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Les anciens résidents étrangers en RCA scrutent le pays

Par Emile Christian Dushine, Intégration - 21/01/2011

Les Rwandais, les Burundais et les Congolais se souviennent de la RCA au moment où le pays s’apprête à voter son futur dirigeant

 

«La RCA me manque» affirme sans ambages Jean-Pierre Mukiza. Le jeune rwandais de 20 ans peine à cacher sa nostalgie de la République Centrafricaine. Il a quitté ce pays depuis dix ans et pourtant sa vie «Banguisoise» surgit de sa mémoire comme les chutes d’un fleuve. «J’ai été élevé pendant deux ans à Bangui malgré le climat instable du pays» souligne-t-il avec les larmes aux yeux. Son séjour à l’école Sainte Thérèse reste vif. Il achève ses études primaires dans cet établissement en 1998. Au cours moyen 2, l’intégration de Mukiza n’est pas du tout au rendez-vous. Il maitrise à peine la langue française et le traumatise de la guerre de l’ex- Zaïre hante encore son esprit. Jean-Pierre doit pourtant surmonter son handicap, afin de réussir à l’école. Il trouve son réconfort à Miskine, non loin de PK5, en allant vers le marché du quartier. C’est dans cette zone qu’il apprendra à parler le Sango (la langue locale) et à retrouver la joie de vivre. «Mes amis centrafricains ont réussi à me donner la joie de vivre malgré mon renferment sur moi-même. Depuis mon départ, je n’arrive pas à me détacher de ce pays qui m’a tout donné malgré ses problèmes internes» déclare Mukiza.

 


Une ruelle de la ville de Bangui
Au moment où la RCA est sur le point de voter, le jeune homme ne se détache plus de l’actualité centrafricaine. Entre 6 et 8 heures du matin, il capte les chaines de radio et de télévisions internationales, afin de s’informer sur l’évolution de l’actualité de Bangui. Résultats : le jeune comptable connait presque tous les candidats. «Le président François Bozizé, l’ancien président Ange-Félix Patassé, Martin Ziguélé, Emile Nakombo et Jean-Jacques Démafouth. Je les connais très bien grâce aux médias» fait savoir Jean-Pierre Mukiza devant sa maison au quartier Ngodi-Akwa, non loin de la rue Jamot. Le jeune homme est passionné par les élections à tel point qu’il n’arrive pas à défaire du sujet! «La pluralité des candidats, le climat politique actuel, et l’espoir de ces élections m’amènent à s’accrocher sur le débat» dit –il. A propos des candidats, il se félicite du nombre de postulants « au fauteuil présidentiel» bien que sa préférence à un candidat ne se cache pas. Il s’agit de l’actuel président François Bozizé. «Depuis son arrivée au pouvoir, la Centrafrique est devenue de plus en plus fréquentable. L’Etat a retrouvé ses lettres de noblesse et son économie a montré les signes de décollage à 180 degré». Sur son ordinateur, la photo de l’actuel président de la République Centrafricaine occupe tout l’espace. «Vous voyez, il est souriant et donne de l’espoir à son pays» argumente ce jeune homme. Cependant, il redoute d’une chose : le comportement de certains candidats qui «chercheraient à refuser les résultats des urnes.» Selon lui, cette situation est inévitable même si la sagesse des uns et des autres devraient les conduire à la prudence éclairée.

La femme au centre du débat électoral centrafricain
Mariya Ndayinishereja est de nationalité burundaise et réside depuis peu de temps à Douala au Cameroun. Cependant, son deuxième pays d’adoption est la République Centrafricaine. «Balaô Ita»: bonjour mon frère salue-t-elle en Sango. Nous sommes à l’entrée d’une agence de téléphonie mobile située à Akwa, non loin du carrefour Soudaine. Elle est venue reconduire son numéro de téléphone au début de cet après-midi de vendredi. Le climat n’est pas du tout clément. Ici, l’air est chaud et les rayons du soleil sont loin d’apaiser la température ardente. Cependant, il faut s’occuper et surtout «bavarder pour laisser passer le temps» peut-on-attendre de la bouche de Mariya. « Iin, mbi yeke sêngê. Ka mo?» dit-elle pour donner de ses nouvelles. Elle demande à son frère comment il va en Sango.

 

La tenue prochaine des élections présidentielles en RCA préoccupent les deux interlocuteurs. La place de la femme centrafricaine est au menu de la conversation. «J’espère que la femme ne sera pas oubliée dans leurs plans politiques, car, la situation ti wari (la femme) est de plus en plus déplorable», souligne Ndayinishereja. Durant son séjour centrafricain (1999- 2005), elle a eu l’occasion de côtoyer beaucoup de femmes au quartier Wango, situé non loin du fleuve Oubangui. Le plus important est de «donner plus d’espoir et de dignité à la femme centrafricaine» annonce-t- elle. «Dans ce pays, la femme a beaucoup souffert de la guerre et d’autres troubles sociopolitiques. Il est temps que les choses changent rapidement» soutien la jeune dame de 25 ans. Et de compléter: «elles doivent passer à autres choses.» Madame Mariya aimerait voir toutes ces femmes retrouver la force de cultiver le manioc, le maïs, et la patate douce. «Toutes ces saveurs me manquent» avoue Mariya Ndayinishereja à son ami sur un ton de regrets. «Ce qui fait mal, les politiciens oublient souvent l’essentiel durant la campagne: tenir leurs promesses, or tout le monde a besoin de ça» ajoute Faustin Gakurakozi de nationalité burundaise. Après avoir reconduit son numéro de téléphone, Mariya prend congé de son frère avant de prendre la direction son domicile à Bonapriso.

La réussite sous certaines conditions
Matomba Natimbo est de la République Démocratique du Congo. iIl vit à Douala depuis 6 ans. Il a débarqué dans la capitale économique du Cameroun, en provenance de Bangui. La capitale centrafricaine n’a aucun secret pour lui. Matomba a été vendeur à la sauvette durant quatre ans à Bangui. Il connaît les moindres coins de la ville «où on peut se faire de l’argent facilement.» A Douala, il occupe une boutique non loin du marché Mboppi. «La Centrafrique a beaucoup de potentialités sur le plan économique. Son couvert forestier est en mesure de booster l’économie du pays. Son sous- sol dispose beaucoup de diamant, d’or et d’uranium. Avec autant des potentialités, la RCA peut aller de l’avant» déclare –t-il. Pour lui, le prochain président aura du pain sur la planche. Son travail consistera à «ramener la paix partout dans le pays, en privilégiant l’intérêt commun et le bien-être de la population centrafricaine. Sans oublier l’émancipation de la femme centrafricaine. Sinon, ses élections ne serviront en rien» complète –t-il.
 
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