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RCA: Mobilisation autour du sort des deux journalistes

Ce mercredi 6 juillet 2011, Faustin Bambou et Emmanuel Cyrus Sandy devraient enfin être jugés

 

La mobilisation pour la libération des deux journalistes síorganise. En effet, la justice centrafricaine a décidé de retenir líinfraction pénale plutôt que le délit de presse à líencontre des deux journalistes, les accusant «díincitation à la haine». Leur tort serait díavoir publié des articles accusant le ministre délégué à la Défense, Francis Bozizé, fils du Chef de líEtat, de détournement de fonds en provenance de líUnion Européenne initialement destinés aux pensions des militaires et gendarmes.

 


© radiondekeluka
Une mobilisation au niveau national
Lundi 4 juillet, les principaux quotidiens de Bangui, le Confident, le Citoyen, le Démocrate et líHirondelle ont décidé de ne pas paraître, observant une «Journée sans journaux» par solidarité avec leurs confrères journalistes. LíUJCA (Union des Journalistes Centrafricains), líensemble des organisations professionnelles et les organisations de défense des droits de líhomme tentent de mobiliser líopinion publique par voie de presse.

Líengagement de la communauté internationale
Reporters sans Frontières avait réagi dès le 10 juin dernier en publiant un communiqué dans lequel líorganisation condamnait «líincarcération de Faustin Bambou qui a simplement fait son travail en relayant une information díintérêt public». En outre, RSF rappellait que líordonnance 5 de 2005 modifiant la loi sur la presse avait rendu impossible le fait de détenir un journaliste en prison pour délit de presse. Cependant, les faits ayant été requalifié par la justice díincitation à la haine. RSF juge que «devant le caractère abusif de ce chef díinculpation, nous demandons au procureur de revenir sur ces accusations, de mettre un terme immédiatement à ces procédures judiciaires et de relâcher le journaliste».

 


© journaldebangui.com
Les deux journalistes incriminés à Bangui
Le Bureau Intégré des Nations Unies pour la Centrafrique (BINUCA) síest également investi dans cette affaire en saisissant le Haut Commissairiat pour les Droits de líHomme (OHCHR) à Genève. LíOHCHR a engagé une procédure díappel díurgence contre cette détention. Le BINUCA a également rencontré les ministres de la Justice et en charge de la Communication pour tenter de sensibiliser le gouvernement centrafricain à líimage déplorable que pourrait donner le pays aux bailleurs internationaux quelques jours après la Table Ronde de Bruxelles (1-6 et 17 juin 2011) au cours de laquelle 400 milliards de francs CFA de promesse de dons ont été faites par ces grands bailleurs de fonds pour aider au développement de la République Centrafricaine.

Une crispation du gouvernement sur la liberté de presse mais liberté díentreprendre et de diffuser les entreprises médiatiques
Cette crispation du gouvernement sur la liberté de presse pour les journalistes centrafricains est concomitante de líouverture et de líautorisation díémettre pour plusieurs radios et télévisions (le plus souvent confessionnelles) et líapparition de Radio Chine Nouvelle et Voix de líAmérique sur la bande FM à Bangui. Cependant, peut-on mesurer le pluralisme par le nombre díentreprises médiatiques si la liberté de presse reste un combat pour les journalistes centrafricains?


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