DéBATS & OPINIONS  |     KIOSQUE  |    

Centrafrique: la guerre, les accords, la transition et ensuite?

Par Olivier Boby - 16/09/2014

Nul ne peut nier que la République Centrafricaine s’immerge de l’abîme au vu de la situation socio-politico-militaire de ces deux dernières années

 

Dieu a-t-il quitté la République Centrafricaine ? Telle est la question que moi petit-fils d’un pasteur de l’Eglise Evangélique des Frères, me pose depuis un certain temps. Et la réponse est toujours non, pas encore, mais, peut être… Nul ne peut nier que la République Centrafricaine s’immerge de l’abîme au vu de la situation socio-politico-militaire de ces deux dernières années.Ce grand pays de 623 000 Km² avec une densité faible et une potentialité minière et économique énorme, s’étiole d’année en année pour se muer en un ersatz d’état dont la possibilité de le gouverner semble être une mission difficile voire même impossible.

 


© journaldebangui.com
Olivier Boby
Les récits du passé de ce beau pays d’Afrique centrale sont jalonnés de tumulte, des rendez-vous et des actes manqués avec l’histoire. Mis à part B. Boganda qui est décédé (très tôt), et le mégalomaniaque Bokassa 1er, ce pays n’a pas connu un leader charismatique et idéologue, auquel le centrafricain peut se prétendre de ses idéaux. Les Centrafricains n’ont cessé d’avoir maille avec des hommes politiques godillots, qui ne font jamais les choses comme il se doit pour tirer le pays vers le haut, et affaiblissent le socle social et sociétal, fondamental à l’existence d’un état –nation que doit être la République Centrafricaine.

Les sempiternelles contestations et conflits armés endémiques qui deviennent, mais inique en Centrafrique un pays laïc, une guerre de religion, entraine son corolaire de la haine de l’autre, ainsi que la détestation du prochain, et prouves à merveille que l’état est atteint dans son existence même, qui est caractérisé par le vivre ensemble, l’amour du prochain et la tolérance. Il n’existe à ma connaissance dans ce monde aucun pays, mono-culturel, monolâtre, intolérant de la culture et de la religion de l’autre. Or c’est ce que tente de nous vendre ceux qui s’activent derrière ce qui se passe en Centrafrique. Ceux qui s’activent et soutiennent ces agissements au gré de leurs intérêts, doivent savoir qu’ils sont aussi responsable du délitement de l’état Centrafricain de nos jours.

Ces agissements sont autant de maladies opportunistes qui se développent sur le grands corps malade en agonie qui est cette République, et qui s’exprime par l’idée de le scinder en deux états. Cette idée que beaucoup croient saugrenue et irréalisable pourra nous surprendre ou nos petits-enfants un jour, si nous ne prenons pas garde et le laissant germés dans la tête des fils et petits-fils de nos shebabs en cartons qui utilisent la religion comme un moyen d’instrumentalisation d’une certaine tranche de la population, et la scission comme un argument de pression pour peser sur la scène nationale, continuer leurs trafics en tous genres dans l’impunité totale et le népotisme, en profitant du vide étatique créé par des hommes politiques superfétatoires et perfides. Par la même occasion, en pervertissant le précepte divin qui nous enseigne l’amour du prochain, tout en souhaitant le pourrissement de la situation pour masquer leurs incapacités et inaptitudes intellectuelles à gouverner un état et à préserver une cohésion nationale.

Le choix de porter Madame SAMBA-PANZA à la tête de la transition que j’avais appelé de tous mes vœux et qui devait ébavurer le calamiteux passage de la SELEKA à la tête du pays, n’a cessé de m’ébouriffer par certaines prises de décisions voir même de positions tendancieuses, mais qui s’excuse par ce que, je qualifierais d’erreurs de parcours. Comme mon grand-père l’a dit à mon père, qui me l’a dit avant sa mort : « A l’école d’apprentissage, l’erreur enseigne mieux que l’instructeur ou les conseils de l’ancien ». Entendez par là, qu’on apprend mieux de nos erreurs.

Mais ce n’est pas pour autant que je dirais qu’elle a démérité, car aujourd’hui tous les hommes politiques, les partis politiques, les collectifs politiques, les machins politiques qui donnent du tournis au peuple centrafricain, n’ont pas encore donné une clarté ou une lisibilité sur le système de gouvernance qu’ils appliqueront une fois au pouvoir pour redorer le blason de la République centrafricaine et l’aidé à retrouver sa place au sein du concert des nations. Ce qui pousse certaines personnalités étrangères et même des diplomates en poste à Bangui à croire que ce pays est dépourvu des hommes capables pour conduire sa destinée. La préoccupation de ceux qui caressent le rêve de diriger le pays demain se résume à l’organisation des élections, que de travailler au retour d’une cohésion et d’une concorde nationale. Or avant de penser aux élections, il faut se rendre à l’évidence et se dire que tous les voyants du pays sont au rouge ; les voyants économique, financière, politique, militaire, social et sociétal… sont au rouge, donc la solution des élections doivent être manié avec beaucoup de dextérité pour ne pas que cela se transforme en boite de pandore.

Comme avait écrit Nicolas Machiavel : « Les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats». La déconfiture de l’état centrafricain n’est pas seulement le panache de Bozizé et Ndjotodia, mais elle résulte de toutes les politiques qui ont été mené depuis près de quarante ans. Et dont ceux qui lorgnent le fauteuil présidentiel aujourd’hui en son comptable. L’éradiqué ne peux se faire qu’au prix d’un effort collectif et d’un changement réel dans la manière de faire de la politique et de gouverner.

Les centrafricains croient tous que comme la colombe, la République Centrafricaine renaîtra de ses cendres, comme le Rwanda, elle sera un pays en voie de développement, que si chacun prend conscience du rôle qui est le sien, et se faire à l’idée que ce qui les rassemble est plus important que ce qui les divise. Et que c’est maintenant qu’il faut contribuer et soutenir l’exécutif à jeter la base d’une nouvelle république unifiée à bâtir. Même si certains comme moi ne comprennes pas trop ou n’ayant pas la clairvoyance sur les actions que mènent la présidence de la transition, faute de communication.

Et j’en veux pour preuve la motivation qui a guidé le choix de M. KAMOUN au détriment de M. MECKASSOUA qui avec DOLOGUELE, NGUEREKATA, DOUBANE etc. font partis des meilleurs d’entre nous, et des compétences que le pays a besoin dans cette tempête qui fait tanguer le bateau Centrafrique. Mais pouvions – nous bloquer notre jugement à la lumière d’un seul imper ?

Nous ne pouvons ménager aucun effort pour apporter notre pierre à l’édification d’un état-nation, solidaire, unifié, paisible et prospère pour le bien vivre de notre génération et la génération future, pour cela faisant de 2014, l’an zéro d’une République Centrafricaine à rebâtir. N’ayant pas peur des mots, la République Centrafricaine est à reconstruire, car aussi longtemps qu’après chaque crise, les rencontres s’organisent juste dans l’optique de rafistoler les morceaux de ce qui a été cassé, la RCA sombrera un jour, et c’est une certitude mathématique.

Il est temps de revenir à un débat de fonds, que de personnes, d’ethnies, de régions ou de religions. Des rencontres la RCA en a eu, ainsi que des accords, depuis ces dernières décennies, des accords de Bangui hier, aux accords de Brazzaville aujourd’hui en passant par ceux de Libreville et de Ndjamena, les centrafricains n’ont qu’un seul résultat, qui est le délitement de l’état, et qui contraste aux percées hégémoniques des pays voisins. Il est temps de tirer les conséquences et amendé l’organisation de ces foras pour permettre aux vrais acteurs de dire leur ressenti, à la justice de faire son travail, et que règne une impression de catharsis.

Je persiste à croire que cette transition sera une réussite, mais il est plus qu’urgent pour le couple de l’exécutif de rétablir un climat de confiance en Centrafrique et de créer les conditions d’un sursaut chauvin contre la tentation tribale, clanique et religieuse.

 

 
MOTS CLES :

1 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

Une pensée pour les compatriotes démunis!

Par B. G. St Amour

18/09/2014 20:28

Mon cher Boby,
j'avais voulu vous lire, mais je suis un peu gêné par votre accoutrement!
A quel jeu jouez-vous? Tentatives de séduction de Catherine Samba Panza?

En tout cas, gardez votre tenue pour le jour de votre mariage.

Nous sommes nombreux à subir les affres de la crise. Beaucoup de compatriotes de la diaspora ont manifesté leur compassion à ceux de leurs frères restés au pays et je leur en suis très reconnaissant.

Quant à vous, revenez plus tard quand quand vous cesserez de considérer les gens qui ont tout perdu et qui glanent des guenilles pour se mettre sur la peau!

Ou alors, pendant que j'y pense, vous vous êtes trompé de tribune, le jury pour le défilé de mode auquel vous devez participer n'est pas encore mis en place, du moins, en centrafrique.

je vous relirai quand vous descendrez de vos nuages!

B.G. St Amour

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

A savoir

  • Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journaldebangui.com
  • Journaldebangui.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués