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Centrafrique : les élections se déroulent dans le calme

Par Journaldebangui.com, source Libération - 31/12/2015

Malgré des risques de fraudes, les problèmes d'organisation, aucun incident sécuritaire n'a été enregistré en Centrafrique durant le scrutin

 

Devant les bureaux de vote, s’étendent de longues files d’électeurs impatients de pouvoir enfin choisir leurs nouveaux dirigeants. A Bangui, la capitale centrafricaine, ils sont nombreux à vouloir participer au scrutin. Des Casques bleus, perchés sur leurs véhicules blindés et des policiers des Nations unies, munis de détecteurs de métaux, sont postés devant les centres de vote afin de sécuriser les élections. L’atmosphère est sereine, mais les problèmes d’organisation altèrent un peu l’enthousiasme initial.

A travers la capitale, de nombreux bureaux ont ouvert avec du retard. "On devait commencer à 6 heures, mais nous avons dû attendre que les urnes et les bulletins arrivent", dit Bienvenu Ngoaboungui, président d’un bureau de vote dans le quartier Castor, à proximité du centre-ville. A une dizaine de minutes de là en voiture, dans le quartier musulman, des électeurs se plaignent de ne pas trouver leur nom sur les listes. «C’est parce qu’ils ne veulent pas que les musulmans votent ! Nous sommes des citoyens centrafricains, nous avons aussi le droit d’élire notre président», s’emporte un commerçant, qui brandit sa carte d’électeur au milieu de quelques dizaines de personnes en colère. Après quelques éclats de voix, le calme revient rapidement, alors que l’Autorité nationale des élections (ANE) essaye de régler ce problème, qui retarde un peu plus le processus électoral. "Il manquait des pages sur les listes affichées. Mais tous les inscrits pourront voter", dit un responsable local de l’ANE dépêché sur place.

 


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Défi
Dans les classes de l’école qui sert de centre de vote en face de la mosquée centrale, trois bureaux supplémentaires ont été ouverts en fin de matinée. Des problèmes se règlent, d’autres persistent. "Dans certaines localités, les bulletins pour les élections législatives ne sont pas parvenus dans les bureaux de vote", reconnaît dans un communiqué l’ANE, qui invite les candidats à "utiliser des voies de recours légales face à cette situation".

Le risque de fraude est élevé, des législatives partielles seront sans doute inévitables là où les citoyens n’ont pas pu voter. Mais la catastrophe redoutée n’aura pas lieu. Hormis les problèmes techniques, aucun incident sécuritaire n’est à déplorer, et la grande majorité des électeurs reste optimiste. Ils espèrent que ce vote permettra un apaisement de la situation dans le pays. "Je veux un président élu, qui puisse diriger la RCA et rassembler la population, dit Emile Wendesseré, un chauffeur de taxi qui s’est levé à l’aube pour venir voter. Ca va bien se passer, j’en suis sûr."

L’organisation de scrutin, jugée précipitée par de nombreux observateurs, est un immense défi. Mais elle est aussi source d’espérance. Trente candidats sont en lice pour la magistrature suprême. Ni l’ancien président François Bozizé renversé en mars 2013 par un coup d’Etat ni l’actuelle présidente du gouvernement de transition, Catherine Samba-Panza n’ont pu se représenter. Aujourd’hui, la République centrafricaine tente de tourner la page.
 
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