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Centrafrique: En attendant que le ciel nous tombe sur la tête!

Par Jean Gualbert Togba - 06/11/2015

Jean Gualbert Togba

 

Alors que la Centrafrique est secouée comme un papayer pendant que le cheval de Troie rentre en action avec une transition qui trop mal embrasse mal étreint, cauchemarde et psychose de tout un pays, qui à force de voir les démons partout a même désormais peur de son ombre. Et s’il y a de l’eau dans le gaz centrafricain c’est qu’une explosion n’est pas loin. Les centrafricains sont-ils assez matures pour éviter le piège de ses élections dont l’attention est détournée des problèmes majeurs et dont la préoccupation et l’enjeu leur échappent complètement ?

Beaucoup s’interrogent sur le devenir politique de ce pays qui cherche leader désespéramment. Et si en toutes ses années d’indépendance, la courbe de la performance politique ne connait pas de repli, alors l’interrogation subsiste sur le prochain locataire du palais de la Renaissance compte tenu des charges qui seront lourdement installées sur ses épaules. La question posée au vu des réflexions et analyses est : dans ses conditions exécrables d’exercice de la gouvernance, "faudra t-il partir aux élections vaille que vaille tout en sachant que c’est un ballon d’essai pour tester la capacité à la résistance des Centrafricains ? C’est tirer d’avance un plan sur les comètes!"

Si c’est oui dans ce cas, il faudrait au préalable faire mauvaise fortune bon cœur, assortir le mandat du futur président de la République pour qu’il bénéficie d’une circonstance atténuante parce qu’il va passer tout son temps à régler les problèmes laissés en suspend par la transition à savoir le désarmement, la sécurité, la réorganisation et l’armement des FACAs. La négociation avec les groupes armés reprendra naturellement son droit à la stupidité Centrafricaine, laquelle négociation elle-même mènera à des accords et qui dit accords appelle à une contrepartie donc à l’impunité. Et la suite est connue d’avance.

 


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De toute évidence, "L’élu(e)" du peuple finira son mandat sans entamer le programme sur la base de laquelle il/elle a été élu(e), si programme y a. Ainsi, on va lui coller une étiquette de médiocre et c’est la rupture tant espérée qui sera brisée pour de bon. La Centrafrique est entrain de passer à côté d’une opportunité inouïe, une occasion inespérée et historique de changer le cap de sa destinée et entamer le décollage.

Tant que le chantier du changement reste du domaine du badigeonnage, du verbiage sans donner une orientation politique dans le sens d’éviter de reprendre à la lettre les mêmes errements qui ont précipité le pays dans l’abime, tant que le courage manque pour s’attaquer et affronter ce chantier colossal, tant qu’on n’engage pas les moyens adéquats pour répondre aux exigences du changement, la Centrafrique connaitra encore de très mauvais jours devant elle au moins pour une décennie.
Les élections ne sont qu’un habillage démocratique et quand nous savons qu’en Centrafrique, elles ont habillé des dictateurs, des sanguinaires et des délinquants de toute nature, il est temps de donner un coup de frein brutal.

Même si le pouvoir transitoire de Madame Catherine Samba-Panza a eu le mérite de rassembler contre elle, groupes armés et population civile, cependant, il faut noter qu’il y a divergence sur les motivations. On peut comprendre aisément que la revendication des groupes armés rejoignent d’autres quant à ce qui concerne la mise en place d’une quatrième transition pour gérer le pays jusqu’aux élections improbables de tous les dangers. Cette prise de position à générer systématiquement un soutien sans faille des partis politiques à la transition qui est une partie du problème de l’insécurité et du massacre de la population. Il faudrait aussi comprendre que, bien que les positions s’alignent sur l’imminence de mettre fin à cette transition, les motivations et les objectifs ne sont pas les mêmes entre les groupes armés et la population.

 


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D’une part, si les groupes armés cherchent à prendre le contrôle d’une prochaine transition et veulent des postes au sein du gouvernement pour confisquer le pouvoir et refaire le coup de Ndjotodia, d’autre part, pour les défenseurs d’un nouveau départ, c’est éviter dans un moment de confusion et d’égarement, que le pouvoir ne tombe entre les mains des prédateurs à travers un habillage démocratique. En outre, éviter de continuer dans la même voie avec les maux pour produire les mêmes effets.
De même, le soutien à la transition pour le maintien de CSP au pouvoir transitoire ne partage pas les mêmes motivations. Il y a ceux qui veulent l’instabilité pour continuer leur sale besogne d’enrichissement et de magouille. D’autres catégories par souci de remettre les institutions en place même au plus fort désespoir que des institutions dans ce pays n’ont jamais joué leur rôle. Et une autre partie, tout pour le pouvoir.
Ainsi, le contraste devient saisissant quand cette même aile de soutien et des défenseurs de la transition avec une aisance dans la critique et difficile dans l’art, jettent des pierres chaque jour que Dieu fait, dénonçant et condamnant son immobilisme mais seulement ne vont pas jusqu’au bout de leurs idées. La soutenir c’est bien mais l’aider dans la gestion commune, c’est encore mieux car qui se ressemble, s’assemble. Les centrafricains doivent savoir et voir clair. Où sont la crédibilité et le sérieux ?

Par conséquent, les élections à Pâques ou à trinité ne doivent pas être vues que par le petit bout de la lorgnette et dont certains aspects critiques sont bottés en touche, mais les voir dans sa globalité pour mesurer l’impact sur le court, moyen et long terme. Pour cela, il faut savoir dans quelle direction s’orienter. Changer de cap ou continuer à marcher dans la crotte tout en voulant édifier sur un tas de gravât ? C’est une mission

 


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Disant par ailleurs qu’il est indispensable que cette transition de Madame Catherine Samba-Panza prenne fin au profit d’une autre transition afin qu’une base nécessaire à l’édification soit posée. Mais mettre fin à la transition ne veut pas dire « donner de la confiture à un cochon » au nom de la légitimation d’un président élu au suffrage universel pour satisfaire aux exigences internationales mais pendant ce temps les exigences nationales sont sacrifiées. Il faudrait faire table rase et orienter le pays autrement que repartir en arrière pour faire ravaler au peuple ce qu’il a vomi – Et ça sera une trahison de plus qui ne fera qu’ aggraver la faussée de la crise de confiance.
[i Le fin du fin : En somme, qui peut prédire que dans ce cafouillage électoral, sortira un chef de l’Etat qui sera à la hauteur de l’enjeu ? Ou qui échappera à la lignée de ses prédécesseurs ?
Tout simplement, parce que les conditions d’exercice d’une gouvernance digne et crédible n’y sont pas. Cela y va de la crédibilité des hommes et femmes politiques à faire table rase et à insuffler un vrai changement. Résoudre cette crise en déracinant tous les maux reviendrait à ôter l’assiette sous le beurre à la communauté des gens malhonnêtes, ceux qui ont un intérêt commun à défendre à savoir tous les prédateurs confondus : des groupes armés, des élites assoiffés de poste, des nostalgies du pouvoir, des hommes politiques pour le pouvoir. Faire exactement tel que ça se dessine, c’est remettre le couvert du passé or la solution de continuité pour laquelle une poignée se bat est la rupture avec la passé et pour cela, il faut du courage et de la patience et non le pouvoir pour le pouvoir par un habillage démocratique pour laisser installer "une gouvernance par le chaos"] par la stratégie de semer le désordre, la désolation, la panique dans la population, peu importe le nombre des victimes. En définitif, provoquer les crises pour mieux régner. Les guerres fabriquées de partout dans e monde en témoignent pour le bénéfice d’instaurer "une gouvernance mondiale" ou encore "le nouvel ordre mondial" par la force. Et si les centrafricains ne peuvent pas comprendre ça et ne sortent pas rapidement de leur coquille, il serait très difficile de remonter la pente et le pays disparaitra sous leurs yeux.

Pour finir, Il faudrait se séparer du culte d’adoration du veau qui est le culte de la prédation par excellence, de la courtisanerie, et du proxénétisme ambiant. Tout est vanité
 

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