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À Bangui, l'hôpital c'est courage et bouts de ficelles

Par Journaldebangui.com, source Ouest-france.fr - 25/11/2015

Géré par Médecins sans frontières, l'hôpital de M'Poko, près du plus grand camp de déplacés, gère tant bien que mal l'afflux de blessés depuis les violences de septembre

 

Le camp de déplacés de M'Poko, situé juste à côté de l'aéroport de Bangui, a accueilli jusqu'à 150 000 personnes au plus fort de la crise, en 2014. Depuis, les soubresauts du conflit poussent encore régulièrement des familles entières à se réfugier dans les tentes déchirées, au milieu des carcasses d'avions.

Morts faute de soins

L'hôpital de M'Poko, géré par Médecins sans frontières (MSF) est souvent en première ligne. La route qui relie l'aéroport au centre-ville est régulièrement coupée lors des affrontements. Le quartier est majoritairement contrôlé par les miliciens anti-balaka. "Normalement, on était censé fermer la structure car le camp s'était vidé", explique Julien Binet le coordonnateur de l'hôpital pour MSF. "Mais depuis fin septembre, on est passé de 250 à plus de 400 consultations par jour, 50 accouchements, sans compter les admissions", égrène-t-il.

Fin septembre, 89 blessés sont arrivés ici. Mais la structure n'est absolument pas équipée pour des opérations chirurgicales, souvent requises après des blessures par balle. "Normalement, on transfère les patients dans un autre hôpital en ville. Mais là…" Les routes étaient bloquées, la communauté humanitaire particulièrement visée et les ambulances clouées au garage. Beaucoup de patients sont morts, faute de soins. "Les familles finissaient pas emmener elles-mêmes leurs blessés, en pousse-pousse à travers les quartiers. En pousse-pousse !", s'exclame Julien Binet.

Malgré les difficultés, les 150 membres du personnel centrafricains et les 7 expatriés a tenu bon. Jusqu'à ce que les menaces, vis-à-vis des Blancs notamment, n'obligent MSF à rapatrier une partie de l'équipe.

 


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La suite, c'est Ulrich Gamanandji Hoza qui la raconte. Centrafricain, il a maintenu l'hôpital ouvert. "C'était terrible. Vraiment. Les sifflements des balles, les hélicoptères au-dessus de nos têtes. Très vite, on a dû mettre en place des stratégies pour soigner les patients les plus atteints", explique-t-il. La pénurie de matériels et de médicaments se fait rapidement sentir. Ulrich organise avec le reste du personnel des ravitaillements à travers les quartiers. "On envoyait des gens à moto collecter ce que qu'ils pouvaient et on faisait avec."

Totalement coupés de la ville pendant plusieurs jours, l'hôpital et les travailleurs ont vécu en vase clos, jour et nuit. Médecins sans frontières a récemment salué le courage et l'abnégation de ses personnels. Les hélicos, les morts, Ulrich et les autres, à l'hôpital, en ont vu d'autres… Quand les balles sifflent aux alentours, ils se jettent au sol comme un seul homme. "C'est la danse du couchez-couchez", plaisante amèrement Julien Binet.

À M'Poko, comme ailleurs, tout le monde aimerait la danser moins souvent. Pourtant il y a quelques jours encore, l'ONG a dû réduire ses activités dans l'hôpital après qu'un de ses véhicules a été braqué par des hommes armés, qui ont dérobé la voiture et son contenu.
 
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