque totale díautant plus quíétudiants et professeurs sont en grève et attendent toujours du gouvernement, des débuts de réponse à leurs problèmes.

Faisant des émules, la grève a touché les enseignants vacataires du fondamental 2 qui ont aussi emboité les pas aux enseignants du supérieur et étudiants pour entrer à leur tour en grève afin de revendiquer le paiement de leurs arriérés de vacation de líannée 2009-2010. Ce níest pas fini puisque les retraités militaires et gendarmes ont remis une fois de plus la pression sur le pouvoir en assiégeant la représentation de líUnion européenne en Centrafrique toute la journée du mardi, 2 aout 2011. Si on y ajoute les contestations émanant de líOpposition politique réunie au sein du FARE (Front pour líAnnulation et la Reprise des Elections), qui entend organiser dans les jours à Bangui un grand meeting politique la boucle est ainsi bouclée. Dur díêtre gouvernant en pareille circonstance.

 


© journaldebangui.com
On níoublie pas tous ces fait isolés qui dans les quartiers sont de nature à mettre le feu au poudres, dans un environnement où les jeunes ont de moins en moins de travail, les ménages ont de moins en moins accès aux commodités de première nécessité. Bref et quíà cela ne tienne, il est plus quíurgent pour le gouvernement centrafricain de se rendre à líévidence et de prendre à bras le corps, les crises qui se succèdent en essayant de dialoguer avec les différentes corporations et proposer des solutions idoines à chaque situation pour ne pas faire le lit à líinstabilité.

Fleury Koursany


Commentaire


Retour en haut