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Les pygmées Aka, à la fois admirés et maltraités par leurs compatriotes

Par Elian Kpamanda, JdE - 15/02/2011

Ce sont des personnes qui se contentent de ce que la nature leur donne quelque soit sa valeur

 

Les pygmées qui habitent dans les régions périphériques de M’Baïki et les autres présentent une petite différence avec ceux de Löndö (Sangha-Mbaéré dans la sous préfecture de Bambio), par leur liberté de mouvement et d’indépendance malgré le fait que beaucoup d’entre eux sont des bordiers, des porteurs, des commissionnaires. Ils restent des grands marcheurs capables de parcourir 100 à 150 km en une journée.

Une réputation de soigneurs et de sorciers
Un pygmée est souvent une personne qui n’a rien en vouloir à quelqu’un, c’est souvent une personne très patiente qui laisse le temps. C’est aussi une personne qui se contente de ce que la nature lui donne quelque soit sa valeur. De même, il épouse deux ou trois femmes. Si des ennuis surveillent, ils se rendent au domicile du chef du village ou chef de canton pour traiter les litiges. Grand médecin, spécialiste des plantes médicinales les soigneurs pygmées sont réputés capable de guérir des maladies incurables, sauf le SIDA. Ils auraient le pouvoir de donner la vie et de la récupérer selon les rumeurs récoltées sur le terrain. Ils ont la possibilité d’empêcher un mauvais sort et de le jeter, Cependant, un pygmée Aka du nom Ladoh Ngomou nous a affirmé que «le pygmée Aka ne fait jamais du mal à personne. Au contraire ce sont les personnes riches venues de différentes horizon de la capitale qui viennent vers nous pour qu’on puisse leur livrer le secret de la vie et de leur donner une ligne de conduite afin de garantir leurs postes, leurs intérêts et autres…»

 


© ouest-france.fr
Des pygmées Aka dans la nature
Les pygmées sont les grands chasseurs de gibiers avec des armes conçues spécialement: houe, sagaies, flèches empoisonnées, colliers, arcs…Ces armes citées ont connu le succès depuis des milliers de décennies. Grands grimpeurs d’arbres à la recherche de cire, ou de miel, cette réputation a fait aussi leur renommé et leur prestige dans toute l’Afrique Centrale. Selon un sexagénaire pygmée AKA de Löndö, l’«huile de miel est l’une des nourritures et médicaments extrêmement importants pour les pygmées. Si un pygmée vous donne ou vous invite à déguster du miel avec lui, c’est que vous êtes capable de garder des secrets qu’il peut vous livrer. En retour le secret ne doit pas être dénoncé ni divulgué.» Les pygmées ont encore un réel attachement aux valeurs traditionnelles.

Une population trop souvent méprisée
Les pygmées Aka sont une population dynamique, capable de faire la différence sur les plans socio-économique et culturel. Sur l’axe Bangui – M’Baïki, à 125 km de Bangui, un grand nombe de pygmées qui vivent en communauté de façon harmonieuse avec une autre population de la Lobaye (M’Baïki Ngbaka, Bofi…). Cependant, les pygmées vivant sur la commune de M’Baïki sont appelés communément ‘’Mbeka Mbati’’, c’est-à-dire les pygmées qui appartiennent à l’ethnie Mbati. On les trouve à Mbagui, un petit village sur la route de Bangui, à Boto non loin de Mbagui, à Sogba ou encore à Ndala sur la route qui mène à l’entrée de Bagandou (à 40 km de M’baïki, on peut les trouver aussi à Gboloko, à Gbotolo, à Longba, Ndeya toujours en aval de l’axe Bangui – M’Baïki, Molonga et dans un quartier de M’Baïki qu’on appelle Café). Ils sont sous le joug des personnes influentes dans la localité de M’Baïki. Ces personnes possédant pourtant connaissances et sagesse ne semblent pas mesurer la portée de leurs actes.

 


© jde
Des pygmées sédentarisés sur les bancs de l'école
Nous avons trouvé dans un quartier de Gbotolo, des pygmées vivant en harmonie avec la population environnante et des enfants naissent d’unions entre les différentes populations.. A Boukoko, beaucoup de pygmées font des enfants avec les filles du village. Cela a suscité de vives de la part de certains jeunes hommes, qui nous ont affirmé devant les jeunes filles du village: «les pygmées sont des personnes inférieures». De même que certains notables de M’Baiki, ils semblent avoir oublié le sens du «Zo Kwè Zo» de Boganda , le fondateur de la République Centrafricaine («tout être humain est une personne» en français) Malgré les accusations portées à leur égard, ils intériorisent et vivent toujours auprès de certaines populations. Les accusations envers les pygmées sont multiformes. Ils sont parfois d’être «partisans de moindre effort».

Cependant, aujourd’hui, un pygmée n’a plus grand-chose d’exotique pour les autres Centrafricains. De nos jours, la plus part des pygmées ont tourné la page de cache-sexe qui aujourd’hui s’habille comme des jeunes rappeurs (en jeans, baskets, tee-shirts…), les femmes pygmées aiment se vêtir avec des pagnes multicolores, un fouloir de tête, elles sont chaussées de salades en plastique comme des ouest-africaines. Pour pouvoir relever leur différence qui est surtout culturelle, il faut donc les approcher et apprendre à les connaitre sans préjugés.
 
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