Archive

Centrafrique: Les promesses de la table ronde de Bruxelles divisent la presse

Les satisfécits des uns et les inquiétudes des autres pourraient déterminer le gouvernement centrafricain à faire une autocritique de ses actions

 

Du 16 au 17 juin 2011 à Bruxelles, la République Centrafricaine, représentée par ses hautes autorités avaient la responsabilité de défendre un document dit de stratégie de réduction de la pauvreté de deuxième génération. Un document dans lequel des stratégies visant le développement de la RCA sont présentées par le gouvernement et qui n’attendent que son financement par la communauté des bailleurs-partenaires pour sa réalisation. De cette table ronde, des promesses de 400 milliards FCFA ont été faits à la RCA par les partenaires réunis lors de cette table ronde dont le coup d’envoi a été donné par le président centrafricain en personne qui a solennellement appelé les partenaires à ne pas laisser sombrer son pays qui est sur la bonne voie. Résultats, 400 milliards de FCFA de promesses qui, somme toute ne restent que des promesses. L’effet de cette annonce n’a pas tardé puisqu’il a été immédiatement ressenti dans les journaux centrafricains qui en ont fait leur chou gras. Les promesses de Bruxelles intéressent mais divisent les quotidiens centrafricains.

 


© journaldebangui.com
Ainsi donc, le quotidien La Plume qui exhibe cet exploit le considère comme une prouesse politique à mettre à l’actif du président de la République et son gouvernement. Dans sa parution du 22 juin 2011, La Plume titre: Table ronde de Bruxelles: pari gagné pour le régime de Bangui. Dans cet Editorial, le quotidien déclare que «de nombreux observateurs de la vie politique nationale ne s’y attendaient pas… Dix milliards de dollars US soit 400 milliards Fcfa ont été promis pour la mise en œuvre du DSRP II. Une percée remarquable tant le premier DRSP était financé à hauteur de 300 milliards Fcfa… Un signe qui laisse présager un avenir radieux pour le deuxième mandat du général François Bozizé». Son de cloche totalement discordant dans le Quotidien Le Démocrate du 22 juin 2011. En effet, par une analyse intitulée Centrafrique: les triomphateurs de Bruxelles rentrent ce jour et le FARE sera en conclave, Le Démocrate qui parle d’un «échec cuisant» de cette Table ronde de Bruxelles ajoute que «c’est la conséquence évidente d’une précipitation douteuse que le gouvernement paie aujourd’hui». Toujours selon ce journal, «l’on ne comprend pas du tout cette précipitation dans l’élaboration surtout dans la présentation et la défense du document défendu avec brio à Bruxelles par le Chef de l’Etat et ses ouailles. Une défense avec brio qui ne leur a rapporté qu’un minuscule million d’euro en lieu et place des milliards espérés».

 

Le Quotidien L’Hirondelle, dans sa parution du 22 juin 2011 s’interroge en ses termes «Après le couac de Bruxelles, l’heure est-elle au pragmatisme?». Dans cet article, ce quotidien mentionne que «la flagellation de Bruxelles est sans appel… Mais quelle leçon tirée de cette mésaventure et surtout comment le gouvernement pourrait s’y prendre pour redresser la barque? la leçon est juste et a valeur de pédagogie pour un petit Etat qui se permet de scier la branche sur laquelle il est assis». L’Hirondelle de repréciser «qu’après le couac de Bruxelles, un seul choix s’offre au gouvernement centrafricain à qui il incombe en premier de créer les conditions favorables à une coopération profitable pour son peuple. Il suffit de ne pas perdurer dans l’entêtement de courte vue et d’accéder aux exigences de ce partenaire incontournable sans l’appui duquel, la déclaration de politique générale du Premier ministre restera une anodine vue de l’esprit». Les satisfécits des uns et les inquiétudes des autres pourraient déterminer le gouvernement centrafricain à faire une autocritique de ses actions et à affronter avec réalisme les défis qui se posent à notre société dans l’intérêt bien entendu supérieur de la nation centrafricaine.


Commentaire


Retour en haut