NATIONALE  |     INTERNATIONALE  |    

Les électeurs votent pour la paix

Par Journaldebangui.com, source Lepoint.fr - 15/02/2016

Le président élu devra sortir le pays de trois ans de violences intercommunautaires. Deux millions d'électeurs étaient appelés à voter ce dimanche

 

Ce dimanche, les Centrafricains ont voté dans le calme pour choisir, entre les deux anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, un président qui devra sortir le pays de trois ans de violences intercommunautaires. Quelque deux millions d'électeurs étaient appelés à départager les deux candidats à la magistrature suprême, tous deux âgés de 58 ans. Les opérations de vote ont été prolongées d'une heure, jusqu'à 17 heures (16 heures GMT) dans certains bureaux qui avaient ouvert avec du retard. Le dépouillement des bulletins a commencé après la fermeture des bureaux, mais les premiers résultats ne devraient pas être connus avant plusieurs jours. "Il faut absolument voter aujourd'hui", a affirmé Paterne en attendant son tour à l'école Benz-VI de Bangui. "C'est l'élection de la prise de conscience. Pour la première fois, on fait un vrai choix pour tourner le dos à la guerre", a-t-il expliqué. Mais, à Bangui, les centres de vote n'ont pas connu l'affluence du premier tour du 30 décembre, quand de longues files d'attente s'étaient formées. Dans de nombreux bureaux, le taux de participation dépassait à peine les 50 % moins de deux heures avant la fin des opérations de vote. En province également, où les opérations se poursuivaient sans incident majeur, les électeurs se présentaient au compte-gouttes à Obo (nord-est), Bambari (est) ou Berberati (sud).

Selon la présidente de l'Autorité nationale des élections (ANE), Marie Madeleine N'Kouet Hoornaert, "dans l'ensemble, ça se déroule très bien, sauf quelques soucis dans certains bureaux de vote" de province et de Bangui où des électeurs ont été refoulés. Il faut en effet être inscrit sur les listes et présenter une pièce d'identité pour voter. Dans ce pays de 4,8 millions d'habitants, les électeurs, chrétiens comme musulmans, se sont massivement inscrits sur les listes électorales. Pour Anicet Georges Dologuélé et Touadéra, deux technocrates aux promesses assez similaires, les priorités s'imposent d'elles-mêmes pour relever un pays ravagé par trois années de violences: sécurité, justice et relance de l'économie. Le renversement du président François Bozizé, en mars 2013, par la rébellion à dominante musulmane Séléka de Michel Djotodia avait précipité le pays dans un cycle de violences intercommunautaires qui a culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement de centaines de milliers de personnes.

 


© Droits réservés
«Un acte d'amour»

L'opération militaire française Sangaris, qui a chassé la Séléka du pouvoir, puis la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) tentent depuis de ramener le calme dans le pays, un des plus pauvres du monde. Anicet Georges Dologuélé, bien implanté dans le milieu des affaires, fait figure de favori après être arrivé en tête du premier tour (23,78 %), surtout avec le ralliement en sa faveur du parti KNK de François Bozizé. Faustin Archange Touadéra (19,42 %), qui disposait de moins de moyens, a créé la surprise et est désormais considéré comme un très sérieux concurrent. Dernier Premier ministre de François Bozizé, il a attiré une partie de la base électorale du KNK, malgré les directives du parti. "J'ai le sentiment du devoir accompli", a déclaré Anicet Georges Dologuelé, qui votait dans le 1er arrondissement de la capitale, affirmant vouloir "démarrer une autre ère pour la République centrafricaine".

Il a profité de la Saint-Valentin, «la fête de l'amour», pour souhaiter que "les Centrafricains considèrent en ce jour que (voter) est un acte d'amour pour leur pays". "Notre candidature est celle du rassemblement. Je suis confiant sur l'issue du vote", a pour sa part déclaré Faustin Archange Touadéra, salué chaleureusement par de nombreux électeurs aux cris de «président» près du quartier populaire de Boy Rabé. L'autre enjeu de ce scrutin sera le bon déroulement du nouveau premier tour pour les élections législatives, tenu en même temps que la présidentielle, mais dont les résultats avaient été annulés en janvier par la Cour constitutionnelle qui avait constaté de «nombreuses irrégularités» dans la quasi-totalité des 140 circonscriptions. Pour éviter un nouveau fiasco, l'ANE a mis en place une formation de 48 heures pour les agents des bureaux de vote. Plusieurs centaines d'agents ont été remplacés par des enseignants, des cadres de la fonction publique ou des retraités. La Minusca, forte de 10 000 hommes, appuyée par les forces de Sangaris, est mobilisée pour assurer la sécurité du vote, notamment dans le quartier musulman du PK5 à Bangui, afin d'éviter toute provocation. Le pays connaît une relative période d'accalmie depuis plusieurs mois et le premier tour s'était déroulé sans incident majeur.
 
MOTS CLES :

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués