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Centrafrique: un lapsus révélateur?

Par Koulayom-Masseyo David - 10/10/2014

«Troublé, tourmenté et peut-être peu habitué à faire ce genre d’écritures comptables, le directeur de cabinet de la présidence s’est emmêlé par deux fois»

 

Il est admis que «ce qui est clair s’énonce clairement». Or les explications, les démentis, les dénégations des membres du gouvernement sonnent creux et faux, les tableaux aux intitulés fantaisistes et farfelus pour justifier l’injustifiable donnent l’impression d’un travail bâclé au coin d’une table par des amateurs. Mais à y regarder de près, le tableau du chef de cabinet de la Présidente de Transition révèle en filigrane un lapsus calami que les psychologues interprètent comme un acte manqué tout comme le lapsus linguae. Quels messages nous envoie le directeur de cabinet?

 

1. Lapsus calami (scriptural)
Troublé, tourmenté et peut-être peu habitué à faire ce genre d’écritures comptables, le directeur de cabinet s’est emmêlé par deux fois. D’abord en doublant le mot Dignité en lieu et place de Travail de la devise nationale centrafricaine. Laisse-t-il entendre par là que le travail en Centrafrique n’existe plus que pour quelques privilégiés ? En a-t-il assez de son propre travail ? Ou le travail qu’on lui demande de faire le répugne …L’escamotage n’est pas fortuit. Le mot Trafics à la place de Travail aurait été plus vrai …et plus désopilant.

Le second lapsus concerne la manipulation des dates pour qu’elles collent à certaines réalités que l’on cherche manifestement à occulter. Ces dates alambiquées, ces gymnastiques et contorsions masquent mal une réalité brutale : on veut cacher au peuple centrafricain un don fait en son nom. Alors quels sont les messages subliminaux du tableau de Monsieur le directeur de cabinet ?

On a l’impression dans un premier temps que c’est le travail normal d’un brave Centrafricain, passablement dépassé par les enjeux et qui commet faute sur faute dans l’écriture de son pensum. Il devait d’ailleurs être persuadé que son travail n’allait pas être publié et connaître une telle publicité. En quoi, il est bien naïf.

Dans un second temps, on peut penser que le Professeur Mabingui sait parfaitement ce qu’il fait et qu’en faisant ces fautes grossières dans un document de cette importance, il prend à témoin ses futurs lecteurs pour leur susurrer dans les oreilles: «lisez bien ce tableau entre les lignes et vous verrez qu’il ne me ressemble pas» . On vous a tordu le bras Monsieur Mabingui pour pondre ce tableau indigne de vous? Pourquoi n’avez-vous pas refusé et posé votre démission dans la balance pour refiler le travail au ministère des Finances rompu à ce genre d’exercice avec ses services techniques ? Le fait est qu’en acceptant docilement de faire ce travail qui n’est pas de votre compétence, vous sacrifiez votre probité morale et intellectuelle pour sauvegarder votre poste. Comment se regarder après cela dans un miroir ? Question de conscience personnelle.

2. Les actes de la Transition
La vertu s’acquiert .Tout gouvernement gouverne et ment comme son nom l’indique. Mais en dix mois d’existence, le gouvernement de la Transition ment plus qu’il ne gouverne et cela se voit de plus en plus dans un pays meurtri comme la Centrafrique. On dirait qu’il fait tout pour mettre le peuple centrafricain en colère. Dans le désordre :
- son népotisme est avéré,
- il s’oppose à la justice quand un Procureur délivre un mandat,
- il fait des dépenses somptuaires comme pendant son séjour de deux semaines aux Etats-Unis avec une forte délégation (18/30 personnes ont obtenu leurs visas ) tandis que les fonctionnaires et les étudiants ne sont pas payés,
- il ne se déplace jamais en province pour consoler ceux qui souffrent, encourager ceux qui veulent déposer les armes, bref aucune initiative politique allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des Centrafricains en vue de préparer les échéances futures. Comme on dit sur les bords de l’Oubangui «cela prouve à suffisance» sa volonté de durer sans rien faire de positif . Cf Roland Marchal: «Ce gouvernement n’est pas innovateur».
- enfin, ce sordide détournement du don angolais qui a suscité cette réaction à la Giscard de la Présidente de la Transition: « J’ai pour principe de laisser les choses mourir de leur propre poison» .

Cette référence à Valéry Giscard D’Estaing est inappropriée car ce dernier démentait ainsi avoir reçu des diamants de son «cher parent» Bokassa. Et il ajoutait le qualificatif «méprisant]» à son démenti. Tout le monde sait ce que les diamants de Bokassa ont coûté à VGE en 1981. Dans certaines circonstances, le silence est d’or.

Que conclure face aux micmacs incongrus du gouvernement de Transition
? Que la balle est dans le camp du peuple centrafricain. Il faut aller résolument aux élections générales en 2015 pour redonner espoir au pays dans son ensemble. A tout prendre, il vaut mieux pour la RCA des femmes et des hommes mal élus que ce gouvernement autiste qui fait fi de leurs espérances sans avoir l’onction du suffrage universel. L’espoir doit être le dernier à mourir. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il reste peu de temps, que l’Etat Civil a disparu ...

Le compatriote Kossa l’a déjà suggéré: même des élections limitées à Bangui seraient plus crédibles que la situation actuelle ! La Minusca est capable de sécuriser le pays pendant le scrutin. D’ici là, il faut tâcher de faire rentrer les déplacés. Des moyens modernes existent pour faire participer tout le monde s’il y a une volonté politique derrière. Les Américains ont le système des grands électeurs, aux Centrafricains d’inventer un système électoral de temps de guerre qui ne laisse personne au bord de la route. C’est aussi en cela qu’on reconnaît un peuple debout qui se bat pour ses droits. L’Afrique du Sud a eu son Mandela. Qui sera le Mandela de la RCA ? Chaque peuple a son propre génie : il ne s’agit pas de copier un modèle, aussi intéressant soit-il !

Koulayom-Masseyo David
Forum de Reims, 7 Octobre 2014.

 

 
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2 COMMENTAIRES

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Courage Centrafricains !

Par Batouala

11/10/2014 12:08

J'aime l'analyse de ce compatriote. J'adhère à chacune de ses idées de bout en bout. Oui, la balle est dans le camp du peuple centrafricain. Il nous faut des dirigeants légitimes. Même à 30% je prends plutôt que ce machin de Transition bon à rien, incompétent et irresponsable. J'entends partout dans mon entourage que "zo a yèkè da pèpè". Certainement que nous sommes encore marqués par la non assistance en personne en danger de nos politicards brouisseurs et lâches. C'est maintenant qu'il faut croire car "la foi est une démonstration des choses qu'on ne voit pas". Tenons bon.

I do tèrè ti e a pè

Par Zi Ngoussou

09/10/2015 07:36

Je crois qu'il serait maladroit et suicidaire d’aller aux élections en ce moment, car ce serait accepter de tomber dans le piège de ceux qui ont organisé scientifiquement ce chaos actuel!
Cessons de nous comporter comme des brebis, et essayons de chercher à metre fin à cette pédérastie intellectuelle qui nous tuent sur les trois sphères de l’existence!
“Chaque peuple a son propre génie : il ne s’agit pas de copier un modèle, aussi intéressant soit-il !” Voilà la phrase qui devrait être notre source d’inspiration, de méditation…

Forgeons d’abord nos propres philosophies, nos théories économiques, politiques, nos sciences de l’organisation sociales…, en prenons soins de nous déshabillés justes un instant des diplômes, qui sont trop souvent les fruits d'une formatation mentale totalement déconnectée de nos réalités, en plus enseignés dans ds langues qui n’ont, ne sont, et ne serons jamais une valeur ajoutéè de nos connaissance, ni les vecteurs d’une indépendance mentales ou spirituelle de l’homme Africain!

Dit-on que le feu Moïse avait rédigé ou reçut dix règles élémentaires pour remettre en route les israélites, pour le présidentiel il suffira juste un/j de la semaine, 7 pour les Centrafricains.

Première règle:
-le candidat ou le président en exercice ne doit pas appartenir à une confrérie secrète extra africaine (Rose croix, franc-maçonnerie,...)
Redigeons d’abord les limites de ce métier pour ne pas en souffrir encore demain et des demain encore et encore...

Zi Ngoussou

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