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Bangui Hommage à Pierre SAMMY MACKFOY 1935-2014

Par xx - 19/08/2014

Par Maxime-Faustin MBRINGA-TAKAMA Sultan de Bangassou

 

Il s’en est allé, définitivement. Hier, le 14 août 2014 à 16 heures 30 minutes, le béton s’est refermé, sur lui. A Dieu Papa. Il est désormais dans sa dernière demeure. Comme le pharaon, dans sa chambre illuminée, silencieuse, il a amorcé le rite de l’arrivée parmi les siens, les Mbassina , qui sont sûrement en train de lui délivrer sa lettre de mission pour lui permettre d’assurer son deuxième voyage spirituel, auprès de nous. En tant que Mbassina, il sera encore plus disponible pour nous accompagner et nous aider surtout à surpasser les contingences. Le corps péri se dilue dans la terre, mais l‘esprit, vivifiant, entretient l’âme et donne au vivant l‘assurance et la force pour se relever du désespoir.

 


© Diaspora Multimédia & Audiovisuel
A Bangui le 14 août
Papa SAMMY MACKFOY est vivant. Il le restera éternellement. Depuis l’annonce de son décès, il n’a pas manqué de nous le démontrer. Il nous l’a manifesté à plusieurs reprises, surtout, quand le protocole annonça le dernier voyage pour l‘ultime formalité de la séparation. Revenons au fil de ce que nous avons vécu, avec lui, aux derniers instants.
1. Le 31 juillet 2014, comme une massue, la nouvelle tomba. Pierre SAMMY MACKFOY n’est plus. La consternation et le désarroi s’emparent de tout le monde. Car tout le monde a oublié que le Mbilinga ou que l’éléphant était souffrant depuis longtemps, et que, depuis très longtemps, il a été évacué en France. La famille se retrouva et décida d’affronter toutes les contraintes pour lui réserver les honneurs dignes de son rang.

2. Le 12 août 2014, était la date annoncée pour l’arrivée du corps par vol d’Air France, à 16 heures. Une marée humaine était au rendez-vous, à l’aéroport, pour lui réserver un accueil exceptionnel. Grand et triste était la surprise d’apprendre le report du Vo pour le lendemain à 10 heures.

3. Le 13 août 2014, dans la nuit, la pluie a démarré, comme pour nettoyer la terre des souillures et la rendre sans tâche pour accueillir l’illustre HOMME d’ETAT, le DIGNE FILS DES BANDIA et LE BON PERRE DE FAMILLE . Elle n’a plus cessé. Elle a continué, toute la matinée, jusqu’à l’arrivée de l’avion à 11 heures. Du fait d’elle, plus de trois quart de ceux qui s’étaient, la veille, mobilisés pour l’accompagner vers la morgue de l’hôpital général n’avaient pu se présenter. Le transfert de la dépouille était fait sous une averse légère, avec le ciel toujours sombre et triste, et le soleil caché. Son rendez-vous, pour la journée était manqué. La menace permanente de l’averse a obligé à se pencher sur le plan B, repousser au lendemain le transfert de la dépouille, au domicile, si la pluie continuait. Heureusement, à 16 heures, la pluie cessa, ce qui facilita l’arrivée du corps à son domicile.

4. Le 14 août 2014, le ciel est resté couvert, par moments et par endroits. Le protocole n’a pas changé de calendrier.

7 heures 30, à domicile, la cérémonie d’adieu a démarré. Les témoignages et les dépôts de gerbes succèdent aux prières et cantiques religieux.

9 heures 30, au Haut Conseil de la Communication, Mme la Présidente de la Transition, le gouvernement, le Conseil National de la Transition et le Haut Conseil de la Communication, les écrivains, le Conseil des sages ressortissants et ressortissantes du Mbomou, les sultans de la Communauté Bandia de Bangassou et de Rafaï, les enfants, petits-enfants et arrières petits enfants ont rendu les derniers honneurs.

12 heures 30, à la cathédrale de Bangui, la dépouille a été très bien accueillie. La messe a été dite, pour clore définitivement la mission terrestre du corps et célébrer le départ pour l’éternité.

13 heures 45, les prières s’achèvent par les dernières bénédictions. Un long et très long cortège se met en branle vers le PK 17, sur la route de Damara, où se trouve la ferme familiale, préparée pour l’accueillir l’illustre hôte.

14 heures 15, des coups de feu et bruits de grenades ont tonné. Comme à l’accoutumée, survient la débandade, peu avant le pont de la Ngola, à PK 10. Venant du sens contraire, des motos et des rares véhicules, en toute vitesse, font des signes de main, comme pour dire, faites demi-tour. En réalité à PK 11, les Séléka parqués dans les parages ont bouclé la route. L’ambulance transportant la dépouille mortelle, s’arrêta, la cinquantaine de véhicules d’accompagnement en firent autant, en attendant l’intervention des forces publiques.

Après une heure du temps, les forces Sangaris, puis quelques éléments de la gendarmerie firent leur irruption. Quelques minutes pour s’informer, les voilà repartis vers le PK 11, pendant qu’un hélicoptère des forces Sangaris survola la zone, vers la barrière installée par les Seleka. Après trente minutes d’attente, la camionnette de la gendarmerie revient en trombe et signifia l’ouverture de la voie. Aussitôt, l’ambulance se lança vers l’avant. Très rapidement, il traversa, sur les huit cent mètres, de part et d’autre de la chaussée, de bandes de jeunes, mal vêtus, excités, vociférant et brandissant, dans les mains, kalachnikovs, machettes, bâtons, grenades, cailloux etc. Après trois minutes, le chauffeur, par son sang-froid exceptionnel, atteignit la barrière de PK12, sous la protection des forces Sangaris. Le calme n’y est pas, les gens continuent de courir dans tous les sens. C’est la panique générale. Au ciel, des nuages noirs s’amoncellent. La pluie est suspendue en l’air. De temps en temps, le soleil parvient à faire une trouée en force. Mais ses rayons n’ont pas la même intensité comme d’habitude, à pareille heure de la journée.

15 heures 20, le cortège, limité à huit véhicules, arriva sur le site , avec moins d’une cinquantaine d’accompagnateurs. Le temps d’attendre et de téléphoner pour s’assurer de l’arrivée de tout le monde, l’inquiétude était en l’air. Est-ce que les autres vont pouvoir arriver, en dépit de la tension à PK11? Qu’est ce qui pourrait se produire, avec l’explosion entendue à distance ? Comment et par où passer pour le retour à Bangui ? Sur toutes les lèvres, reviennent en refrain ces interrogations.

16 heures, aucune information rassurante n’a été reçue. A PK 12, l’ordre n’est pas au rendez-vous. La voie reste bloquée. Une vérification rapide a permis de conclure à la faible probabilité de l’arrivée du reste du cortège. Le point de présence a donc été fait : 1 petit fils sur 77 , 2 enfants sur 26 (‘une représente, ceux de Bangui et l’autre ceux de l’étranger), 3 neveux, 1 représentant des beaux fils, le modérateur des réunions organisationnelles préparatoires et le Sultan de Bangassou. Le panel représentatif de ce qu’a voulu l’illustre personnage a été ainsi constitué, par la sélection naturelle. par le sort. Le rite prononcé et expliqué, le cercueil est porté vers la tombe, sous le ciel menaçant à l’horizon, et au loin, le bruit sporadique de coups de feu.

16heures 15, la dépouille de notre illustre HOMME D’ETAT, NOTABLE BANDIA, PERE D’UNE TRES GRANDE FAMILLE, Pierre SAMMY MACKFOY, entra, lentement, dans sa chambre mortuaire, en silence. Ainsi, il rejoignit nos Mbasssina, pour le voyage vers l’éternité, proche de nous, à notre écoute, pour nous aider à nous relever, chaque fois que nous lui ferons appel.

17 heures 30, C’est le retour à Bangui, encore plus stressant et inquiétant. La pluie, toujours la pluie, déchaînée, encore plus forte. La piste étroite est à peine visible, absorbée par la végétation, détrempée, défoncée, encadrée par les anti balaka serviles, prêts à assister en cas d’enlisement. Enfin, aussitôt le pont de la Ngola visible, l’inquiétude chuta. La mission est belle et bien terminée, grâce à la dextérité, à la maîtrise du volant et au sang-froid du conducteur , mais surtout, à notre nouveau Mbassina, Papa Pierre SAMMY MACKFOY qui vient de nous prouver qu’à jamais nous devons compter avec lui pour recevoir l’assistance et la grâce de Dieu, le Père Céleste tout puissant.

Maxime-Faustin MBRINGA-TAKAMA
Sultan de Bangassou
15 août 2014

 

 
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  • 1- Les Bandia croient à la séparation du corps et de l’esprit, à l’immortalité du second et à sa communion avec Dieu et nous les vivants
  • 2- En terre Bandia, le MBILINGA est l’essence immensité qui dominer les milliers d’autres espèces ligneuses, dans la forêt
  • 3- Pierre SAMMY MACKFOY a eu 26 enfants, 77 petits enfants, 16 arrière petits enfants
  • 4-L’illustre personnage a indiqué, lui-même, avec précision, au compas et à l’équerre, l’endroit de sa dernière demeure
  • 5- SEM Charles DOUBANE

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