INTERVIEW  |    

Professeur Magloire Ondoa: «La Centrafrique est un pays en reconstruction»

Par Rémy Biniou, Intégrations - 25/01/2011

Il accompagne l’université de Bangui dans la mise en place de la faculté des sciences juridiques et politiques et du système LMD (Licence –Master–Doctorat)

 

Vous avez appris à connaître et à aimer ce pays. Qu’est-ce que vous en dites à ceux qui n’y sont jamais allés?
Effectivement je vais en Centrafrique en moyenne une fois tous les trois mois. Mon sentiment de ce pays est très positif. Il est positif parce qu’avant mon tout premier séjour en Centrafrique, de nombreuses voies s’étaient élevées pour me mettre en garde contre tous les dangers qui me guettaient en Centrafrique. Tous les médias faisaient état de troubles dans ce pays. Mais, à mon arrivée, j’ai été chaleureusement accueilli. J’ai visité un certain nombre de villes, en particulier Bangui. Et tout ce qui m’avait été dit ne s’était pas révélé exacte. La Centrafrique est actuellement en paix. Tout au moins dans ses grandes agglomérations les plus grandes, parce que selon ce qui me revient et ce que je peux constater, les troubles dont on parle sont désormais devenus sporadiques et ne se manifestent que dans l’arrière - pays. Ce qui fait qu’il est possible d’arriver en Centrafrique et d’y passer un séjour agréable. Les populations sont très sympathiques, les personnalités aussi. Mais ce qui me frappe et ce qui frappe d’ailleurs, c’est lorsqu’on entre en contact avec les cadres centrafricains. Ils sont tous très patriotiques, très attachés à leur pays et surtout, ils ont foi dans l’avenir. Ils sont conscients des nombreuses potentialités de leur pays. Et ils ont su que, dans un avenir très proche, la Centrafrique pourra décoller. Effectivement, les conditions de décollage de la Centrafrique sont en construction. Je peux dire que le souvenir des signes des troubles est visible lorsqu’on observe certains bâtiments qui affichent encore de nombreux impacts de balle. L’État se reconstruit, cela est également un signe évident. Il y a quelques années encore que les salaires des fonctionnaires n’étaient pas payés. Or de tous les témoignages que j’ai pu avoir aujourd’hui, les salaires sont régulièrement payés. L’État se remet en place. L’autorité de l’État rassure chaque jour davantage. Il faut aider la Centrafrique à poursuivre le chemin dans lequel elle s’est engagée.

 

vous êtes aussi sollicité pour la mise en place de l’unité doctorale à l’université de Bangui, quel commentaire?
Sur le plan de la mise en place des structures, il y a encore fort à faire et je crois que ça compte parmi les défis qui interpellent évidemment le prochain président. Dans le cadre de la coopération de l’université de Yaoundé II et de l’université de Bangui, j’accompagne l’université de Bangui dans la modernisation de ses enseignements. L’université de Bangui veut intégrer le système universitaire sous-régional, africain et mondial. C’est dans cet ordre de préoccupation qu’elle a engagé la réforme structurelle qui englobe le développement. Non seulement, il y a l’éclatement de l’actuelle faculté de droit des sciences économiques en deux facultés «science juridique et politique» et «science économique et gestion», mais également il y a la mise en place du système LMD. Je crois que de ce point de vue, malgré la modicité des moyens, la volonté politique est nettement visible dans l’effort qui tend à moderniser l’enseignement, parce que les pouvoirs publics ont compris que l’avenir de la Centrafrique se construira sur le fondement de son savoir- faire. Cela est incontestable. Et le constat est valable autant pour l’enseignement supérieur que pour l’enseignement secondaire et l’enseignement primaire. J’ai eu l’occasion, en ce qui concerne l’enseignement supérieur de visiter les principales structures de recherches. Évidemment, cela suppose que des moyens financiers et des besoins de la Centrafrique sur le plan de l’enseignement sont énormes. Il faut reconstruire le tissu économique qui s’est désagrégé pendant les périodes de troubles. Il faut un effort au plan des infrastructures. Il s’agit des infrastructures de transport, de communication, industrielles, etc. Évidemment, la Centrafrique demande de ce point de vue la collaboration de toute la communauté internationale et toutes les bonnes volontés. Cela est essentiel dans le cadre de la sous-région. Le Cameroun et tous les autres pays de la sous-région doivent venir en aide à la Centrafrique, autant sur le plan des ressources humaines que des ressources financières.

 

 
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