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Audrey Mahieu pour le renforcement des compétences des acteurs locaux

Par amifrance.org - 16/02/2011

La jeune belge est responsable de projets pour l’ONG Aide Médicale Internationale

 

C’est en 2007 que l’organisation non gouvernementale a inauguré ses activités dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran. Le village de N’déle devient alors la base opérationnelle de la mission, tandis que la base de coordination est installée à Bangui, la capitale du pays. Quelques mois plus tard, les équipes ouvrent une deuxième base opérationnelle dans le village de Mbrés, situé plus au sud, dans la préfecture de la Nana-Gribizi. C’est ici qu’Audrey Mahieu travaille actuellement en tant que responsable du projet. Suite à une formation universitaire en relations internationales, Audrey, d’origine belge, effectue différentes expériences professionnelles dans le domaine de la santé publique et du journalisme sur les thèmes de l’actualité internationale. Cependant, elle réalise rapidement que rendre compte des actions d’autrui ne fait pas partie de ses réelles aspirations. Elle choisit alors de s’engager «à la première personne» dans l’humanitaire. Une décision qu’elle a non seulement pas regrettée, mais qui a nourri davantage son enthousiasme pour ce métier difficile.

Fin janvier 2011, le programme de Mbrés a été clos. Quelle est la stratégie employée par A.M.I. pour garantir la continuité de la mission?
En octobre 2010, grâce au financement de la Commission européenne, A.M.I. a pu démarrer un projet de quatre mois pour finaliser la transmission des activités aux acteurs locaux. La stratégie employée repose notamment sur une augmentation progressive de la tarification des soins et la fin de la gratuité des médicaments à partir du 18 octobre 2010. Il s’agit d’une méthode de recouvrement des coûts qui pousse les structures sanitaires vers une totale autonomie de gestion. L’objectif est de garantir à la population une meilleure qualité des soins et l’approvisionnement en médicaments. Cette décision a été prise avec le consensus de toute la communauté suite à des séances de sensibilisation et d’information sur le sujet. Nous sommes partis d’un petit prix pour l’augmenter progressivement.

 


© amifrance.org
Une séance de travail avec les animateurs locaux
Au sein de chaque centre de santé, les comités de gestion (COGES) composés de 8 volontaires veillent à cet aspect financier pour garantir une bonne utilisation de l’argent et lutter contre la corruption. Formés par le personnel d’A.M.I., les COGES représentent un instrument de communication entre les structures sanitaires et la communauté. En effet, les COGES ont le pouvoir de congédier le personnel sanitaire qui n’a pas les capacités suffisantes pour offrir un service médical adéquat et de qualité. .A partir du moment où les patients paient pour obtenir des soins de bonne qualité, ils deviennent des clients et peuvent communiquer avec les COGES en cas de problème. La seule chose que nous ne pouvons pas contrôler est la présence d’un marché illégal de médicaments à des prix très bas. Cela représente une grave menace à la survie de la stratégie de tarification.

En tant que responsable de la gestion du projet à Mbrés, vous êtes chargée de la programmation et du suivi des activités. Quel genre d’actions réalisent les équipes sur place?
Le programme de Mbrés comprend deux volets d’activités: le volet médical et celui du développement communautaire. Nous proposons, notamment, un soutien à des centres et postes de santé pour garantir l’accès de la population aux soins de santé primaires. Par exemple, nous avons mis en place un bloc chirurgical dédié aux petites urgences, tandis que les cas plus complexes sont traités à l’hôpital de référence. Nous offrons également des services de soins pour les mères et les enfants afin de prévenir la transmission du Sida et soutenir les centres de vaccination. Quant au deuxième volet du programme, son objectif principal est le renforcement des compétences des acteurs locaux. La formation des partenaires sanitaires d’A.M.I. est essentielle car ils prendront le relais des activités après la fermeture du programme. Pendant les six derniers mois, j’ai pu constater un investissement grandissant de toute la communauté dans la gestion des soins de santé primaires. C’est surtout ce dernier aspect qui me rend optimiste sur la réussite du projet et le développement futur de la zone. Je pense que Mbrés est un programme qui fonctionne vraiment, où la participation de la population est très élevée. Nos activités ont obtenu un grand succès au sein de la communauté.

 

 
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