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Centrafrique: La Désillusion des leaders politiques

Par Thomas Gbinan, leconfident.net - 27/01/2011

L’analyse des deux entités (majorité présidentielle et opposition) présente des mécontentements et refroidissements ou démotivations

 

L’article 2 de l’ordonnance n°05.007 relatif aux partis politiques et au statut de l’opposition en République Centrafricaine précise que «les partis ou groupements politiques sont des associations à but non lucratif dotées de la personnalité juridique et regroupant leurs membres autour d’un projet de Société démocratique et citoyenne en vue de la conquête et de l’exercice du pouvoir.» Cette disposition de l’ordonnance n° 05.007 met en exergue les concepts d’un projet de société et la conquête et l’exercice du pouvoir. En effet, depuis le début de la seconde expérience démocratique en Centrafrique (1991) jusqu’à ce jour, on compte plus de cinquante partis et associations politiques. Sur cet effectif, plus de trente partis et associations politiques ont signé un accord politique avec le KNK qui est au pouvoir en vue de soutenir la candidature de son fondateur qui est le Général-Président François Bozizé à la présidentielle de 2011.

En face de la majorité présidentielle, il y a le Collectif des Forces du Changement (CFC) qui est un regroupement des partis et associations politiques de l’opposition, notamment l’ADP, l’ASD, l’Association Londô, le MLPC, le FC, la CRPS, le RDC et le Patrie. En outre, depuis le lancement du processus électoral jusqu’à la période de la campagne électorale, l’analyse des deux entités (majorité présidentielle et opposition) présente des mécontentements et refroidissements ou démotivations.

 


© ww.sangonet.com
Au sein de la Majorité Présidentielle
Durant son premier mandat, le Président Bozizé qui a été soutenu et conduit au pouvoir par plusieurs partis politiques s’est vite rendu compte que ses alliés étaient trop exigeants et faisaient beaucoup de chantages. Afin d’avoir les coudées franches, il a décidé de créer son parti après avoir tenté sans succès de fragiliser le MLPC et de tisser des alliances avec certaines formations de l’opposition ayant une bonne place sur l’échiquier politique. D’ailleurs, le Secrétaire Général du KNK, M. Elie Ouéifio, n’est pas passé par quatre chemins pour préciser à ses alliés que la priorité est accordée au parti au pouvoir et à ses candidats aux législatives. Malgré cette clarification, une partie des formations politiques de la majorité présidentielle n’a pas mobilisé des ressources matérielles, logistiques et financières pour préparer d’une manière conséquente les législatives.

Ces alliés du leader de la majorité présidentielle, partisans de la facilité, pensaient à tort que le fondateur du KNK allait prendre entièrement en charge les frais de campagne de leurs candidats aux législatives. Trois à quatre jours avant l’ouverture de la campagne, les leaders passaient leur journée au siège du KNK. Par contre, ceux qui ont compris qu’il fallait compter sur eux-mêmes, ont mis en route leurs candidats. Après la répartition des fonds de campagne, les alliés du Général –Président, qui fondaient leur espoir sur sa subvention ont été désagréablement surpris. Cette désillusion les poussera à comprendre définitivement que le partenariat politique, ou mieux le partenariat tout court, suppose que la partie demanderesse présente ses ressources pour convaincre le donateur à voler à son secours.

Du côté de l’opposition
La signature d’un accord politique a accusé un retard à cause des querelles de leadership. Au lieu de la stratégie de candidature unique, les opposants ont opté pour la dynamique unitaire qui s’exécutera au second tour. Par ailleurs, selon des sources proches de l’opposition, les querelles de leadership proviennent du fait que certains opposants ont pensé, à tort, que le fait d’appartenir à l’UFVN ou au CFC était un critère objectif pour revenir comme candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2011. La représentation du parti à travers la République Centrafricaine au parlement et le degré de popularité etc., sont écartés. D’autres opposants sont partagés entre la poursuite de la lutte au sein de l’Opposition pour réaliser l’alternance au pouvoir et la tentation d’accéder au bord de la mangeoire par des raccourcis.

 

 
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