INTERVIEW  |    

Yacinthe Wodobodé: "Les maires peuvent influencer positivement le processus de réconciliation"

Par Afrikarabia - 15/12/2014

La maire de Bangui parle de la situation en Centrafrique. "Il y a des zones du pays dont nous ignorons pratiquement tout "

 

Ce lundi s'ouvre à Bangui la première Conférence des maires de Centrafrique. Yacinthe Wodobodé, la maire de Bangui, estime que ses collègues «peuvent influencer positivement le processus de réconciliation». Tout en reconnaissant «qu’il y a des zones du pays dont nous ignorons pratiquement tout». Interview.

Entre le 7 et le 17 octobre 2014, un regain de violence à Bangui faisant 6 morts et plus de 240 blessés vous poussait à reporter la tenue de la Conférence des maires de Centrafrique. Deux mois plus tard, quelle est la situation dans la capitale centrafricaine ?
Bangui est beaucoup plus calme qu’au début du mois d’octobre. Nous avons pris des dispositions avec les éléments de la Minusca, de Sangaris et d’ Eufor pour sécuriser la capitale. Tout devrait bien se passer.

Vous êtes à l’initiative de cette Conférence des maires de Centrafrique. Pourquoi une telle réunion et quelles sont ses objectifs ?
L’idée vient de Catherine Samba-Panza lorsqu’elle était maire de Bangui et j’ai poursuivi le projet. Les maires sont plus proches des populations et sont les mieux informés de tout ce qui se passe sur le territoire national. L’objectif est de faire un état des lieux de la situation. Les médias parlent beaucoup de ce qui se passe à Bangui, mais le plus important c’est l’intérieur du pays. Il y a des zones reculées dont nous ignorons pratiquement tout du drame que vivent les populations. Nous allons donc faire le point avec tous ces maires pour préparer l’avenir et reconstruire notre pays. Des décisions seront prises afin d’anticiper le Forum de Bangui de janvier 2015. Nous allons voir comment les maires peuvent contribuer au mieux dans la préparation des futures élections. Les maires sont également en lien avec les acteurs économiques, les notables, les chefs coutumiers, les familles, les autorités religieuses, la société civile… Ce sont donc des atouts considérables pour organiser la réconciliation et la cohésion sociale. Les maires sont des acteurs clés dans leur localités. Ils peuvent influencer positivement le processus de réconciliation.

Il y a des fortes disparités entre les villes de l’Ouest du pays qui sont encore sous la coupe des anti-Balakas et celles de l’Est où les ex-Séléka sont encore très présents. Que sait-on de ces zones ?
Fin septembre par exemple, le maire de Ngakobo a été lâchement assassiné par un membre de l’ex-Séléka. Vous évoquez les anti-Balakas, vous évoquez les ex-Séléka, mais il y a aussi la LRA (Lord Résistance Army de Joseph Kony, ndlr) qui sévit encore dans l’extrême Sud-Est de la Centrafrique. D’une manière générale, l’arrière-pays n’est pas suffisamment sécurisée par rapport au dispositif des Nations unies qui est en train de se mettre en place. Notre voeu, c’est que ces contingents se déploient rapidement pour pouvoir redonner confiance aux populations rurales.

 


© afrikarabia.com
Yacinthe Wodobodé, la maire de Bangui
Est-ce que vous craignez comme certains, un risque de partition de la Centrafrique ?
Je ne le crains pas, tout simplement parce que je ne veux pas de partition de mon pays. C’est un projet funeste. Je ne veux même pas y penser. Ceux qui veulent la partition ont trouvé un pays entier en arrivant, pourquoi maintenant veulent-ils des morceaux de pays ?

Des élections présidentielle et législatives sont prévues pour juin 2015. Au regard de la situation actuelle, ce délai est-il tenable ?
Une chose est d’organiser des élections, une autre chose est de savoir ce que l’on veut obtenir de ces élections ? Est-ce que le Centrafricain qui ne mange pas suffisamment à sa faim, qui dort à la belle étoile, dont l’enfant ne peut pas aller à l’école… est-ce que l’expression de son suffrage peut lui ouvrir un horizon meilleur ? C’est la question que l’on peut se poser.

Qu’attendez-vous de la montée en puissance de la mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) qui se met progressivement en place depuis septembre ?
Je suis de ceux qui fonde un grand espoir sur la mission des casques bleus en République centrafricaine. Mais il y a une forte impatience de la population. Le drame que vivent les Centrafricains aujourd’hui appelle une méthodologie des opérations beaucoup plus efficace pour soulager les souffrances du peuple.
 
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