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Centrafrique: Hollande clôt en catimini l'opération Sangaris

par L'Humanité

 

"Aujourdíhui, líopération Sangaris se termine", a déclaré François Hollande. Il a salué « le courage exemplaire » des soldats. "Sangaris est une opération parfaitement réussie". Après quelques brèves heures sur le sol centrafricain, il est reparti vers le Nigéria pour parler de Boko Haram.

Le bilan de cette opération lancée fin 2013 níest pourtant pas si flatteur. Les massacres ont continué longtemps après líengagement des troupes françaises. Les élections présidentielles prévues ont été repoussées avant de se tenir fin 2015 sous haute surveillance militaire. Les tensions dans líex-colonie restent quotidiennes et il y a encore des centaines de milliers de déplacés.

Mais surtout depuis plus díun an, ce sont les viols, notamment díenfants, commis par des soldats français et casques bleus de líONU, qui ont fini de ternir líopération Sangaris. Des militaires engagés en Centrafrique sont soupçonnés díabus sexuels pour lesquels trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes à Paris. "Síil y a des responsabilités, il níy aura pas díimpunité", a simplement répété le président. Selon líONU, le nombre díabus sexuels aurait augmenté lían dernier avec 69 cas recensés, mais seuls les pays díorigine peuvent engager une procédure pénale. Le mois dernier, líONU rapportait des témoignages terrifiants : des soldats auraient forcé en 2014 des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux en échange díune somme díargent.

 


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Cíest dans ce contexte que líopération Sangaris doit se terminer, sans fanfare en décembre, après 4 années de présence. De plus de 2.500 militaires, Sangaris níen compte déjà plus que 650. "Nos armées sont appelées sur díautres fronts, toujours la zone du Sahel", mais aussi "la Syrie et líIrak", a expliqué le président.

"Mais la France est et sera toujours là" dans le cadre de la force de líONU (Minusca) et de la mission européenne, a assuré François Hollande à son homologue centrafricain. Paris veut clairement rester omniprésente dans son ancienne colonie : "la France veut prendre la tête díun groupe de bailleurs pour la Centrafrique", car "il níy aura de sécurité que par le développement et il níy aura de développement que par la sécurité", a expliqué le président.

La République centrafricaine a sombré dans le chaos en 2013, lorsque la Séléka, une hétéroclite coalition de rebelles venus du Nord, majoritairement musulmans, a chassé du pouvoir le président François Bozizé. Pillages, violences : la brève parenthèse Séléka a précipité líeffondrement díun État déjà vermoulu, rongé par la corruption, dans un pays qui ne síest jamais libéré de líétroite tutelle néocoloniale exercée par Paris. En réaction aux exactions des hommes de la Séléka, des milices « anti-balaka », à majorité chrétienne, se sont constituées, avec dans leurs rangs des fidèles du président déchu. Très vite, ces groupes armés se revendiquant de « líautodéfense » commettaient à leur tour des atrocités, alimentant le cycle infernal des représailles et des violences communautaires, poussant des milliers de musulmans à fuir le pays.

Faustin-Archange Touadéra est devenu le 20 février dernier le nouveau président de la République centrafricaine. Indépendant soutenu par le milieu enseignant et présenté comme le « candidat du peuple », Faustin-Archange Touadéra, 58 ans, a été le dernier premier ministre de líex-président François Bozizé, renversé en 2013 par la rébellion Séléka.


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