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Election présidentielle: Bozize gagne au Cameroun

Par Dii Jonas Yedidia, Integrations - 01/02/2011

Le Président sortant, candidat à sa succession, a récolté environ 60% de voix sur 868 suffrages exprimés à Yaoundé

 

«Mesdames et Messieurs, ce que Nous vous annonçons ici sera transmis à Bangui au niveau national pour confirmation. Les résultats des opérations électorales d’ici sont les suivants: Bozizé a eu 519 voix. Il est le premier de cette partie. Patassé a eu 220 voix. Il est le deuxième de notre jeu. Ziguélé a 74 voix. C’est donc le troisième. Vous avez Nakombo qui a 35 voix, il est quatrième. Enfin nous avons le candidat Démafouth qui a 6 voix. Il est cinquième sur la liste de cinq. Nous avons enregistré 14 bulletins nuls. Voilà les données en ce qui concerne la commission de la CEI de l’Ambassade à Yaoundé.» La déclaration est de Sele Bangue, président de la commission électorale indépendante centrafricaine, antenne de l’Ambassade de la RCA à Yaoundé. Il est 20h40mn ce 23 janvier 2011 à la chancellerie de la RCA sise à Bastos célèbre quartier résidentiel de la capitale politique camerounaise. Les résultats sont délivrés en présence des représentants des candidats à la présidentielle centrafricaine, des observateurs, des membres de la CEI, des éléments des forces de la sécurité et des hommes de médias.

Aucune réserve n’est enregistrée à la suite des résultats. Mais seulement, l’on note l’effet d’une douche froide chez les perdants. Un silence de mort. Les uns assis à même le sol, visiblement fatigués et dépassés par les circonstances, se sont mis debout. Hélas! Pas de chance! Bozizé gagne à Yaoundé. D’autres revoient leurs notes, sans trouver matière à contestation. Du coup, un cri de joie jaillit de la dizaine des représentants de Bozizé. «Confirmation! Confirmation. Le travail paie. Salues-moi. Ce sera comme ça partout» lance un jeune homme dans la petite foule. Il tend la main à ses camarades du parti Kwa na Kwa, avant d’être interrompu par les superviseurs. «Non! Non! C’est qui ça? Taisez-vous là-bas. Les représentants n’ont pas encore signé… Laissez nous travailler», réplique le deuxième vice – président de la CEI, sous un ton gendarme. Débordant d’émotion, un autre partisan du Kwa na Kwa répond au téléphone «Allô! Allô! Ah! Oui. C’est clair. Les autres n’ont rien vu. Nous avons gagné avec plus de 60%.» Il est à son tour rappelé à l’ordre. Pas besoin de festoyer. Car malgré le calme relatif, une atmosphère de suspicion règne. Il y a une forte présence policière. Ce n’est pas tout le monde qui parle. Tous les gestes sont surveillés. Seules les autorités et forces de l’ordre sont au téléphone.

 


© Integrations
2 092 électeurs étaient inscrits sur les listes électorales. 868 personnes ont voté. Petite curiosité sur la plupart des 14 bulletins nuls. Certains étaient soit déchirés au niveau de la photo des candidats sur le bulletin, soit cachetés dans tous les carreaux, alors que le choix consistait à mettre du cachet dans un carré réservé à côté de la photo du candidat choisi. En effet, le bulletin de vote est un document sur lequel les photos de tous les candidats sont alignées. Chaque photo est suivie d’un espace réservé au cachet.

Election sous haute surveillance policière
Il faut avoir un statut particulier pour accéder à l’ambassade de la République centrafricaine, ce dimanche de vote. Depuis le début des opérations électorales, la circulation dans la rue conduisant au lieu de vote est conjointement régulée par les éléments de la compagnie de sécurisation des diplomates, la police et une équipe de sécurité mise en place par les organisateurs de l’élection. Deux véhicules respectivement immatriculés SN 4012 et SN 4049 sont garés pour la circonstance. Les électeurs ayant accompli leur devoir sont dirigés à l’extérieur, puis un peu plus loin de la chancellerie. Ils sont contrains de quitter les lieux, «pour revenir après le dépouillement». On assiste au spectacle d’échanges de mots entre policiers et centrafricains: «C’est notre élection. On vous appelle pour assurer notre sécurité Et non pour nous chasser. Vous voulez qu’on s’asseye où?» Lance un jeune homme aux forces de l’ordre. Et le Sango, l’une des langues parlées en RCA se fait entendre. Des gestes violents conduisent parfois à des altercations entre frères Centrafricains. Mais il n’y a pas d’affrontement physique. À 17h 40, alors que les bureaux de vote sont fermés et le dépouillement est attendu, un autre véhicule de la police immatriculé SN 3964arrive. Le renfort est assuré. Et les policiers expliquent leur action: «On ne vous chasse pas. Nous avons eu des ordres de la plus haute hiérarchie de la police camerounaise. Aidez-nous à assurer votre sécurité.si vous n’écoutez pas, on va passer à l’étape supérieure.» Jusque là, de nombreux centrafricains n’ont pas abandonné les lieux. Ils rodent dans le secteur. Certains tuent le temps en faisant des cent pas jusqu’au lieu-dit Vallée Nlongkak. D’autres attendent en fumant des cigarettes.

 

 

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