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Centrafrique: Fin de mission pour la MINURCAT

Par Maturin Petsoko - 24/02/2011

La Mission des Nations unies en République centrafricaine et au Tchad (MINURCAT) a pris fin le 31 décembre 2010, après trois années d’existence

 

La création de la MINURCAT en 2007 faisait partie des solutions proposées par la communauté internationale pour faire face au conflit du Darfour et à ses conséquences au Tchad et en Centrafrique. S’il faut reconnaître qu’elle a contribué à la sécurisation et à la protection des réfugiés et des personnes déplacées au plus fort de la crise sous-régionale amplifiée par le conflit du Darfour (ouest du Soudan), une analyse de la mise en place et des réalisations de la MINURCAT révèle un bilan pour le moins mitigé, caractérisé à la fois par des acquis fragiles et des faiblesses à plusieurs niveaux. En effet, si la présence de la MINURCAT a permis de réduire la violence et d’acheminer l’aide humanitaire à l’est du Tchad et au nord-est de la Centrafrique, force est cependant de constater une persistance de l’insécurité liée à l’activisme de nombreux mouvements rebelles dans les deux pays.

Sur le plan des acquis, la MINURCAT a contribué, dans un premier temps avec l’aide de la Force européenne EUFOR Tchad/RCA, à la sécurisation et à la protection des camps de réfugiés et de déplacés internes. Elle a facilité l’acheminement de l’aide humanitaire et la protection du personnel des organisations humanitaires et des Nations unies. Son appui à la pacification régionale n’est pas non plus négligeable même si son impact est difficile à évaluer. L’autre facteur à fustiger concerne la faiblesse, voire l’absence des structures publiques locales dans les régions tchadiennes et centrafricaines affectées par les conflits. Les craintes d’une dégradation de la situation sécuritaire après le retrait de la MINURCAT se sont confirmées avec l’expérience de la ville de Birao.

 


© assembly-weu.org
Par conséquent, les partenaires internationaux, les organisations régionales et les Nations unies sont appelés à appuyer les deux gouvernements pour qu’ils signent et appliquent des accords de paix avec leurs oppositions armées respectives. En effet, le rétablissement des structures de l’État sur l’ensemble du territoire ne peut se faire tant qu’une partie du territoire est occupée par des rébellions. Parallèlement, des efforts pour une résolution rapide de la crise du Darfour sont nécessaires, compte tenu de ses incidences dans les pays voisins. De nombreux défis sont dès lors à relever si l’on veut consolider les acquis fragiles de la MINURCAT.

La MINURCAT dans chacun des deux pays concernés illustre les difficultés de l’ONU à intervenir dans la résolution des conflits de type nouveau. Ceux-ci surviennent à l’intérieur d’un pays et impliquent plusieurs protagonistes avec des connexions régionales voire internationales. Or, toute intervention dans ce type de situation se heurte à deux principes contradictoires: d’une part le respect de la souveraineté exigée par le gouvernement en place, et d’autre part, la responsabilité de protéger que l’ONU tente d’appliquer depuis 2000. La question s’avère aujourd’hui problématique et pousse un nombre croissant de gouvernements à remettre en cause la présence onusienne même s’ils sont confrontés à des situations conflictuelles particulièrement aigues. En effet, l’exemple tchadien s’ajoute à celui du Burundi qui a obtenu le retrait du BINUB (Bureau des Nations unies au Burundi) et celui de la RD Congo qui, en 2010, a demandé le retrait de la MONUC. Le gouvernement congolais a finalement accepté le changement du mandat de la mission et sa transformation en MONUSCO. Il s’avère par conséquent urgent, pour l’ONU et les organisations régionales, d’identifier les options réalistes et concrètes permettant de continuer à assurer la paix et la sécurité en situation de crise lorsque les gouvernements en place sont défaillants. Dans cette perspective, la lutte contre les principales causes de la déliquescence de plusieurs États africains doit être une priorité. Ces causes sont liées notamment aux pratiques de discriminations ethnique et communautaire, de corruption et de mauvaise gestion des biens et des fonds publics. Dans tous les cas, le renforcement des institutions publiques garantes de l’intérêt général constitue la meilleure approche de la consolidation de la paix et de la reconstruction post-conflit

 

 
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