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MSF ouvre un centre de prise en charge pour les violences sexuelles à líHôpital Communautaire de Bangui

Dans líentretien accordé au RJDH, Jean-Claude Rukunda, responsable de la promotion de santé du projet violences sexuelles à MSF, explique

 

Líouverture de ce centre de prise en charge a été faite le mardi 19 à líHôpital communautaire de Bangui afin díoffrir des soins médicaux et psychologiques gratuits aux victimes des actes de violences sexuelles. Dans líentretien accordé au RJDH, Jean-Claude Rukunda, responsable de la promotion de santé du projet violences sexuelles à MSF, explique.

Monsieur Jean-Claude Rukunda, bonjour ! MSF vient díouvrir un service de prise en charge des victimes des violences sexuelles ici à líhôpital communautaire, dites-nous quelles sont les raisons qui vous ont poussé à le faire ?
Nous avons ouvert notre service de prise en charge des victimes de violences sexuelles au sein de líhôpital communautaire pour offrir des soins gratuits à toutes les victimes, hommes, femmes et enfants sans distinction. Mais nous mettons un accent particulier sur les cas vécus par les enfants et les adolescents.

Quels types de soins administrez-vous aux personnes que vous accueillez dans votre service ?
Nous allons leur offrir la prise en charge médicale et psychologique accompagnée díun système de référencement social à toutes les victimes des violences sexuelles qui se présenteront à nos services. Nous prendrons en charge toute personne victime díune agression sexuelle mais comme je líavais dit ci-haut, líaccent sera mis sur les enfants parce que les traitements qui leur seront administrés ne seront pas de la même nature que ceux des adultes.

Parlant des cas de violences sexuelles où les victimes ont contracté des infections sexuellement transmissibles, comment traitez-vous ce genre de situation dans votre centre ?
Il faut noter que la violence sexuelle est une urgence médicale. Dans le cas díune agression sexuelle, la victime se doit de nous contacter le plus tôt possible précisément dans les 72 heures qui suivent ladite agression. Ce délai nous permet de prévenir les risques liés à la contamination sexuelle comme les IST et de soigner díéventuelles blessures dues à la violence sexuelle. Mais au cas où, la personne nía pas eu la chance de se présenter à temps et dans le délai de 72 h et si elle a attrapé une IST, nous la prendrons en charge selon les cas.

Il y a des examens que des personnels médicaux qualifiés vont alors décider comment ils vont accompagner la victime pour des prises en charges adéquates. Rappelons-le ces soins sont gratuits.

 


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Dans son rapport du mois díoctobre, Human Right Watch a indiqué que les victimes des VBG en RCA ne sont pas bien prises en charge. Quelle est votre réaction à propos de ce rapport ?
Je pense que notre apport jusque-là cíest la prise en charge des victimes des violences sexuelles et líon ne síintéresse quíà ces groupes de personnes. Parler de VBG est trop vaste et cela níinclut pas seulement les violences sexuelles mais toute autre forme de préjudices que líon peut faire subir à quelquíun. Et pour nous comme MSF, je pense que nous intervenons dans les cas de notre mission, celle de traiter les victimes des violences sexuelles et cíest ce que nous faisons tous les jours.

Pour en finir, quelle lecture faites-vous en général sur les violences sexuelles dans le pays pour cette année 2017 ?
Jusque-là cíest une urgence que nous prenons au sérieux et nous sommes toujours prêts à y répondre. Dans toutes les provinces de la Centrafrique, il y a toujours des tensions qui surgissent çà et là. Alors les violences sexuelles restent encore líun des instruments fréquemment utilisés par les hommes armés comme nous le voyons ici en Centrafrique. Pour nous, cíest une urgence médicale et nous répondrons toujours présents pour soulager ceux qui viennent vers nous.




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