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Centrafrique: vers un duel Touadéra-Dologuélé au second tour

Par Joyce Edimo (Le Point) - 07/01/2016

Joyce Edimo (Le Point)

 

À mesure qu'avance le dépouillement des urnes, deux ex-premiers ministres émergent du lot de candidats: Faustin-Archange Touadéra et Anicet-Georges Dologuélé. «Pas question» de stopper le processus électoral, selon le gouvernement de la transition, alors qu'une vingtaine de candidats ont exigé son «arrêt» et dénoncé une «mascarade» à propos de la présidentielle du 30 décembre. Et pour cause, le dépouillement est déjà bien avancé. Et les premiers résultats provisoires dessinent déjà un duel au sommet entre le candidat indépendant Faustin-Archange Touadéra et Anicet-Georges Dologuélé.

Le processus électoral ne connaîtra pas de coup d'arrêt

Plusieurs membres du gouvernement ont réagi à cette sortie d'une vingtaine de candidats aux élections, à commencer par le Premier ministre Mahamat Kamoun qui a exhorté tous les candidats à "respecter (leurs) engagements dans l'intérêt supérieur de la nation", rappelant qu'ils avaient signé le code de bonne conduite "qui les astreint à certaines obligations de réserve". "Les autorités de la transition et l'Union européenne, l'Union africaine, la CEEAC (Communauté économique des États d'Afrique centrale), la France, les États-Unis, la Chine ont déployé des efforts considérables pour que ces élections soient libres, démocratiques et crédibles", a ajouté le chef du gouvernement centrafricain depuis la primature à Bangui. Il a appelé les Centrafricains "au calme, à la retenue, à la vigilance et à ne pas céder à la manipulation". "Il n'est pas question (...) de stopper le processus électoral qui est lancé", a de son côté asséné peu auparavant le ministre de l'Administration du territoire, Modibo Bachir Walidou, lors d'une conférence de presse. "Pour le moment, ce que l'on peut dire, c'est que ces élections se sont bien déroulées", a-t-il affirmé.

 


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Des reculades successives

Lundi, une déclaration commune signée par une vingtaine de candidats, soit deux tiers des candidats au premier tour de la présidentielle, a exigé «l'arrêt des opérations électorales», dénonçant «une mascarade», après la publication de résultats partiels donnant une avance confortable à un outsider, Faustin-Archange Touadéra, proche de l'ex-président François Bozizé. Mais, mardi, une certaine confusion régnait dans leurs rangs: certains des candidats cités parmi les signataires ont démenti toute implication quand d'autres ont fait machine arrière. "Je n'ai pas assisté à la conférence de presse ni signé le document qui demande l'arrêt du processus électoral. (...) Je sais que c'est après la diffusion des résultats que des recours sont introduits", a réagi dans un communiqué l'un d'eux, Jean Willybiro-Sako, dont le nom figurait pourtant au bas du document. Karim Meckassoua, cosignataire du texte et considéré au départ comme l'un des favoris du scrutin, a quant à lui affirmé mardi qu'il ne «vis (ait) pas l'annulation du scrutin» mais comptait "déposer (des requêtes) devant la Cour constitutionnelle" dans la mesure où "les suffrages qui (lui) sont attribués en divers endroits s'avèrent souvent ridiculement inférieurs au nombre des citoyens mobilisés dans (ses) comités de soutien".

Touadéra et Dologuélé au coude à coude

Deux anciens Premiers ministres, Faustin-Archange Touadéra et Anicet-Georges Dologuélé, étaient mardi au coude à coude dans la course à la présidentielle en Centrafrique, selon des résultats partiels portant sur 53 % des votes, a précisé l'Autorité nationale des élections (ANE), qui annonce l'évolution des scores au compte-gouttes depuis samedi. Dologuélé, l'un des favoris qui a reçu le soutien officiel du parti de l'ex-président François Bozizé, recueille pour le moment 179 236 voix, devançant pour la première fois l'outsider Touadéra, candidat indépendant et ex-chef du gouvernement sous Bozizé (2008-2013), qui faisait jusque-là la course en tête et qui totalise 178 483 voix. Loin derrière, Désiré Kolingba, fils d'un ancien président, arrive troisième avec 76 109 voix, suivi de Martin Ziguélé, autre poids lourd de l'élection, perçu comme le candidat de la France (70 883 voix), et Jean-Serge Bokassa, autre fils d'ancien président (70 687 voix). Une trentaine de candidats sont en lice pour ce premier tour de la présidentielle, dont les résultats complets devraient être rendus publics d'ici à vendredi.
 
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