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La Centrafrique dans l’œil du cyclone de la mauvaise gouvernance

Par Jean-Gualbert Togba - 13/10/2014

(…) et de la médiocrité politique, terrain favoris des groupes armés

 

Le bulletin météorologique politique nationale de la Centrafrique en quelques mots fait mention d’une perturbation cyclique jamais atteinte: La Centrafrique souffle le chaud et le froid formant un front de combat entre les groupes armés institutionnalisés, entre eux d’une part et entre les forces internationales et les groupes armés laissant présager une future nuageuse, créant au passage une dépression de la population qui sont pris dans les tirs croisés. La Centrafrique est Située dans une zone de turbulence à très forte intensité. Il s’élève un vent de colère à plus de 190 km/h qui se rapproche de plus en plus du centre névralgique du pouvoir décisionnaire. Il est déconseillé fortement aux habitants de moins de 70 kilos (les Sèpèlè sociaux) de mettre le bout de leurs nez dehors, au risque d’être emportés à N’dress (le cimetière communautaire). Toute la partie Nord/Est et du centre sont situées sur une plaque politiquement instable d’occupation, le Sud quant à lui bénéficie d’une relative accalmie tandis que l’Ouest est atteinte et fortement secouée, risque de disparaître dans un glissement de chaos politique et d’engloutissement par les prédateurs.

 


© journaldebangui.com
Jean-Gualbert Togba
Voilà là où se trouve la Centrafrique. Un pilotage à vue qui a atteint ses limites et ça déborde. C’est un trop plein qu’il faut prendre le temps de vider pour éviter l’inondation. Un déluge qui n’épargnera personne. Même les N’Gbobito sociaux (les poids lourds sociaux) y passeront.

La Centrafrique, un pays qui se détruit pour ne pas dire se construit sur des erreurs politiques sans pour autant avoir la sagesse de faire un bilan constructif de la période post-coloniale. Jusqu’aujourd’hui, Elle n’a pas tiré les conséquences de son inconsistance politique, une disposition transmissible à titre gratuit dont les dirigeants successifs semblent aimer cultiver la jouissance des pratiques d’une gestion étatique hors norme.

De même que le sanglant coup d’Etat idiot de Ndjotodia, à la tête d’une coalition hétéroclite composée des hommes sans scrupule à la gâchette facile, lâchés comme des bêtes affamées dans un poulailler, ont mis tout le pays à coupes réglées ayant pour conséquence la haine, la vengeance, le désespoir et la désolation. Une situation chaotique qui laissera pour longtemps de profonds stigmates, dans une société fragilisée par la pauvreté et en perte d’identité culturelle. La légèreté des solutions dans le traitement de cette crise laisse craindre une proche future assez lugubre et sombre.

Ce fameux coup d’Etat de la honte est le point culminant d’un trop plein de mauvaises gouvernances, d’une mauvaise pratique politique successive et qui est devenue une normalité qui se calque d’un pouvoir à un autre. Ce qui devait être l’exception devint la principale et de fil à aiguille, l’esprit de la gestion de la chose publique est fortement corrompue et entachée d’immoralité à la tête de l’Etat.

De la même manière, au jour d’aujourd’hui, la Centrafrique, pays de compromission avec les groupes armés est entrain de payer la mauvaise gestion politique irresponsable pourtant bien décriée. On n’a pas trouvé mieux que de continuer dans la même voie. C’est scandaleux ! Le pays se trouve dans un cul de sac pris dans sa propre ambigüité à travers la gestion despotique du pouvoir et de l’autorité.

ne cesserais jamais de dénoncer cette pratique mafieuse. Nous ne cesserons jamais de crier très haut à qui veut l’entendre que la compromission avec les groupes politico-militaires est l’une des causes principales de la descente dans l’abîme de la Centrafrique et ne sera jamais la solution d’une sortie de crise. Les praticiens de cette méthodes doivent être jugés et subir les même traitements que leurs auteurs. C’est un crime contre l’Etat et ses institutions. Discuter, signer des accords, octroyer des avantages en nature revient à institutionnaliser cette mafieuse pratique politique qui met tout le monde devant cette énorme responsabilité.

A l’heure où les djihadistes sont traqués en Irak, en Syrie, au Pakistan, en Libye, au Nigeria et j’en passe, le peuple centrafricain dans son ensemble demande juste à la communauté internationale un traitement équitable et une considération pour la même cause. Comme dirait l’ancien Président centrafricain l’Empereur Jean-Bedel Bokassa, « nous ne demandons pas un voyage sur la lune … mais juste notre place sur cette terre».

Quant à la classe politique centrafricaine, sa responsabilité est double. Elle doit reconquérir son espace de travail et se donner les moyens de trouver des parades à ce manquement. Au cas où la rupture conventionnelle avec la Présidente de la transition venait à se produire, le ou la prochain(e) Homme/ Femme qui conduira la transition doit être issu(e) de la classe politique et je donnerai les raisons principales dans la prochaine rubrique.

 

 
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