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Centrafrique: Se dirige-t-on vers une crise postélectorale?

Par Sebastien Lamba - 18/02/2011

Le retrait de l’opposition du second tour des législatives serait une action vouée à l’échec

 

Dans la capitale Bangui, l’annonce de l’opposition de ne pas se présenter du tout au second tour des législatives n’a pas ému grand monde. Au contrait plus d’un observateur pense que ce soit une action vouée à l’échec. D’aucun regrettent que ce soit une réaction tardive. Le parti politique au pouvoir (KNK) dont le candidat François Bozizé vient d’être réélu ne peut que se réjouir de cette situation car son souhait le plus absolu est d’avoir la majorité parlementaire à l’Assemblée nationale. La plupart des candidats indépendants seront estampillés au parti Travailliste, cela, malheureusement, va aboutir à une Assemblée monolithique. Devant cette situation, il appartient aux candidats encore en ballotage, pour le second tour au mois de mars prochain, de disputer les suffrages des électeurs, avec l’appui de leurs partis respectifs, afin de faire l’équilibre à la future Assemblée Nationale.

 


© lindependant-cf.com
Les chefs de partis dans le CFC
Ce retrait qui est synonyme de cris d’alarme par rapport aux multiples fraudes constatées ça et là par les observateurs nationaux et internationaux, a été orchestré par le régime en place pour truander les résultats de ces élections. Il ne nous appartient pas de juger les choses par apparence. Mais, c’est seulement question de confiance et d’expression de la volonté du peuple, a-t-il déclaré en substance un observateur du jeu électoral. Il sied de rappeler que le Collectif des Forces du Changement (CFC), au lendemain de la confirmation de réélection du président François Bozizé, a décidé de se retirer du processus électoral et de ne pas présenter de candidats au second tour des élections législatives de mars 2011. Cette décision qui ouvre la voie à une crise politique postélectorale sans précédent était dictée par une exigence du respect de la volonté populaire et le refus des démocrates et patriotes d’apporter leur caution à une caricature électorale, a expliqué le Collectif des Forces de Changement (CFC), par la voix de Me Nicolas Tiangaye. Il a condamné les règlements de compte, arrestations, assignations à résidence de fait et tracasseries dont sont victimes ses membres.

Le Collectif des Forces de Changement a exigé entre autres la libération de Monsieur Mbessa Apollinaire, militant et candidat aux législatives du Rassemblement Démocratique Centrafricaine(RDC), à Dédé-Mokouba; la cessation des poursuites à l’encontre de Maitre Blaise Fleury Hotto, Secrétaire Général Adjoint du RDC; la restauration de la liberté de circulation des opposants. En revanche, le porte parole du gouvernement et directeur national adjoint de la campagne du candidat François Bozizé, Fidèle Gouandjika a fait savoir que la décision des Forces du Changement de se retirer du 2ème tour des élections législatives est une fuite en avant.

 


© google-images.fr
La Cour Constitutionnelle
Il a déclaré que, cette décision n’aura pas d’impacte sur le second tour du scrutin et également le nouvel Parlement. Le mobile de ce retrait collectif, à en croire l’opposition démocratique centrafricaine, se résume en deux points essentiels à savoir: la proclamation des résultats du 1er tour des élections tant présidentielle que législatives est nulle et de nul effet, pour violations graves, massives et répétées de la Constitution et du Code électoral; le retrait du tous les candidats du groupe Patassé et autres au second tour des législatives, évitant ainsi de cautionner non seulement une telle mascarade électorale, mais aussi et surtout l’instauration d’une «dynastie clanique» à l’Assemblée nationale.

Les requêtes en annulation introduites auprès de la Cour Constitutionnelle, par les trois candidats malheureux à la présidentielle du 23 janvier dernier, ont été rejetées par cette haute institution de la République, pour des raisons non fondées. Selon Marcel Malonga, président de cette Cour dans un rapport lu par le Greffier en Chef, sur la forme de la plainte, «les représentants n’ont pas joint les pièces en conviction pour étayer leurs arguments et éclairer la lanterne de la Cour». Sur le fond, poursuit le Président Malonga, les éléments fournis par la défense de ces candidats et examinés par la Cour, ne peuvent nullement entrainer l’annulation de ces élections. A titre d’exemple, ajoute le président de la Cour constitutionnelle, la défense desdits candidats n’a pas respecté le délai de trois jours prescrit par le Code électoral au sujet d’un recours en annulation des élections. Pour preuve, les plaintes sont parvenues à la Cour les 6, 9 et 10 février, au lieu de trois (3) jours après publication des résultats par la Commission Election Indépendante (CEI).

 

 
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