DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

Sassou–Gaye–Kombot Yaya: répondez-moi !

Par Clément De Boutet-M'bamba - 20/11/2014

Par Clément De Boutet-M'bamba

 

Le ministère Français des Affaires Étrangères me dit : « Mr, la zone en question est classée ROUGE c'est à dire formellement déconseillée. »
Le ministère Roumain des Affaires Étrangères me dit : « En dehors de Bangui, la mission consulaire ne peut rien faire pour vous en cas de souci »

Alors je promène mon regard à l'horizon, scrutant le ciel dans l'espoir d'apercevoir un signe pour m'orienter dans les choix à faire. Que nenni. J'ai attendu en vain, alors j'ai pris ma plume(disant mon clavier) pour écrire.

Oui, je le sais, vous êtes impatients. Je vais vous dire c'est quoi le problème.

Mon grand-père Ambroise MBAMBA vient de Zigo à quelques kilomètres de LIMASSA(Cité 1). Nous sommes-là dans la préfecture de la Basse-Kotto au Sud du Centrafrique le long de l'Oubangui en face de la République Démocratique du Congo.

De Zigo, il a émigré vers l'Ouest et avec ses frères, cousins et épouses, fondèrent le village BADA dépendant de Satema (Cité 2). Puis au début des années 60, domptant le fleuve, il arrima sa pirogue sur l'île des singes dans le 2ème arrondissement de Bangui pour ne plus le quitter. Au nord-Est de Satema ou au Nord-Ouest de Limassa donc au nord de ZIGO(mon village paternel), il y a la ville de Kembé(Cité 3) où vécurent et vivent encore des membres de ma famille. A l'ouest de Kembé, il y a Alindao (Cité 4), ville où mon grand-père maternel servit comme Moniteur Agricole, son dernier poste avant d'aller à la retraite au début des années 80. Au Nord de cette ville et dans la préfecture voisine de la Ouaka, il y a la ville de Bambari(Cité 5), 1ère agglomération de l'intérieur de la RCA que j'ai eu l'opportunité de connaître et d'y vivre quelques mois. C'est là bas que j'ai appris à parler sango et quelques mots en banda. C'était au début des années 80. 225 km au sud de Bambari, de retour dans la préfecture de la Basse Kotto, il y a Mobaye(chef lieu de préfecture, cité 6) sans aucun doute l'un des plus beaux sites habités de Centrafrique où mon père, certains de ses frères et cousins étudièrent et où résident encore des membres de ma famille. Loin de la Basse Kotto et de la Ouaka, à l'ouest, à 225 Km de Bangui, il y a Yaloké (Cité 7) dans la prefecture de l'Ombella Mpoko, ville où j'ai passé deux très belles années comme interne au séminaire évangélique au début des années 90 et où une partie de mon cœur réside toujours.

 


© hellopro.fr
Vous l'aurez compris, je l'espère. Mon problème est lié avec ces sept cités : LIMASSA – SATEMA – KEMBE – ALINDAO – BAMBARI – MOBAYE – YALOKE.

Il paraît (je dis bien il paraît) que dans six mois, il y aura un référendum constitutionnel en Centrafrique et dans sept mois des élections présidentielles, législatives et municipales(ça c'est mon rêve) et avant cela le recensement électoral et avant lui encore, l'épineux de l'identité centrafricaine.

Alors je me réveille ce matin du 19 novembre 2014 avec la ferme résolution d'être candidat aux municipales dans l'une de ces 7 cités. Oui, je veux être conseiller municipal. Un tour sur le site du ministère Français des Affaires Étrangères et à la rubrique « conseils aux voyageurs », je me rends compte que la France qui dispose de plus de 2000 soldats en Centrafrique, déconseille [FORMELLEMENT] à ses ressortissants de se rendre dans 12/16 préfectures de la RCA. Malheureusement pour moi, la Basse-Kotto et la Ouaka font partie des douze. Ça, c'est pour la France.

En cas de souci, les ressortissants Roumains à Bangui peuvent compter sur la protection de l'ambassade de France. Donc les recommandations françaises pour ses ressortissants valent aussi pour les Roumains de Centrafrique. Échec et mat sur les deux tableaux.
Côté centrafricain, je ne me rappelle plus la dernière fois où un ministre est arrivé à Mobaye, Alindao ou Rafaï.
Sur les 7 cités en vue, seule Yaloké échappe à la fatwa intégrale... « elle est déconseillée sauf raison impérative ».

Selon le ministère français des Affaires Étrangères, la RCA est divisée en deux zones :
1. Zone A : FORMELLEMENT DECONSEILLEE ( Kemo- Ouaka – Basse Kotto – Haute Kotto – Mbomou – Haut Mbomou – Vakaga – Bamingui Bangoran – Nana Grebizi – Ouham – Ouham Pendé – Nana Mambéré) soit 84% du territoire national et 60% de la population nationale ;
2. ZONE B : DECONSEILLEE SAUF RAISON IMPERATIVE ( Ombella Mpoko – Lobaye – Mambéré Kadeï – Sangha Mbaéré) soit 15,98% du territoire national et 20% de la population nationale.
À ces deux zones officielles, j'ajoute une 3ème :
3. ZONE C : Bangui – Bimbo – Begoua soit 0,02% du territoire national et 20% de la population nationale.

Alors ma question s'adresse à Messieurs Sassou, Gaye , Kombot Yaya et accessoirement à Hollande, Ban Ki Moon et Mme Dlamini Zuma :
Faisant partie de ces 60% de Centrafricains résident ou originaire des 84% du territoire national classé en zone rouge et formellement déconseillé, qu'avez-vous prévu pour que je puisse d'abord disposer de justificatifs d'identité, ensuite m'inscrire sur les listes électorales et enfin faire campagne pour ou contre la constitution en mai 2015 et voter en juin pour mon Conseiller Municipal, mon Député et mon Président ? Je vous préviens, je veux des réponses claires, pas de circonvolutions.

Pour ma part, je m'autorise à votre endroit ainsi qu'à ceux qui croient que les urnes constituent dans la situation où se trouve notre pays, l'unique solution de sortie de crise, cette réflexion : le préalable à toutes les opérations électorales même au rabais est la REUNIFICATION TERRITORIALE DU PAYS et rien d'autre. Toute autre solution ne constituerait qu'une fuite en avant et serait la démonstration manifeste de la non compréhension de ce qu'est la crise centrafricaine.

Et si cela devrait passer par une guerre totale ou par une transition de cinq ans, je me permets de croire que nous ne pouvons en faire l'économie. Que constituent 1, 2, 3 ou 5 ans dans la vie d'un pays ? Pour ne pas avoir su ou voulu le faire, la Somalie végète dans le chaos depuis 1989. Voulons-nous aussi une crise de 25 ans dans l'ex Oubangui-Chari ?
Ma réponse est NON et entre la légalité constitutionnelle et la paix, j'ai fait le choix de la seconde option.
 
MOTS CLES :

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

A savoir

  • Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journaldebangui.com
  • Journaldebangui.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués