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Centrafrique: la paix à petits pas

Par lepoint.fr - 04/03/2015

Des signes encourageants se font jour en Centrafrique, mais les obstacles retardant la résolution de la crise actuelle ne manquent pas

 

Situation sécuritaire
La situation sécuritaire s'est améliorée, mais les groupes armés règnent encore en maître dans de nombreuses régions. Certains ont basculé dans le banditisme. Et ils ne se laisseront pas facilement désarmer. La Mission Eufor RCA s'achèvera le 15 mars. Les 700 militaires (dont 260 français) avaient pour but de sécuriser l'aéroport de Bangui et deux arrondissements de la ville afin de permettre aux soldats français de Sangaris de se déployer en province. Eufor RCA va être remplacé par la Minusca, la force des Nations unies composée essentiellement de soldats africains qui monte actuellement en puissance. En province, la Minusca aidée par la force Sangaris commence à arrêter les bandits et à chasser les rebelles des sièges de l'administration préfectorale.

Accord de Nairobi
Sous l'égide du président congolais Denis Sassou-NGuesso, un premier accord avait été signé dans la capitale kényane le 28 janvier. Accord rejeté par la communauté internationale, puis par Sassou lui-même. Signé par Nourredine Adam pour les anciens Seleka et Joachim Kokaté pour les anti-Balaka, il prévoyait entre autres une amnistie, un changement de gouvernement et une nouvelle transition politique pour le pays, écartant la présidente actuelle Catherine Samba-Panza. Finalement, une nouvelle version a été signée le 21 février pour acter de la cessation des hostilités entre ex-Seleka et anti-Balaka.Un proche de Bozizé commente : "L’amnistie prévue dans les accords de Nairobi n'était pas possible. Il n'était pas possible de sauter à pieds joints sur tout ce qui s'est passé et les exactions. Mais il fallait que cet accord soit reconnu par la communauté internationale. C'est un document technique, pour tenter de régler les problèmes de sécurité, on a enlevé tous les aspects politiques." Mais beaucoup d'observateurs doutent de l'impact de cet accord sur le terrain.

 


© nouvelobs.com
Sant'Egidio
La communauté Sant'Egidio, une communauté chrétienne très impliquée dans la résolution des conflits, a permis à des hommes politiques centrafricains, dont l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé, de signer une déclaration le 27 février en vue d'un bon déroulement des élections afin de "remettre le processus électoral au centre". Là encore, difficile d'évaluer le concret de cette médiation.


Forum de Bangui
Il devrait s'ouvrir ce mois-ci après des consultations populaires dans le pays et auprès des Centrafricains de l'étranger. Il devrait durer plusieurs semaines. La participation de la population a été très forte, malgré des entraves dans certaines zones tenues par les ex-Seleka. Il s'agit de réconcilier la société et de refonder les bases de l’État centrafricain dans tous les domaines : éducation, place des communautés religieuses, armée, finance, administration du pays…Les Centrafricains en attendent beaucoup, mais il y a beaucoup de non-dits sur les événements récents et la place de la communauté musulmane.

Élections
Les élections présidentielles et législatives prévues d'ici le mois d'août auront toutes les peines à se tenir à la date prévue, selon une source militaire française et un membre de l'entourage de l'ancien président Bozizé. Le pouvoir en place peine à remettre en place l'administration dans les provinces. À l'insécurité s'ajoutent les problèmes matériels, avec des bâtiments délabrés et pillés, et un manque de fonds pour l'organisation de la consultation. Les 420 000 réfugiés dans les pays voisins et les 1 200 000 déplacés dans le pays rendent difficile la mise en place de listes électorales fiables dans un délai rapide.Pour le moment, il y a pléthore de candidats, une vingtaine. Mais beaucoup ne se présentent que pour faire parler d'eux et négocier des places dans le prochain gouvernement. L'ancien Premier ministre Martin Ziguélé est l'un des favoris. L'ancien président Bozizé ne se représenterait pas, selon un de ses proches, mais on lui prête le désir de mettre son fils, Jean-Francis, dans la course. "Ça ne peut pas marcher, admet ce haut fonctionnaire centrafricain. Il a été dix années ministre de la Défense, il a sa part de responsabilité dans le désastre qui est arrivé."
 
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