INTERVIEW  |    

Henri Dondra: «Saisir le Conseil d’Etat, pour annuler le décret»

Par Sébastien Lamba - 09/03/2011

Le Centrafricain est le Président de l’Association des Parents des Martyrs et victimes de l’ex-empereur Bokassa

 

Henri Dondra exprime son désarroi au sujet du décret présidentiel réhabilitant l’ex-empereur Bokassa. Il a expliqué que depuis les événements du 18 janvier 1979, les victimes ne sont pas indemnisées. L’Association compte saisir le Conseil d’Etat, pour annuler le décret pris par le président Bozizé.

Monsieur le Président votre association des parents des enfants Martyrs a été crée en quelle année?
L’Association a été mise en place dès la chute de l’empereur Bokassa le 20 septembre 1979. Et après analyse du dossier de l’association des différentes familles de victimes, nous avons eu la réponse un peu plus tard.

Quel est l’objectif de cette Association?
Cette association avait pour objectif d’abord l’indemnisation des parents des victimes d’agressions et de tortures et de protéger à l’avenir les enfants contre toutes les agressions, tortures en dehors de la loi de la République et d’éviter que la génération future devienne aussi des martyrs.

 


© journaldebangui.com
Henri Dondra, parent de martyr de l'ex-empéreur
Le 30 décembre 2010, le Président de la République a réhabilité par décret présidentiel, l’ex-empereur Bokassa, en tant que Président de l’Association des Parents des martyrs, quels sont vos sentiments?
Dès la prise de cette mesure, nous avons réagi avec force. Nous aurions voulu que Bokassa soit condamné pour crime contre de l’humanité d’une part. Mais, d’autre part, il a été gracié. Dès sa réhabilitation, nous avons déclaré que le décret est de nullité absolu. Nous sommes entrain d’entreprendre des démarches auprès du Conseil d’Etat pour demander l’annulation de ce texte officiel.

Comment voyez-vous l’avenir de cette démarche?
La démarche que nous avons engagée se poursuit sur le plan procédural, puisque nous savions que le texte a été pris en violation avec la loi en vigueur. Et que si nous ne réagissons pas dans le délai prescrit par la loi, nous risquons de tomber sous le coup de la déchéance. Vous savez qu’il y a une loi qui demande à ce que les victimes de Bokassa soient indemnisées. Car, une justice s’était prononcée en rendant sa décision au terme de loi. On ne va pas aujourd’hui, par un décret présidentiel annulé cette loi.

Pensez-vous que cette décision serait d’une motivation électoraliste ou politique?
Cette décision est électoraliste, parce que l’élection présidentielle était prévue le 23 janvier 2011, il fallait chercher à gagner le corps électoral de la préfecture de la Lobaye, la région natale de Bokassa.

Comment compter-vous réagir et avec quel moyen de bord?
Nous comptons réagir avec une démarche purement juridique. Nous avons engagé une procédure, conformément au texte en vigueur, en demandant l’annulation de ce décret par une plainte que nous avons déposé au Conseil d’Etat.

Vous n’avez pas peur pour votre sécurité?
L’état de notre sécurité est tellement précaire dans la mesure à tout moment on peut venir nous enlever. Mais, nous avons pris une mesure courageuse en termes de martyrs. Je suis victime de mes droits notamment ma pension au Trésor public est bloquée en plus de mon fils que j’ai perdu en 1979.

 

 
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