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La France annonce la fin de l'opération Sangaris

Par Journaldebangui.com, source Lefigaro.fr - 31/03/2016

Jean-Yves Le Drian a annoncé mercredi que l'opération militaire française prendrait fin dans le courant de l'année 2016 pour laisser place à un relais de l'ONU et de l'Union européenne

 

"Il faut savoir avoir la réactivité d'ouvrir une opération extérieure, il faut aussi savoir la fermer", a déclaré le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, venu assister à Bangui à l'investiture du nouveau président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. La France va effectivement mettre fin à l'opération Sangaris, et passer le relais aux Nations Unies (ONU), appuyée par l'Union européenne (UE), pour le Sdésarmement des milices et la formation des forces armées, deux conditions clé du retour à la stabilité d'un pays meurtri par trois ans de conflit.

Le départ des troupes françaises répond aussi à un besoin croissant d'effectifs, alors que les troupes françaises sont partagées entre la défense du territoire français (opération «Sentinelle», 7.000 à 10.000 hommes) et différentes opérations extérieures, notamment au Sahel (opération «Barkhane», 3.500 soldats).

Stopper les massacres intercommunautaires

L'opération va donc prendre fin «dans le courant de l'année 2016», a annoncé le ministre, sans préciser de date. Déployée en décembre 2013 pour stopper les massacres intercommunautaires qui suivirent le renversement du président François Bozizé par la rébellion Séléka, l'opération Sangaris «a réussi à ramener le calme, à sécuriser les zones vitales du pays et à empêcher l'inacceptable de se produire», a estimé Jean-Yves Le Drian.

La France, qui a mobilisé jusqu'à 2.500 soldats au plus fort des violences, compte encore 900 hommes en Centrafrique. La mission onusienne (Minusca) s'est aussi déployée, avec 10.000 soldats et 2.000 policiers. Cette force, longtemps épaulée par l'armée française, est progressivement devenue le pilier sécuritaire du pays. Composée de contingents africains, pakistanais, bangladais, elle a toutefois vu sa réputation entachée par une série d'accusations d'abus sexuels, qui n'ont pas épargné non plus l'armée française.

 


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Sangaris s'éteindra parallèlement au renforcement de la «capacité réactive» de la Minusca qui a encore besoin d'être «musclée», et à la «montée en puissance» de la mission de l'UE pour la formation de l'armée centrafricaine (EUTM RCA), a souligné le ministre des forces françaises. Quelque 300 soldats français demeureront dans le pays. Ils rejoindront la Minusca et participeront à la mission européenne. Quelques éléments français continueront aussi à assurer la sécurité de l'aéroport de Bangui. Les soldats français stationnés à Abidjan et au Sahel pourront par ailleurs être envoyés en renfort si besoin.

"En l'espace de deux ans, la force Sangaris a réussi à ramener le calme et à empêcher l'inacceptable", a déclaré le ministre devant les forces françaises stationnées à l'aéroport M'Poko. "Bien sûr, tout n'est pas résolu, mais nous voyons enfin le pays sortir d'une longue période de troubles et d'incertitudes".

 


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Le programme ambitieux de l'ONU et du gouvernement

Le nouveau président centrafricain Touadéra, soutenu par la population, bénéficie certes d'une «trêve», mais il va devoir agir vite, selon une source diplomatique française. Le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des milices s'annoncent particulièrement complexes.
"Il faut une armée légitime, et non qui reproduise les clans, les réseaux" de la guerre civile, estime Jean-Yves Le Drian. L'alternative est d'offrir aux ex-combattants un travail via des "travaux d'intérêts généraux" (réhabilitation des routes, des bâtiments publics), des emplois dans les "corps habillés" (garde-frontière, police, douane...) ou l'agriculture. La Minusca va, avec les nouvelles autorités, mettre en œuvre ce processus de désarmement qui sera financé à hauteur de 25 millions de dollars par la communauté internationale.

L'armée centrafricaine entièrement remaniée

Les Faca, Forces armées centrafricaines - 7.000 à 8.000 hommes souvent dépenaillés, mal formés et très peu équipés - doivent aussi être complètement réorganisées et structurées. Durant la guerre civile, elles ont été accusées de graves exactions - beaucoup ayant rallié la cause d'un camp ou l'autre - et mises sur la touche. Depuis lors, elles sont censées rester cantonnées mais ont recommencé à réapparaître dans les rues, suscitant inquiétudes et interrogations.

Élu le 14 février, le nouveau président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a prêté serment, mercredi, à Bangui. "Je jure de respecter scrupuleusement la Constitution (...) et de préserver la paix", a-t-il déclaré dans le stade de 20.000 places de la capitale, sécurisé par les Casques bleus. Le nouveau président s'est aussi engagé à remplir sa charge «sans aucune considération ethnique» et de ne jamais exercer son pouvoir «à des fins personnelles».
 
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