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Centrafrique : La résilience des Centrafricains à rude épreuve

La République Centrafricaine est-elle définitivement prisonnière de son passé chaotique ? Un passé d’incertitude, un passé de terreur

 

La République Centrafricaine est-elle définitivement prisonnière de son passé chaotique ? Un passé d’incertitude, un passé de terreur. Les jours se succèdent, le statu quo s’installe, la paix devient improbable. Depuis la formation du gouvernement Sarandji II, la liste des massacres s’allonge, interminablement. Rien ne semble pouvoir arrêter le long et sinistre cheminement vers le désastre.

Des factions issues de l’ex-Séléka signent des accords de paix pour mettre fin à leurs affrontements fratricides. Mais c’est pour mieux se partager les richesses du sous-sol, afin de continuer à se fournir en armes sans être inquiétées. Les jours terrifiants s’égrènent, comme un sinistre glas. Voilà longtemps maintenant que les Centrafricains, meurtris et aux abois, ne sont plus qu’un peuple pris à la gorge par un destin tragique qui semble s’éterniser. L’ardeur criminelle des séditieux va crescendo, plongeant les populations dans la désespérance.


LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU A BANGUI : UN REPLACEMENT PÉRILLEUX ?

Antonio Guterres, Secrétaire Général des Nations-Unies, se rendra à Bangui du 24 au 27 octobre prochain. Il entreprend là un déplacement à haut risque, qui risque d’être mouvementé.

Car le bilan de la mission MINUSCA est loin d’être satisfaisant aux yeux des Centrafricains : accusations de crimes sexuels lancées à l’endroit de Casques Bleus ; gravissime accointance de certains soldats musulmans de la MINUSCA avec des rebelles de la même confession ; incapacité criante de la mission onusienne à protéger les populations et à rétablir la paix.

Le Secrétaire de l’ONU aura fort à faire pour redonner confiance aux Centrafricains désespérés. Que va-t-il pouvoir dire aux autorités d’une nation exsangue, qui ont montré leur incapacité à apaiser leur propre pays ?

l appartiendra au président Touadera d’expliquer la nature de ses engagements et de ses actions. Il faudra qu’il affirme avec force qu’il veut impérativement barrer la route aux tentatives de divisions ethniques et religieuses, en montrant qu’il s’agit de spectres mensongers brandis par les ennemis de son pays pour le déstabiliser.
Le Secrétaire Général devra faire preuve de fermeté face aux rebelles. Les exhorter à déposer les armes et à rejoindre la table des négociations pour la paix et la réconciliation. Les avertir solennellement qu’ils devront répondre de leurs forfaits criminels devant la Cour Pénale Internationale. Et qu’aucun responsable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité ne pourra échapper aux foudres de la justice.

Pour éviter la partition, ramener la paix et arrêter le martyre du peuple centrafricain, il faudrait que la MINUSCA change son fusil d’épaule et opte pour une offensive militaire. Il faudrait qu’elle réussisse à tarir les sources de financements des rebelles et qu’elle dénonce les pays qui les arment.

La résilience des Centrafricains est à bout. Il est temps que cessent les atrocités. Il est largement temps de forcer la porte de la paix et de la réconciliation. Il est largement temps de changer de tactique.

L’ONU va envoyer en Centrafrique 900 Casques Bleus supplémentaires. L’effort est à saluer. Toutefois, nous pensons que l’efficacité de la MINUSCA sur le terrain dépendra d’un engagement militaire plus offensif. Il faudrait qu’elle adopte une tactique qui puisse forcer les bandes armées à renoncer à leurs projets de partition et de prise de pouvoir par la force et à abandonner leur construction idéologique du refus de la paix.

Une augmentation du nombre des Casques Bleus ne pourra porter ses fruits que si la MINUSCA reçoit des missions offensives clairement définies.

DES REBELLES AU POUVOIR !

Faire entrer ces bandes armées au pouvoir, c’est reconnaître leurs revendications, alors qu’elles sont inacceptables. C’est leur céder, alors que leurs ambitions sont démesurées. C’est, en quelque sorte, leur promettre l’indécente impunité qu’ils souhaitent, alors qu’ils se sont rendus coupables de crimes monstrueux.

Les côtoyer dans les rues, les croiser sur les routes : quelle épreuve pour les Centrafricains ! Le fond du puits de la détresse est atteint depuis longtemps, mais on continue de creuser. Comment peut-on croire à l’envie de paix des ex-Sélékas, alors que, depuis trois ans, ils refusent avec arrogance de déposer les armes ? La seule issue est de les affronter et de les contraindre par la force à le faire.

A MONSIEUR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU

Nous souhaitons que votre visite en République Centrafricaine, République Une et Indivisible, porte ses fruits de paix. Nous espérons que vous tiendrez aux séditieux un langage de fermeté, pour que les rebelles déposent leurs outils de mort et s’emparent de ceux qui construisent la paix. Et qu’ainsi, une nouvelle ère de stabilité s’ouvre pour les Centrafricains.

Nous ne pouvons que nous souvenir du voyage du Pape François qui avait suscité de grands espoirs – vite engloutis, hélas ! dans le fracas des armes et les flots de sang.

Puisse le vôtre être annonciateur de la paix et de la réconciliation si longtemps attendues !

 



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