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A une semaine de Ramadan, les Banguissois du PK5 restent enclavés

Par Pacôme Pabandji, AA - 12/06/2015

Le quartier musulman de Bangui reprend, progressivement, vie alors que ses habitants y demeurent cloîtrés se disant menacés

 

Alors que le quartier PK5 à Bangui reprend, progressivement, vie, ses habitants, des musulmans pour la majorité, y demeurent cloitrés ne réussissant toujours pas à circuler librement en dehors de leur enclave.

Dès qu'ils sortent du quartier, ils se sentent menacés, confient des habitants du quartier à Anadolu, un commerçant du marché local, rappelle qu'un jeune musulman qui a récemment essayé d'aller au delà du PK5, précisément vers la quartier "Fatima", a été, "sauvagement assassiné par des anti-Balaka" ( milices chrétiennes) du secteur.

C'est par peur de trouver le même sort que les musulmans du PK5 préfèrent ne pas quitter leur quartier, souligne Alkaly Alim, un autre habitant du quartier ajoutant que la peur persiste en dépit de la signature par les différents groupes armés d'un accord de désarmement (en marge du forum de Bangui-mai 2015).

Cependant si les musulmans du PK5 se terrent dans leur quartier, ils accueillent, les bras ouverts, un grand nombre de non musulmans qui viennent, chaque jour s'pprovisionner dans ce quartier célèbre pour son marché, où une grande variété de marchandises est proposée.

En effet, le marché du PK5, qui a sombré dans la désolation durant les deux années de crise alimentée par un conflit interconfessionnel, a, depuis un mois, commencé à revivre. Ses commerçants, majoritairement de confession musulmane ont réinstallé leurs étals et redonné une belle figure à leurs boutiques. Aujourd'hui, les deux communautés musulmane et chrétienne, longtemps séparées, s'y côtoient de nouveau sous l'oeil vigilant des agents de la Mission onusienne en RCA (Minusca), des miltaires français évoluant en Centrafrique et des forces centrafricaines qui assurent la sécurité dans ce quartier, longtemps considéré comme le plus périlleux de la capitale centrafricaine.

 


© AFP
Dans le quartier à dominante musulmane PK5, le 4 juin 2014
Alkaly Alim se réjouit de la réconciliation des deux communautés pointant du doigt certaines parties qui ont selon lui "alimenté les animosités et les conflits entre musulmans et chrétiens". Il affirme à Anadolu: "aujourd'hui tout est fini, le PK5 est un quartier où on accueille, généreusement, tous les Centrafricains".

Ali Utche, un autre musulman, vendeur d'épices dans le marché de PK5 se désole, pour sa part, du fait que "les musulmans ne peuvent toujours pas se rendre dans les quartiers des chrétiens au risque de se voir agressés.

Nadège, chrétienne qui dit avoir repris le chemin du PK5 depuis peu affirme, de son côté, "désormais tout est oublié, ce qui compte maintenant c'est de la reconstruction du pays".

"Aujourd'hui, le KM5 est l'un des points les plus sécurisés de la ville de Bangui. Il y a deux mois, nous avons procédé à l'ouverture du commissariat du 3ème arrondissement et mis en place un comité de prévention de la délinquance avec l'appui de la jeunesse, des femmes, de tous les chefs religieux et les notables de la localité", avait, récemment, déclaré à la presse, le ministre centrafricain de la Sécurité publique, Nicaise Samedi Karnou.

Profitant de ce regain de stabilité et de sécurité, la Commercial Bank of Central africa (CBCA) a, récemment, ré-ouvert son agence dans le quartier PK5 pour le grand bonheur des habitants du quartier qui étaient, jusqu'alors, obligés, pour faire toute opération bancaire ou retrait d'argent de se rendre en ville.

Le maire du 3ème arrondissement de Bangui dont relève le PK5, Adairou Balla-Dodo , explique à Anadolu que les habitants de ce quartier avaient beaucoup de peine pour se rendre en ville souligant que beaucoup d'entre eux se faisaient accompagner par des militaires moyennant de l'argent.

Mahamat Goni, chef de l'agence de la CBCA du quartier relève, pour sa part: "le Km5 est le poumon des activités économiques de la ville de Bangui. lorsque cette agence était fermée, les clients et les notables de cet arrondissement se sont tous mobilisés pour demander sa réouverture".

Le quartier KM5 de Bangui, à majorité musulmane a été, durant le conflit interconfessionnel qui a secoué la RCA depuis décembre 2013, le théâtre de violenecs opposant Séléka ( groupes politico-militaires musulmans) et anri-Balaka (milices chrétiennes).

Ce conflit intercommunautaire s’est soldé par 5 mille morts et près d’un million de déplacés, selon un récent constat des Nations-Unies.
 
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