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Niger: Le second tour de la présidentielle a lieu ce samedi 12 mars

Par Ariane Nkoma - 12/03/2011

Mahamadou Issoufou est donné favori sur Seïni Oumarou, ancien collaborateur de Tandja

 

La campagne électorale s'est achevée jeudi 10 mars soir en vue du second tour de la présidentielle de samedi au Niger, entre l'opposant historique Mahamadou Issoufou et l'ex-Premier ministre Seïni Oumarou, un scrutin destiné à rétablir un régime civil après un an de junte militaire. Battu au premier tour avec 23% des suffrages par M. Issoufou (36%), M. Oumarou, qui bénéficie du ralliement de l'ex-chef de l'Etat Mahamane Ousmane (8%), a rencontré jeudi 10 mars ses militants à Tillabéri (ouest), sa région natale. Donné favori, M. Issoufou avait déjà animé mardi 8 mars son dernier grand meeting devant plus de 20.000 personnes dans le plus grand stade de Niamey, en compagnie de son allié, l'ex-Premier Hama Amadou (19%), qui fait figure d'arbitre du scrutin. A Niamey, la fièvre électorale est déjà retombée, même si les portraits des candidats sont toujours visibles dans les rues ou collés sur des véhicules, et que les rivaux diffusent des messages à la télévision et la radio. Mahamadou Issoufou est très bien placé pour remporter le second tour de la présidentielle, le 12 mars. Plusieurs autres candidats se sont ralliés à lui. « Nous représentons ensemble un potentiel électoral de 70 %, affirme-t-il. La victoire est à notre portée. » Mais Seini Oumarou n’a pas dit son dernier mot. Il a un socle: Ses 23,22 % du premier tour, plus les 8,32 % de Mahamane Ousmane. Et il soigne son image d’homme calme et pondéré. « Seini, c’est l’anti-Issoufou », disent ses partisans.

 

Jamais un mot plus haut que l’autre, Seini Oumarou, 61 ans, se pose en « rassembleur ». Issu de l’ethnie djerma, il est originaire de Tillabéri, dans l’ouest du Niger. De petite taille et plutôt corpulent, cet homme marié et père de six enfants prise le boubou et le bonnet sur la tête, la tenue nationale. Musulman et pieux, il invoque Dieu dans tous ses discours. Surtout, c’est un homme d’une extrême discrétion, qui a fait toute sa carrière dans l’ombre d’un autre, celle de Hama puis celle de l’ancien président Tandja. « C’est un mou, affirment ses adversaires. Un homme complexé. » Son complexe ? Peut-être des études trop vite interrompues. Formé au lycée national de Niamey, il décroche en 1970 un baccalauréat technique au lycée de Maradi. Puis il part en France, où il obtient un diplôme d’études supérieures en gestion des entreprises à l’École supérieure de commerce de Lyon. Jusque-là, tout va bien. Mais en juin dernier, quand la junte au pouvoir envisage de n’autoriser que les candidatures de gens titulaires d’un bac+4, il s’alarme. Aussitôt, il fait intervenir plusieurs amis, civils et militaires, auprès du général Salou Djibo. Le chef de la junte se ravise, et Seini pousse un grand « ouf ! » de soulagement.

 

Mahamadou Issoufou, 59 ans, c’est le contraire. Un partisan, un gagneur, un homme « fougueux et bagarreur », disent ses adversaires. Cela dit, il ne faut pas forcer le trait. Tout n’est pas si différent. Comme Seini, il est musulman. Issoufou est marié à deux femmes et père de quatre enfants. Cet homme costaud aime le grand boubou et le bonnet. Il cultive une discrétion toute sahélienne. À l’époque certes pas si lointaine, des « dîners socialistes » dans l’appartement parisien du vieil ami guinéen Alpha Condé, plusieurs convives se souviennent d’un homme modeste. « Il parlait peu et écoutait beaucoup, raconte l’un d’entre eux. Il était modeste. Mais son regard perçant trahissait une forte ambition. » Quand Tandja tente de passer en force, Issoufou monte en première ligne et prend des risques. Plus que les autres leaders de l’opposition. En octobre 2009, Tandja essaie de s’en débarrasser. Il profite d’un voyage de l’opposant au Nigeria pour lancer un mandat d’arrêt contre lui. « Il n’osera plus rentrer », se dit Tandja. Mauvais calcul. Issoufou rentre aussitôt à Niamey pour se livrer à la justice. Et, devant la foule massée à l’aéroport, Tandja renonce à le faire arrêter. C’est sans doute ce jour-là que Mahamadou Issoufou gagne ses galons de numéro un du front anti-tazartché et de favori des élections. Seini ou Issoufou ? Les villages de l’Ouest votent Seini. Les quartiers de Niamey votent Issoufou. Quant à la junte, on sait déjà qu’elle ne votera pas pour l’héritier de l’homme qu’elle a renversé. Les Nigériens auront donc le choix, samedi, entre Seïni le rassembleur, l’homme de la stabilité comme le précisent ses affiches électorales, et Issoufou le renouveau. Son message de campagne s’affiche partout: « Le Temps est venu ». Une sorte de « Yes we can » à la nigérienne.
 
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