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Centrafrique: Samba Panza veut-elle ramener Djotodia dans le jeu politique?

Par journaldebangui.com - 29/08/2014

A sa demande, une mission gouvernementale est allée consulter le leader de l’ex-Séléka. Aussi, les autorités de la transition entendent-elles rencontrer prochainement François Bozizé.

 

Dépêché à Cotonou par la présidente Catherine Samba Panza pour apporter un message à son prédécesseur Michel Djotodia en exil au Bénin depuis le 10 janvier 2014, Clément Anicet Guiyama Massogo, conseiller à présidence centrafricaine, a eu avec Djotodia un tête-à-tête en plus d’une séance de travail, a-t-il fait savoir, à l’agence Anadolu. L’émissaire de Mme Samba Panza était porteur d’un message dont le contenu était simple d’après Guiyama Massogo «Madame la présidente (Catherine Samba Panza) n’a rien contre son prédécesseur, Michel Djotodia» et voudrait «l’impliquer davantage dans la gestion de la crise du pays», a-t-il affirmé. En réponse, Clément Anicet Guiyama Massogo, de retour de Cotonou a rapporté à la presse que «Djotodia est un ancien homme d’Etat, c’est un homme de dialogue. Il a toujours rêvé de la paix et de l’unité nationale pour son pays. Ce vœu, il l’a réaffirmé en réponse à la main tendue de la présidente Catherine Samba Panza» a ajouté Massogo, à Anadolu. Pourtant, l’ex Président Centrafricain n’était pas parti du pouvoir de son plein gré. Il s’était plié au diktat de ses homologues de la Ceeac dont Idriss Deby du Tchad. Son départ pensait-on, permettrait le retour de la paix. Mais, le pays est allé de mal en pis. «Les éléments incontrôlés» abandonnés en Centrafrique continuent leurs basses besognes (entre eux et sur les populations civiles)

 


© aa.com.tr
Mme Catherine Samba-Panza, présidente intérimaire de Centrafrique
La visite de Massogo au Benin dont l'annonce s'est faite en grande pompe sur la radio publique centrafricaine, intervient à un moment où la Coalition Séléka, dont Djotodia demeure le président, est plus que jamais divisée aussi bien au niveau de la Coordination politique qu’au niveau de l’état-major militaire. Elle intervient également après l’impasse politique sur laquelle a débouché la nomination de Mahamat Kamoun comme nouveau premier ministre centrafricain. Une nomination qu’aussi bien l’Etat-major de la Séléka que son bureau politique n’ont pas reconnu jugeant que ce poste devait revenir à un Séléka. Ils n’ont pas reconnu, non plus, le gouvernement de large ouverture qu’il a formé.

De l’avis de quelques analystes de la vie politique centrafricaine, cet échange de message entre Samba Panza et Michel Djotodia ouvre la voie à une nouvelle page dans l’histoire de la crise centrafricaine avec cette reconnaissance du nouveau premier ministre et de son gouvernement que l'émissaire "aurait arraché" à Cotonou. «Ce qui s’apparente aujourd’hui à une impasse politique n’est, en réalité, que l’incidence des dissensions internes de la Coalition Séléka que le président Djotodia regrette», a conclu Clément Anicet Guiyama Massogo, qui rapporte que «le président Djotodia n’est ni contre la nomination de M. Kamoun, ni contre son gouvernement. Et de préciser à titre personnel que «notre pays vient de sortir du Forum de Brazzaville marqué par la signature de l’accord de cessation des hostilités. Cette nouvelle voie doit se faire avec toutes les filles et tous les fils de Centrafrique, y compris (Michel)Djotodia» .

Cette première visite du genre à Cotonou pourrait faire tâche. En effet, M. Clément Anicet Guiyam-Masogo assure qu'il rencontrera bientôt le président déchu Bozizé car, ce déplacement d'une délégation gouvernementale au Bénin était «une première étape». Et selon le conseiller présidentiel «à côté de l'ex-Séléka, il y a aussi les anti-balaka à la tête desquels il y a le président Bozizé (...). Et donc dans les prochaines étapes auxquelles pense la présidente (Catherine Samba Panza), il y a ce contact direct» avec M. Bozizé qui «[i doit être impliqué dans le processus», a fait savoir M. Guiyama Masogo, touché par le récent réaménagement de l'équipe administrative (le gouvernement bis) de la présidence de la République. Il sera désormais chargé du dialogue politique et social et laisse le titre de porte-parole de la présidence à l'ex-ministre de la Communication et de la Réconciliation nationale Mme Antoinette Montaigne.

Pour rappel, Michel Djotodia reste sous le coup de sanctions américaines pour son rôle dans la grave crise que traverse le pays depuis 2013. Selon un décret signé par Barack Obama, l’entrée sur le sol américain et leurs avoirs aux Etats-Unis sont gelés. Le texte vise Michel Djotodia, François Bozizé, le coordinateur des milices anti-balaka Levy Yakété et deux dirigeants de l'ex-coalition rebelle Seleka, Nourredine Adam et Abdoulaye Miskine.

 

 
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2 COMMENTAIRES

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SAMBA PANZA dégage !

Par Batouala

29/08/2014 16:01

C'est ahurissant! Ce que vient de faire la "présidente en entendant" est tout simplement scandaleux, grotesque et ignoble. Voilà une initiative ubuesque. On se croirait dans une pièce de Molière. Elle fait l'éloge de l'impunité qui se trouve être le vrai mal centrafricain. On vient d'atteindre le sommet de l'absurdité. Si c'est pour insulter la mémoire des victimes des démons séléka, elle ne pouvait pas mieux s'y prendre. Elle dit qu'elle "n'a rien contre djotodia". Bien sûr puisqu'ils sont du même camp. djotodia fait partie du problème et non de la solution. Ce même djotodia qui prônait le chaos par cette déclaration célèbre traduit du sango "c'est quand on détruit tout qu'on peut reconstruire" (yé a bouba si a ga ndjoni) en soutenant les exactions de ses séléka chéries. Ce djotodia qui a toujours dit que séléka " n'a rien fait". Comme l'a dit Hollande "il n'a rien fait , voir laissé faire". En réalité, il a tout planifié, géré et couvert ce grand chaos dont il est le premier bénéficiaire. Le massacre des populations civiles c'est lui. La mise à sac du pays c'est lui. La destruction du tissu économique, social etc. c'est encore lui. Aujourd'hui MME SAMBA PANZA lui dresse des lauriers sur la tête. Pourquoi pas une statue ou une rue en son nom pendant qu'on y est. Autant confié les clés d'une banque à des brigands. Cette femme est contre les intérêts du peuple centrafricain. Pendant que j'y pense, qui l'a élu ? Cette femme est coupable d'incitations à la haine. Le message est clair maintenant que tu peux venir dans ce pays, foutre le bordel comme tu veux et personne ne va rien te faire. Même mieux, tu auras droit aux postes ministériels et autres avantages juteux. SAMBA PANZA dégage !

Sortir les morts du placard peut empoisonner la vie

Par jean M'balanga

31/08/2014 13:11



Un peu d'imagination Madame la Présidente. Les pensées qui gouvernent la sortie de crise en République Centrafricaine ne convoquent aucune défaite. Votre responsabilité dans l'histoire est grande.

Au nom de tous nos exilés de guerre, des morts innocents, d’une jeunesse SACRIFIÉE, des traumatismes qui hante nos villages ; nous demandons à ce gouvernement de transition de projeter un nouveau pacte social. Identifier et dialoguer avec les forces silencieuses dans tout le pays. C'est-à-dire 99% de la population.

Nous avons le sentiment que faute d’innover en matière des rapports sociaux, ce gouvernement est piégé par le modèle pavlovien. On le voix insensiblement glisser ; validant les thèmes les plus éculés comme la béatitude humaniste, la fraternité païenne.

IL FAUT PROTÉGER NOS POPULATIONS. Il est choquant d’entendre que les portefeuilles gouvernementaux se distribues, selon les bonnes volontés de Diotodjia, Bozizé, Nourredjin . Cependant les morts continues à joncher les rues. On fini par douter de vous Madame la Présidente.

L’Etat n’a rien avoir avec une vision « maternelle » de la société. Les délinquants ont pignons sur rue dans ce pays comment au bon vieux temps de la mafia. L’accent tarde à redorer les lustres d’un Etat de droit.

Que sera la prochaine Conférence nationale sans courage visionnaire ?

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