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Abus sexuels sur enfants en RCA et au Burkina: Lettre ouverte à François Hollande

Par Joseph Akouissonne - 10/07/2015

Par Joseph Akouissonne

 

Pédophilies et abus sexuels sur enfants en Centrafrique et au Burkina Faso: Lettre ouverte au président de la République française

Monsieur le Président, au cours du voyage que vous venez d’effectuer sur le continent africain, vous avez bien voulu, lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou le 3 juillet 2015, évoquer les agressions sexuelles ignominieuses commises par des militaires français sur des enfants, au Burkina Faso et en Centrafrique. Pour rappeler ces sinistres affaires, vous avez déclaré: «Les actes de pédophilies perpétrées par deux soldats des forces spéciales au Burkina Faso sont des faits divers graves… Dès que nous en avons eu connaissance, le ministre de la Défense a immédiatement saisi la justice… »

Monsieur le Président, malgré tout le respect que je vous dois, permettez-moi de m’indigner. Dire que ce sont des «faits divers graves» me paraît inadéquat. Car c’est de violence qu’il faut parler. Des violences sexuelles exercées sur de jeunes enfants ne sont rien d’autre que des crimes contre l’humanité. En tant que telles, elles sont passibles des assises. Par ailleurs, si des actions ont été, effectivement, engagées contre ces militaires égarés au Burkina Faso, pourquoi n’en a-t-il pas été de même dans le cas de la République Centrafricaine?

Quid des viols d’enfants en Centrafrique?
Quatorze éléments de la Force Sangaris sont soupçonnés d’actes de pédophilie et de viols sur mineurs à Bangui. Depuis un an, les suites judiciaires traînent. On n’évoque même plus ces affaires scandaleuses dans les médias, ni en France, ni en R.C.A. Les Centrafricains vivent les lenteurs de la justice comme une humiliation. Au pire, comme une tentative d’étouffement de faits ignominieux. Monsieur le Président, ne l’oubliez pas : les enfants suppliciés de Bangui et leur famille, le cœur blessé, attendent encore que justice leur soit rendue. A Cotonou, vous avez osé cette déclaration que j‘ai du mal à comprendre: «Cela ne doit pas être mis en rapport avec ce qui s’est passé en Centrafrique. Il s’agissait d’un fait divers grave, qui s’est déroulé dans le cadre d’une opération internationale en liaison avec les Nations-Unies… »

 


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Monsieur le Président, en opération internationale, tout serait donc permis? Existerait-il des degrés dans les violences faites à enfants ? Les enfants de Bangui et ceux d’Ouagadougou ne mériteraient-ils pas les mêmes attentions? Je crains, Monsieur le Président, que ce genre d’analyse n‘aggrave l’amertume et le sentiment antifrançais qui se développe ces temps-ci à Bangui. Depuis l’indépendance, les ressortissants français étaient comme chez eux en Centrafrique. Ils n’avaient pratiquement jamais été inquiétés. Mais il y a peu, l’Ambassadeur de France a été verbalement agressé dans une mairie de Bangui alors qu’il participait aux cérémonies des premières inscriptions des populations sur les listes électorales. On peut dire que, depuis les agressions sexuelles commises sur des enfants à Bangui par des éléments de la Force Sangaris, les relations amicales entre la France et la République Centrafricaine se sont fortement dégradées…

A Bangui, la maison de la presse et des journalistes se transforme en bordel a la nuit tombée
Rapporté par le journal panafricain en ligne AFRIQUE NEWS, on apprend que la Maison de la Presse et des Journalistes à Bangui se transforme en bordel pour les soldats de la Minusca, le soir venu. C’est un comble ! Décidément, le Centrafrique surprendra toujours. Le gardien qui n’a pas perçu son salaire depuis longtemps avoue avoir été corrompu par les soldats de la Minusca. Ce sont surtout les éléments burundais qui auraient monté ce stratagème pour assouvir leur appétit sexuel, sur des filles pré-pubères et des garçons. Le matin, en reprenant le travail, les employés de la Maison de la Presse trouvent des préservatifs qui souillent le sol. Les agressions sexuelles sont quotidiennes. Le journaliste d’AFRIQUE NEWS a cherché en vain à joindre le directeur: il est aux abonnés absents…

Dans d’autres pays, ces faits insupportables seraient qualifiés de proxénétisme aggravé. Là encore, les autorités de la Transition ne communiquent pas. Que comptent-elles faire pour rendre son honneur à la Maison de la Presse et des Journalistes? Que comptent faire les Nations- Unies? Il faut que l’on cesse de mépriser le peuple centrafricain.

Monsieur le Président, en tant que membre du Conseil de Sécurité de l’O. N. U. et protecteur de la République Centrafricaine, quelles actions pensez-vous initier pour que justice soit rendue aux familles centrafricaines et burkinabés? Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous remercie de m’avoir prêté attention et vous prie de croire, Monsieur le Président, à ma haute considération.

A. DE KITIKI, 7 juillet 2015
 
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1 COMMENTAIRES

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tout se paye ici bas sachez que ce qui se passe a bangui les francais le payerons tot ou tard vous voulez vous faire les durs tot ou tard

Par gbaaa

13/07/2015 15:28

sinon meme ce qui etait arrivé en france lors de la 2nde guerre mondiale ne sont pas oubliés exactement on vous les fera payer

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