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Politique: Non au régime Bozizé

Par Kelly Brunoir/Souce Centrafrique-Presse.com - 18/08/2010

Monsieur le Président quand on exerce le pouvoir, on ne rêve plus, on le fait!

 

Un journaliste africain exprime sa ranceur et son dégoût face à la politique du président et de son gouvernement...

Dans sa récente allocution à l’occasion des cérémonies du cinquantenaire de l’indépendance de la République centrafricaine, Le président François Bozizé a prétendu que le bilan du régime Bozizé peut être qualifié de positif, même s’il y’a encore beaucoup de réalisations à finaliser ou à mettre en place. Toujours dans le même speech, il a vivement déploré que les centrafricains s'enlisent dans la recherche du pouvoir et bloquent la machine de l'état ajoutant au sujet de la construction d'un état de droit et pour une justice libre et indépendante que son gouvernement doit tout mettre en œuvre pour réussir cette mission. Il a aussi estimé par ailleurs que l'éducation, la santé ainsi que l'électricité et l'eau relèvent de l’ordre des priorités. De même, dans sa dernière interview dans le magazine Jeune Afrique, à la question: Comment imaginez-vous la Centrafrique dans vingt ans? Bozizé a donné cette réponse: je rêve d’un pays désenclavé avec des aéroports, des voies ferrées, des routes, des hôpitaux, des écoles, enfin engagé sur la voie du développement accéléré. Il vous faut un plan Marshall…? Il répond: Sans doute. Mais avec notre uranium, notre or et peut-être demain notre pétrole, si notre bataille juridique contre la compagnie américaine Grynberg Petroleum est enfin gagnée, ce n’est pas impossible.

 


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Image d'illustration
Quelques remarques élémentaires quant à ces différents brassages d’air de Bozizé s’imposent. Tout d’abord, pour rafraîchir la mémoire de François Bozizé, voici les propos qu’il tenait à l’époque. Interrogé par le quotidien camerounais Mutations du 16 septembre 2002 sur sa préférence entre la voie des armes et celle des urnes, le général rebelle François Bozizé déclarait: le quotidien camerounais Mutations: Les urnes pour vous, cela signifie qu’il faut attendre la prochaine élection présidentielle dans trois ans? François Bozizé: C’est trop loin. Le peuple meurt de faim pendant qu’il -le président Patassé- se remplit les poches. Aujourd’hui l’état centrafricain n’existe plus. Avons-nous le droit de croiser les bras? Je dis non! (…) Nous avons des atouts pour réussir et des moyens pour parvenir à nos fins. Mais je ne peux pas vous fixer une date. Dieu seul pourra mieux nous fixer sur l’avènement de ce jour là. (…) L’armée me considère toujours comme son chef et ne veut pas combattre contre moi. Ces propos de Bozizé en 2002 sont d’une criante actualité et lui sont parfaitement opposables aujourd’hui. Alors qu’il avait fini -après plusieurs désastreuses tentatives- par renverser l’ancien président Patassé et prendre sa place contre lequel il prononçait ce réquisitoire, la situation du pays et du peuple centrafricain sur lequel il semblait s’apitoyer, non seulement n’a pas changé qualitativement après ses sept années de gouvernance mais au contraire elle s’est même empirée. A présent, dire que le peuple meurt de faim pendant que Bozizé et sa clique se remplissent les poches est un doux euphémisme. Affirmer que l’état centrafricain n’existe plus aujourd’hui est une douce plaisanterie tant la gravité de la déliquescence est prononcée. Plus de la moitié du territoire national n’est pas sous le contrôle des autorités de Bangui. Plusieurs rébellions tant nationales qu’étrangères écument l’arrière pays, semant la mort et la désolation au sein de la population innocente sans la moindre réaction de Bozizé. Comme Centrafrique-Presse vient de le révéler en exclusivité dans le dernier compte-rendu de la réunion des tontons macoutes de Sassara présidée le 13 août par Bozizé lui-même, celui-ci a reconnu indirectement la spoliation par les commandos de Sylvain Ndoutingaï des collecteurs de diamant de Nola, Berbérati, Carnot Boda, Bria et autres, à l’origine du profond mécontentement de ceux-ci qui se traduira sans doute bientôt dans les urnes.

Quand on est au pouvoir et qu’on l’exerce, on ne rêve plus. On agit! On fait! Qu’est ce qui a réellement motivé le coup d’Etat de Bozizé? Pourquoi voulait-il absolument prendre le pouvoir? Ceux qui croyaient que c’était pour faire mieux que le régime du l’ancien président Patassé se sont lourdement trompés. Bozizé tenait en vérité à s’emparer du pouvoir pour s’en mettre plein les poches. Les milliards de Fcfa qui sont régulièrement pompés du trésor national, l'affaire de son arrestation à Düsseldorf en 2004, celle des dessous de table de 20 millions de dollars pour l'uranium de Bakouma avec Uramin et d'autres bonus avec AREVA, les nombreuses spoliations des collecteurs de diamant, etc...sont là pour en attester. Voilà son vrai bilan de la gestion du pays depuis sept ans dont Bozizé a honte parce qu’il est catastrophique et ne peut nullement inciter qui que ce soit à voter pour lui. Nulle pirouette ou artifice quelconque ne pourrait effacer cet échec retentissant. Aucune distribution de viande de bœuf ni d’argent comme s’y livrent les différents caciques de KNK et certains ministres ne sauraient renverser le cours des choses. Les Centrafricains se sont déjà fait leur religion: Bozizé doit partir!

 

 
MOTS CLES :  President   Mensonge   Politique   Faiblesse   Misère 

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