INTERVIEW  |    

Mohamed Moussa Dhaffane: «il faut aller vite vers la réconciliation»

Par Cyprien K.-Le Potentiel - 30/07/2014

Le chef de la délégation de la Séléka, au Forum de Brazzaville,dément toute idée de partition de la Centrafrique et évoque les dessous de cartes des négociations inter centrafricaines

 

Le chef de la délégation de la Séléka, Mohamed Moussa Dhaffane, a, dans une interview livrée à Afrik.com, démenti toute idée de partition de la Centrafrique. Il a, entre autres, évoqué les dessous de cartes des négociations inter centrafricaines qui sont déroulées à Brazzaville entre la Séléka, les anti-balaka et le gouvernement centrafricain du 21 au 23 juillet dernier. Un cessez-le-feu a été signé.

La Séléka a tardé à se rendre à la négociation à Brazzaville, comment s'est passée l'arrivée de la délégation Séléka dans la capitale congolaise ?
On est venu au bon moment mais il y avait un problème logistique. Des membres du mouvement étaient soit à Bambari, soit à Bria, soit à Birao. Certaines personnes étaient en retard d'un jour, le temps de se rendre à Brazzaville.

 


© REUTERS/Goran Tomasevic
Mohamed Dhaffane (c.), ici à Bria le 9 avril 2014, est le signataire pour la Seleka de l'accord de Brazzaville
Quel a été l'aboutissement de ces négociations ?
L'accord de cessation des hostilités. Et cet accord de cessation des hostilités stipule que l'on apaise les esprits. Il faut donner une chance à la paix et à la réconciliation des Centrafricains et aussi à ce que les hostilités, même verbales, soient bannies. Tout le monde est fatigué par cette crise qui n'a que trop duré. Cette crise n'a fait que trop de mal et beaucoup trop de victimes. Tout le monde voulait trouver un accord.

Ce cessez-le-feu a une durée déterminée ? Qu'est-ce qui a été prévu ?
Pour l'instant non, parce qu'on veut vraiment ramener la paix. On veut déjà faire en sorte qu'il y ait un environnement de confiance entre nous. Et cet accord de cessation des hostilités, pas seulement entre Séléka et anti-balaka, est un accord entre toutes les forces vives de la nation : les anti-balaka ont signé, le conseil national de transition (CNT) a signé, le gouvernement de transition a signé, ainsi que la société civile, les syndicats et les partis politiques. Cela veut dire que c'est un accord de cessation des hostilités entre toutes les composantes de la société centrafricaine.

Quelles sont les objectifs à venir ? Quelle sera la suite des opérations ?
Il y a un processus politique qui est ouvert. Il va y avoir un accord politique sur le DDR, désarmement, démobilisation, réinsertion. C'est un processus qui est ouvert.

On a beaucoup critiqué le fait qu'il pouvait y avoir des dissensions au sein de la Séléka entre sa branche politique et sa branche armée, qu'en pensez-vous ?
Il y a une seule chaîne de commandement, mais il y a plusieurs appréciations de la situation. Il y a des gens qui ne sont pas assez avisés, il y a des gens qui ne sont pas assez matures en politique pour comprendre quelle est l'intérêt général. Cet accord, ce n'est pas un accord pour protéger les combattants, c'est un accord qui protège les civils. Les combattants sont armés, ils se défendent, mais les populations civiles sont tout le temps attaquées. Cet accord, c'est pour arrêter les hostilités et ensuite viendra un accord politique pour la transition.

Il y avait déjà eu un accord de cessez-le-feu, de désarmement de la Séléka, qu'est-ce qui prouve que cet accord fonctionnera cette fois ?
Lors de l'accord de cessez-le-feu de Libreville, nous avions un gouvernement qui était établi, c'était le gouvernement de Bozizé. Aujourd'hui nous avons un gouvernement qui est différent et la Séléka a évolué. Ce n'est pas la Séléka d'avant le 24 mars 2013. Aujourd'hui, c'est la Séléka qui a conquis le pouvoir, qui a géré le pouvoir, qui a échoué et qui face à son échec a pris la décision de se reconstituer.

Et récemment à Bambari, dans le centre du pays, il y a eu plusieurs affrontements qui ont fait beaucoup de morts entre les deux parties, Séléka et anti-balaka, mais c'est la Séléka qui a été accusée ?
Ceux qui accusent la Séléka se trompent. Depuis le 7 décembre 2013, la Séléka a été cantonné. Chaque fois les sites de cantonnement sont attaqués par les anti-balaka. Et Chaque fois la Séléka ne fait que se défendre.

On a cité votre nom dans ces affrontements à Bambari, notamment un journal centrafricain, qu'est-ce que vous leur répondez ?
Que c'est faux, c'est de la diffamation, du dénigrement. A Bambari, la Séléka a cohabité avec forces françaises Sangaris, avec la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique). Il n'y avait pas de problème. Mais quand l'état-major de la Séléka a été établi, à l'issue du Congrès de Ndélé, les problèmes ont commencé, à cause notamment de frustrations, et puis ça a dégénéré. Je ne suis pas un va-t-en guerre, je suis toujours du côté du droit.

Une partie de la population centrafricaine se méfie de la Séléka, comment allez-vous reconquérir leur confiance ?
Par des actes concrets, il faut aller vite vers la réconciliation.

Vous avez toujours parlé d'une indépendance du nord, pourquoi avez-vous abordé cette question au cours des négociations de Brazzaville ?
A l'ouverture, on a avait déjà posé ce problème sur la table : la partition du nord. Nous nous sommes heurtés à l'opposition des autres. On n’a jamais voulu la partition mais on a été obligé sous la pression. Nous ne sommes pas pour une partition du pays. Mais dans ce cas, il faut que l'accord de cessation des hostilités apaise les esprits, que les gens le respectent et que l'on ait un accord politique qui crée le partage du pouvoir, la refonte de l'armée, la police, etc.

 

 

3 COMMENTAIRES

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Prépare toi plutôt à répondre de vos barbaries devant la justice Internationale

Par NADE Berty

30/07/2014 17:43

Général à la petite semaine issu comme dirait l'autre de l'académie de Boromata .Le peuple n'est pas dupe et ne tombera plus jamais dans ton double langage. Sache que quoique tu fasses , ton sort est déjà scellé , tu n'échapperas pas, loin s'en faut à la justice internationale.Ta place est derrière les barreaux car tu es un élément non négligeable du gangstérisme d'état pendant le règne pitoyable , minable et éphémère de ton compère Dondoja.
Prépares toi , utilises bien une partie de l'argent à vous remis par Sassou Nguesso pour les honoraires des avocats qui plaideront ta cause. Du courage! car tu en as vraiment besoin...L'étau se resserre de en plus sur toi...et les autres bien sûr!

PARTITION RCA

Par jules

01/08/2014 16:31

Garder votre sérénité cher(e)s compatriotes. C'est absurde de penser que nos frères musulmans qui représentent 15% de la population puissent se tailler cette belle moitié du territoire Centrafricain comme ils aiment nous montrer. C'est une blague de mauvais goût , liée à la faiblesse actuelle de nos institutions. Rien de plus.
Même en procédant par un référendum digne de ce nom, ils n'auront pas cette partition avec cette carte qu'ils présentent qui sort de leur rêve. A part la VAKAGA, et encore, je ne vois pas oû ils sont majoritaires. CONCLUSION, que nos frères musulmans Centrafricains respectent les lois de la République, arrêtent de se faire manipuler par l’extérieure, et qu'ils participent sincèrement au développement de leur BELLE REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE. Qu'ils arrêtent de se faire instrumentalisé par des démons extérieurs que tout le monde connait désormais. La question de pauvreté qu'ils soulignent pour prendre les armes n'est pas propre à la seule région nord du pays. Aucun prétexte n'est suffisamment fort pour diviser la RCA. Qu'on arrête cette comédie de partition. Il n'y a pas eu de tutsiland ni de outouland au Rwanda et au Burundi malgré ce qu'ils ont connu. Le cas Soudanais et encore récemment la Crimée n'ont rien à voir avec le cas Centrafricain. Si non, faudrait scinder le Cameroun en donnant le nord au musulmans, le Tchad en remettant aux chrétiens du Sud leur région et leur pétrole, la Côte d'Ivoire en remettant le nord aux musulmans, le Sénegal en accèdent aux revendications des Casamançais etc. ASSEZ DURÉE LA BLAGUE!

sa gueule pourrie qu il retourne garder ses boeufs dans la brousse

Par gbaaa

22/09/2014 13:14

qu il retourne au tchad pas d eux en RCAon ne veut sa maman son papa son grand pere c est koi sa il est ki cafard

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