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L'accord pour la paix entre Djotodia et Bozizé, une "belle initiative" (Samuel Nguembock)

Par Mohamed Abdellaoui, AA - 16/04/2015

Le Professeur de géopolitique à l'Institut supérieur du management public et politique de Paris fait remarquer que «cette belle initiative...saurait être une pierre angulaire pour un nouveau départ

 

L’accord pour la paix signé mardi à Nairobi, capitale du Kenya, entre les deux belligérants et anciens présidents centrafricains Michel Djotodia (Séléka) et François Bozizé (anti-Balaka) est un bon signe peu avant le Forum de Bangui, prévu pour le 27 du mois courant, soutient le géopoliticien camerounais et expert des questions africaines, Samuel Nguembock.

Le Professeur de géopolitique à l'Institut supérieur du management public et politique de Paris (ISMaPP) fait remarquer que «cette belle initiative...saurait être une pierre angulaire pour un nouveau départ sur la voie de la stabilité et de la paix durable en République centrafricaine, en cas d’adhésion de toutes les parties prenantes».

De ce point de vue, il détaille: «Quoique Michel Djotodia et François Bozizé, établis en dehors du pays, soient encore influents sur la scène politique centrafricaine, il faut l’adhésion du reste des acteurs importants qui résident encore en RCA, pour que cet accord ait une retombée significative sur le rétablissement de la paix.»

Se montrant un peu sceptique quant à la condition susmentionnée, le géopoliticien se réfère à une constante: «Pour qu’un accord soit décisif, il faut qu’il soit inclusif.»

Dans ce sens, il insiste sur la nécessité de l’adhésion de la société civile, aux côtés de tous les acteurs politiques, à l’accord établi entre les deux présidents et au Forum de Bangui pour la réconciliation nationale (à partir du 27 avril courant).

Le spécialiste de l’histoire de l’Afrique subsaharienne conditionne, aussi l’efficacité de l’accord de paix signé entre les deux anciens présidents par la teneur des résolutions qui découleront du Forum de Bangui, insistant sur l’impératif qu’il y a à respecter ces résolutions pour une réelle amélioration en RCA.

«La République centrafricaine a réalisé une avancée formidable sur la voie de la stabilisation du pays. Reste à consolider cette orientation et cette avancée par des résolutions qui soient respectées par toutes les parties prenantes. Il y a lieu de mentionner le désarmement effectif de tous les groupes armés et le recensement de la population pour des élections réussies», commente le géopoliticien.

Le recensement avant les élections seraient selon lui très utile, dans la mesure où il permettrait de bien estimer les financements nécessaires pour un bon déroulement des élections de 2016.

 


© lastampa.it
Samuel Nguembock

D’ailleurs, le Premier ministre Mahamat Kamoun a estimé les besoins de la RCA pour l’organisation des prochaines élections à 16,6 millions de dollars. Il l'avait annoncé lors d’une récente réunion du Groupe de contact international sur la Centrafrique, qui a réuni les principaux partenaires et bailleurs du pays, à Brazzaville (Congo) pour examiner le financement des futures élections en RCA, plongée en 2013- 2014 dans une crise sans précédent.

Dans la même optique, le professeur de géopolitique fait observer que le rôle salutaire joué par la médiation africaine dans le rapprochement des deux ennemis politiques (Djotodia et Bozizé) serait peu fructueux en l’absence d’un vrai soutien de la communauté internationale qui s’est déjà engagée à tirer vers le haut le processus de pacification de la RCA.

Il fait ainsi allusion à l’Organisation des Nations unies (ONU), à l’Union européenne (UE) e t à l’Union africaine (UA) et à l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) appelées à aider à la mobilisation des Fonds nécessaires pour le désarmement des groupes armés, l’organisation des élections et la relance économique d’un pays dont une large partie de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté.

En 2008, 67,2% de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté à raison de 72% en milieu rural et 55% en milieu urbain, selon les dernières statistiques du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Le pays a, en outre, été classé au 180ème rang sur 186 pays selon le rapport mondial 2013 sur le développement humain.

La présidente de la période transitoire Catherine Samba Panza a convoqué mercredi les forces vives de la nation centrafricaine au Palais de la Renaissance, pour trouver un consensus autour des organes et des personnalités devant animer le Forum de Bangui.

Saluant l’initiative de la présidente, le Premier ministre Mahamat Kamoun a indiqué à la presse dans la même journée que la démarche de Mme Panza ne laissera aucune chance aux ennemis de la paix de remettre en cause les «difficiles acquis de la transition».

Depuis décembre 2013, La RCA est secouée par un conflit intercommunautaire opposant Séléka (milices musulmanes) et anti-Balaka (milices chrétiennes). Une large partie de la population centrafricaine a fait les frais de ce conflit. Des milliers de personnes relevant des deux camps mulaman et chrétien ont trouvé la mort et un grand nombre de musulmans ont été contraints à quitter la RCA vers les pays voisins, fuyant les exactions perpétrées par les anti-Balaka.
 
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