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En RCA, l’accès aux populations et la délivrance de l’aide sont un défi grandissant

Par Action contre la faim - 09/12/2014

Par Action contre la faim

 

PARIS, France, 5 décembre 2014, Action Contre la Faim– L’intervention des forces armées françaises autorisée le 5 décembre 2013 par la résolution 2127 des Nations-Unies devait permettre de désarmer les groupes auteurs de violence à travers la République centrafricaine. 1 an après, la République centrafricaine est toujours en proie à la violence des armes.

L’ambition de désarmement des groupes armés ne s’est pas concrétisée. Des foyers de violences sont toujours actifs, des hommes en armes sillonnent toujours le pays. L’insécurité demeure le quotidien des habitants de certains quartiers de Bangui, la capitale, et de certaines provinces où les groupes rivaux s’affrontent et les bandes criminelles sévissent. Les premières victimes de ces violences ont toujours été et sont encore les civils, des populations et communautés agressées qui vivent dans la crainte.
La situation humanitaire demeure alarmante, 2.5 millions de personnes ont besoin d’assistance.

L’insécurité alimentaire, la sous-nutrition ainsi que les conditions d’accès à l’eau demeurent une préoccupation première. Près de 30 % de la population du pays est actuellement en insécurité alimentaire sévère ou modérée, soit environ 1.4 million de personnes. Les personnes victimes ou témoins de violences souffrent également de grands stress et de chocs psychologiques qui demandent une prise en charge spécifique.

Dans ce contexte, l’accès aux populations et la délivrance de l’aide sont un défi grandissant. L’action des acteurs humanitaires est de plus en plus fréquemment entravée par des groupes armés, qui intimident, menacent et rackettent les populations et les travailleurs humanitaires qui leur viennent en aide.

L’insécurité accrue des travailleurs humanitaires est également le fruit d’une confusion des rôles entre militaires et humanitaires. Action contre la Faim déploie des programmes d’urgence humanitaire sur différentes zones en RCA, dont Bangui, Bossangoa et Sibut.

L’ONG rappelle que la mission et le mandat auxquels elle souscrit sont ancrés dans un socle de neutralité, d’impartialité et d’indépendance de toute partie à la crise.

Elle intervient et porte assistance dans le cadre de son expertise à toutes les populations vulnérables après une évaluation des besoins concrets, sans distinction de genre ou d’appartenance réelle ou supposée à une communauté quelle qu’elle soit.

L’instabilité que traverse la RCA depuis 1 an a également jeté sur la route des centaines de milliers de personnes. On compte aujourd’hui 430 000 déplacés internes et 420 000 réfugiés dans les pays limitrophes.

Plus de 250 000 réfugiés ont ainsi traversé la frontière vers le Cameroun depuis mars 2014.

Action contre la Faim a ouvert une nouvelle mission au Cameroun dès juillet 2014, en réponse à l’afflux de réfugiés fuyant les violences et l’instabilité en Centrafrique.

Les équipes de l’ONG portent assistance aux populations déplacées et traumatisées, mais aussi aux populations hôtes qui sont impactées par l’arrivée en catastrophe de milliers de familles. La pression s’accroit sur les ressources disponibles ainsi que sur les points d’eau. Les conditions d’hygiène des territoires d’accueil appellent une réponse concertée autour des questions d’accès à l’eau et à l’assainissement quand des premiers cas de choléra ont déjà été répertoriés dans l’est du pays.

 


© helloasso.com
Le long de la frontière Cameroun/RCA, Action contre la Faim met en place des programmes fixes et mobiles dans le cadre d’une réponse d’urgence en nutrition, santé mentale et pratique de soins ainsi qu’en eau, hygiène et assainissement. Ces actions permettent de réduire certaines difficultés et participent à apaiser les tensions qui pourraient naître entre réfugiés et villageois.

Les besoins humanitaires urgents des populations réfugiées ne doivent pas affecter le premier élan d’accueil des populations hôtes au risque de voir éclater des violences autour des questions de survie des uns et des autres. La question du retour des centrafricains dans leurs foyers ne pourra être envisagée sans des garanties tangibles et pérennes de leur sécurité en RCA.
 
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