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Opinion/Le paradoxe centrafricain

Par Georges Siesse

 

LOubangui-Chari de son vrai nom est bien un paradoxe, un de ces proto-états africains qui naurait jamais dû voir le jour. Née par accident, bâtie artificiellement, lidentité centrafricaine nexiste pas. Mais est-ce bien là le plus important ?

Son fondateur, le prêtre défroqué Barthélémy Boganda, à lorigine un noble Téké du Royaume du Kongo na jamais, même dans les pires de ce cauchemar jamais envisagé la constitution de ce pays, qui ne fut jamais construit, mais reliquat des partages sur une carte par les colons français. LOubangui chari de Boganda na rien à voir avec cette Centrafrique, dont le nom lui a été soufflé par son ami français, lhistorien Pierre Kalck.

Et signe que le pays démarrait mal, devant les agissements de liberté daction de Boganda, les services secrets français de lépoque ne trouveront rien de mieux à faire que de lassassiner lors dun vol de retour dune tournée électorale en province, un certain 29 Mars 1959.

Depuis, cest lomerta. Aucun des dictateurs successifs à la tête du pays nosera ouvrir une enquête sur les circonstances de la mort, de celui que pourtant tous ne cessent davoir le nom à la bouche et de sy référer.

La France qui a tué Boganda a dit NON, PAS DENQUETE, et pour cause, et tout le monde en RCA sest plié à cet ordre depuis 1960. Fascinante obéissance du colonisé sur la durée à lancienne puissance coloniale. Comme quoi, lesclavage est avant tout mental.

PAYS MENDIANT ET VICTIME

Le présent sujet nest pas de refaire encore lhistoire cachée de la RCA, mais de se pencher sur certains aspects de son présents, en ces temps les pires de son histoire déjà fort douloureuse.

David Dacko inaugure par un coup détat la première République centrafricaine, en devenant son premier président. Boganda naura pas ce privilège.

Depuis, les politiciens, pour reprendre lexpression récente du manège de Bangui, toujours les mêmes, sy renouvellent et sy perpétuent. Le plafond de verre à briser en République Centrafricaine nexiste pas. Tout comme y est inexistant toute espèce déchelle sociale. En RCA, sorti de la corruption, du népotisme, du tribalisme, du lèchage de bottes et du copinage, on ny avance pas socialement.

De là, si on y ajoute une immaturité politique chronique couplée à lillettrisme, fruit du pourtant joli mot dannées blanches, ou les années sans écoles, tout le cocktail est réuni pour faire de ce pays la victime expiatoire toute désignée des manuvres de la soit disant communauté internationale la recolonisation cachant à peine son nom sous ce déguisement.

Pays immature, terriblement instable du fait de ces crocodiles de la politique lestimant être leur terrain de prédation; comme ne pouvant sassumer, il est ouvert à tous les vents de la manipulation humanitaire internationale.

Car cest vitre oublier que lhumanitaire occidental nest jamais gratuit. Il y a une dizaine dannées, un économiste centrafricain écrivait que : pour 1 franc daide, le pays donateur en recevait 5 en retour. une culbute juteuse qui ne pouvait quexciter, en premier la France et dautres pays occidentaux, à se pencher sur lhumanitaire à faire en Centrafrique. La Synthèse et très certainement le pire cauchemar des centrafricains, cest lONU.

Parce que les actions de lONU, primo ne concernent que très marginalement les pays occidentaux, secundo, ne saxent que sur les pays du tiers monde, et tertio, ne dépendent que dun seul pays, qui sous bannière ONU agit comme bon lui semble.

En Centrafrique, ONU = FRANCE, un point cest tout. Et plus récemment, doublement la FRANCE qui y cumulait ses Sangaris, et ses manipulations cachée derrière la MINUSCA, le énième acronyme onusien dans ce pays.
POMPIERS & PYROMANES

Le centrafricain un temps soit peu conscientisé (Dieu merci il en existe), depuis les affaires des viols des plus faibles des leurs par ces Forces venues les aider, se trouve dans une position très inconfortable.

Des soldats français de la SANGARIS ont violé des enfants en Centrafrique. Et le réel chiffre est caché, car il est affreux. Ce sont des centaines de mineur(e)s qui ont été sexuellement abusé(e)s par les français et non pas quelques un comme le disent les officiels.

Un dossier douloureux, qui à peine su sera enterré par les plus hautes autorités françaises, pourtant des socialistes, en principe étant des humanistes et des tiers-mondistes.

LE DOSSIER DES VIOLS DE MINEURS EN RCA PAR DES SOLDATS FRANCAIS EST CLASSE SECRET DEFENSE, LEST TOUJOURS ET LE RESTERA

Mépris absolu pour ce pauvre pays, François Hollande, le président français, lors de son dernier passage rapide à Bangui, naura quun mot pour lhonneur salie de ses soldats par cette affaire; sous-entendant à peine que pour lui, nul ne pouvait sen prendre à son armée, surtout pas des sans intérêt comme les sans dents centrafricains.

Les victimes de nos vaillants soldats à la braguette vite ouverte nauront que leurs yeux pour pleurer, et garder leurs blessures en elles pour léternité, parce que la France, la Métropole ne leur rendra JAMAIS JUSTICE.

Ces gamines centrafricaines que des Sangaris ont contraintes à des actes de bestialité resteront touchées dans leurs chairs et dans leurs âmes toute leur vie. Cela intéresse qui ? Cela émeut qui ? Ce ne sont que des négresses, rien à voir avec nos belles petites têtes blondes chéries, tant aimées et protégées.

Aucun soldat français coupable de viol sur mineur en Centrafrique ne sera jugé. Cest clos par Paris.

Concernant Bangui, aucun procureur na eu le courage douvrir une enquête, ne serait-ce que pour la forme et le principe. Il est enfin certain que le très courageux Président Faustin Touadera ne fera rien. Lui se contente de se plaindre de lopacité de la France sur un dossier inexistant.

Les autres sauveurs des centrafricains, les MINUSCA ne sont pas mieux. Des viols de mineurs et de femmes à gogo, et comme pour la France, à peine su, lONU a tenté détouffer.

Plus compliqué, dans le cas des casques bleus, lONU est juridiquement incompétente pour condamner les soldats dits de la paix, violeurs en son sein. Il revient à chaque pays source de ces soldats de les punir. On peut rêver.
UN DRAME BANALISE

Cest celui qui est venu pour taider, pour te sauver qui est ton pire prédateur. Ce ne peut être que cela, la conclusion de la présence des SANGARIS et des MINUSCA en République Centrafricaine.

Il y est facile de commettre des abus en toute impunité. Avec un pouvoir inexistant dans les faits, sans crédit politique, dépendant des subsides de ces justement prédateurs, il ne peut que se taire. Et cest justement ce que fait Faustin Touadera.

Mais le pire de tout est à mettre au déficit des centrafricains eux-mêmes, surtout à celui des femmes, étant entendu que les mâles centrafricains, globalement se fichent complètement de ces affaires de viols. Ces mamans, François Bozizé les instrumentalisait pour aller brailler dans les rues de Bangui pour un oui ou pour un non à sa convenance. Mais là elles nont pas bougé leurs pagnes pour ne serait-ce qualler protester contre les traitements abominables fait à leurs enfants par les SANGARIS et les MINUSCA. Et elles se disent des mamans ?

Voilà ce paradoxe centrafricain. Maltraitance par ceux qui de temps en temps lui jettent quelque pièces pour manger, comme au zoo, aux singes à qui les visiteurs jettent des cacahuètes les singes se taisent, si un gardien les violent. On ne va quand même pas se fâcher avec ces gens là pour quelques centaines de cas de viols de nos enfants par eux tout de même ?

Et puis, avec le temps, on oublie tout. Loubli, cest la seule constance en Centrafrique.

Pour la Dignité, même dans les pires des situations, elle se linvente tous les jours, cela donne une raison de vivre.

 



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