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Baisse de tension entre la Beac et le Fmi

A peine la mesure de suspension levée, le pays de François Bozizé a pu obtenir un prêt díun peu plus de 5 milliards de Fcfa.

 

Le mal a déjà été fait
Avec la levée de la suspension des décaissements du Fmi en faveur des Etats de la Cemac, les autorités congolaises ne peuvent se réjouir quíà moitié. Parce quíil y a, díune part, retour à la normale dans les rapports avec le Fmi et, díautre part, parce que les prévisions de développement de ce pays vont connaître un retard certain du fait du gel des décaissements du Fmi. En effet, le pays de Sassou Nguesso va difficilement atteindre cette année le taux de croissance économique de 13%, tel que projeté par la Beac en début díannée.

Et pour cause, pour réaliser les nombreux projets à caractère économique devant tirer la croissance du pays jusquíà 13% en 2010, le gouvernement congolais comptait sur la constatation par le Fmi des progrès réalisés dans son programme avec cette institution financière internationale. Ce constat devait se faire au terme de la revue dudit programme prévue au mois de mai dernier, mais qui nía pas pu avoir lieu à cause du coup de massue du Fmi du 28 mai 2010. Pourtant, cette revue, soutenaient les autorités congolaises, devait aboutir à des remises de dettes substantielles pour le pays, et catalyser ainsi líinvestissement public.

 


© www.beac.int
Le siège de la BEAC à Yaoundé
La République centrafricaine, autre victime de la suspension des décaissements du Fmi, est certainement mieux loti que le Congo. A peine la mesure de suspension levée, le pays de François Bozizé a pu obtenir un prêt díun peu plus de 5 milliards de Fcfa. Ce qui pourrait ne pas couvrir ses besoins au regard de líagenda politique du pays. En effet, apprend-on, dans la perspective de líélection présidentielle, et avant même la décision du Fmi de suspendre ses décaissements en direction des pays de la Cemac, la République centrafricaine comptait sur un décaissement au Fmi de plus de 10 milliards de Fcfa. Cíest à dire seulement la moitié de ce que líinstitution de Bretton Woods vient de lui octroyer. Le retour de la collaboration entre le Fmi et la Beac est plutôt une bonne nouvelle pour les pays tels que le Cameroun, le Tchad et le Gabon.

Car, la suspension des décaissements restreignait la marge de manúuvre de ces pays qui, pour des besoins díinvestissements, ne pouvaient pas solliciter des tirages au Fmi, dont les taux díintérêts concessionnels sont jugés préférentiels par rapport à ceux servis par la Beac, par exemple. Après la lune de fiel de trois mois (juin-août) entre la Beac et le Fmi, et líamorce díune nouvelle lune de miel depuis quelques jours seulement, la voie est désormais ouverte pour des emprunts des pays de la Cemac auprès du Fmi.

 



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