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Louis Oguere, ambassadeur RCA au Cameroun: «Avec tous ces acquis, l’avenir de la RCA est radieux»

Par Alimatou Imbo et Dii Jonas Yedidia - 21/01/2011

Les Centrafricains du Cameroun voteront dans la capitale politique le 23 janvier prochain Jeux et enjeux de l’élection présidentielle

 

Quels sont les acquis de la RCA sous le règne du président Bozizé?
La République centrafricaine (RCA ndlr) avant le président Bozizé était un pays perdu. Un pays où les centrafricains s’acceptaient sur les bases tribales. Un pays où les salaires n’étaient pas payés. Un pays où l’insécurité était totale. Et donc, ces événements ont affaibli notre pays. Ce que j’ai aimé comme acquis avec le président Bozizé, c’est le pardon. Officier qui a dirigé une rébellion, il pouvait sévir dans un esprit de vengeance. Et cela, on ne l’a pas vu. Il a été arrêté, déporté au temps du président Kolingba. Mais, aujourd’hui, le fils de Kolingba est ministre dans le gouvernement. Vous savez qu’ils collaborent très bien et le président s’est largement impliqué dans l’organisation des funérailles du président Kolingba. Les proches de Kolingba sont très liés à lui. Parce que le pardon existe. Le président Bozizé a donné un exemple de pardon. C’est aussi un point qui nous a amené à la réconciliation nationale. Ça c’est un acquis essentiel pour cohabiter, pour consolider l’unité nationale. Je vous assure que cela a entrainé un effort de sécurisation du pays. En RCA, les braqueurs étaient dans les grandes villes. Certains éléments des forces de l’ordre comptaient parmi les effectifs des braqueurs. Grâce au président Bozizé, ils ont été traqués. Ce qui permet aux citoyens des grandes villes de vivre en sécurité, de se promener et d’aller. Il suffit simplement d’avoir ses pièces d’identité. Pour nous qui avons vécu plusieurs années de mutinerie, de coups d’État et de rébellion, ces points sont fondamentaux.

Que pourrait-on dire d’autre?
Du point de vue social et économique, Bozizé paie les fonctionnaires chaque mois. Et ça, pour le centrafricain, c’est un plus. Il y a immédiatement une implication socioéconomique. Il en est de même des bourses. Cette idée de rattacher la bourse au paiement des salaires se fait. L’université qui était un lieu des frondeurs est devenue un lieu de cohabitation, même les vacataires reçoivent régulièrement leurs frais de vacation. Dès qu’on a le salaire, la redistribution est faite à partir des achats, les commerçants, tout le monde a sa quote-part. Depuis l’arrivée du président Bozizé aux affaires, deux grands dialogues ont été organisés. Le premier dialogue a rassemblé des millions de personnes. Ils sont venus des quatre coins du pays, pour discuter des problèmes de la RCA. Ces problèmes avaient été recensés sous la forme de plusieurs recommandations. J’avais été le président de suivi de ce dialogue national. L’exécution des recommandations du dialogue national avait permis de mettre sur pied un programme politique qui a permis à la RCA une sortie de crise jusqu’à ce jour. Ensuite, il s’est posé un problème politique parce que les différents groupes de rébellion insatisfaits avaient voulu qu’il y ait un dialogue exclusivement politique. Et cela a été fait. Et de ce dialogue politique inclusif, il y a aujourd’hui la présence en RCA de l’ancien président Patassé que Bozizé avait renversé. Tout ça, c’est grâce au dialogue politique.

 


© Integrations
Cependant, il y a encore des régions dans l’insécurité?
Tout n’est pas réglé évidemment. Le groupe CPJP (groupe politico militaire) sévit encore. Mais nous pensons qu’un jour, l’occasion sera donnée pour régler définitivement le problème. Parce que l’essentiel est fait. Il y avait plusieurs groupes de rebelles. Ils ont aujourd’hui accepté les négociations ; certains de leurs représentants sont même candidats. Il y a par ailleurs d’autres acquis tels que le programme PPTE (pays pauvres et très endettés ndr). La RCA fait partie des rares pays pauvres d’Afrique à avoir établi ce programme très rapidement. Et c’est une opportunité pour la RCA de s’ouvrir aujourd’hui sur le monde. Les partenaires n’attendent que l’organisation des élections pour se bousculer à la porte de la RCA. Je sers d’interface aux investisseurs étrangers qui sont au Cameroun et qui régulièrement cognent à la porte de la RCA. Notre pays a eu des relations extrêmement difficiles avec les institutions internationales parce qu’il y avait une crise de confiance. Maintenant, la confiance est totale. Je suis convaincu qu’après les élections, avec tous ces acquis, l’avenir de la RCA est radieux. D’ailleurs, nous avons des richesses. Le sous-sol centrafricain a des richesses qui sont en train d’être explorées. Je vous dis: après l’élection présidentielle, les choses vont se préciser.

Que peut-on comprendre par la réhabilitation de l’Empereur Bokassa?
Je faisais partie du dialogue national « Vérité et Réconciliation » de 2003. Et là, le débat était houleux sur le sujet «faut-il réhabiliter Bokassa, donner les biens aux enfants ou non?» Nous avons dit qu’il fallait voir en même temps ceux qui sont morts et en même temps Bokassa. Et ça, c’est dans l’esprit de l’unité nationale. Je crois que l’action du président de la République s’inscrit dans la pacification du pays et de l’unité nationale. Et je sais aussi qu’on ne peut pas oublier tous ceux là dont les parents sont morts parce que Bokassa les a exécutés. Mais dans l’esprit de l’unité nationale et la pacification, il fallait allier tout cela. Vous verrez que le président Bozizé a fait venir auprès de lui les anciens présidents. Alors, pourquoi ne pas réhabiliter Bokassa?

Quels sont les défis qui attendent le futur élu à la magistrature suprême de votre pays?
Chaque fois que le président de la République parle, il se fonde sur deux choses. Il parle de la paix qui est la base du développement d’un pays. Chez nous en RCA, nous sommes un pays béni par Dieu. Mais, il s’est toujours posé à nous un problème de gestio des relations, des biens (que Dieu nous a donnés) et de la paix. Le président Bozizé a toujours parlé de la paix ; et c’est un militaire qui le dit. Parce qu’il mesure l’importance de la paix sans laquelle rien ne peut être fait. A partir de cette paix, il parle du développement. La RCA est un pays qui souffre injustement. Comment voulez vous que la RCA depuis l’indépendance n’a qu’un lycée technique? Cela n’est pas juste. Et le président le dit. Il faut prendre le temps de développer notre pays. Et il en fait une préoccupation fondamentale. Il rêve des hôpitaux qui peuvent être construits s’il y avait la paix en RCA. Parce qu’il y a des moyens. Rien ne justifie le fait qu’il faut aller à l’étranger pour les raisons de scanner. Comment expliquer qu’il y ait qu’une seule université ? C’est parce qu’il n’y a pas la paix. C’est cela qui a retardé la République Centrafricaine qui était un pays largement en avance en Afrique centrale. Le défi économique est là. Dès que le président est arrivé au pouvoir, il a payé tous ceux qui travaillaient dans la région cotonnière. Alors qu’ils n’avaient jamais été payés. Le programme agricole est dense. Il y a un programme de l’éducation mis en place et suite aux états généraux de l’éducation, il y a un programme de l’éducation qui sera exécuté juste après l’étape des élections.

 


© Integrations
Un commentaire sur le programme politique du président sortant?
Le programme politique du président Bozizé est aussi la sécurisation de la RCA. La RCA est un très grand pays, 622 000 km2, très peu d’habitants (difficilement cinq millions). Et donc le pays est presque vide. C’est pratiquement trois habitants au m2 qu’il faut protéger. Et le président suit de très près toutes les situations militaires du pays. Il réagit lui-même et rapidement sur tout ce qui fait l’objet d’attaque de la RCA. Mais les militaires vous diront que l’économie est essentielle. La RCA était un pays non visité par les compagnies aériennes. Depuis l’arrivée du président, il y a un retour de grandes compagnies aériennes sur le ciel centrafricain. Je vous assure que ce n’est pas terminé. Autre défi, c’est l’exploitation de nos ressources du sous-sol. Notre pays ne peut pas continuer à vivre des impôts des travailleurs ou des entreprises qui sont là. Le défi de la RCA est en toute sérénité avec les partenaires et les pays amis des marchés. Et, il faut réfléchir sur les possibilités d’exploitation de ses richesses. Parce que ces richesses naturelles sont mises à la disposition des centrafricains par Dieu. Il faut en profiter. Presque tous les pays de la sous-région profitent déjà de leurs richesses.

Concernant les élections de ce mois de janvier, quel est le degré de mobilisation au niveau de l’ambassade de la RCA au Cameroun?
Je veux vous dire qu’il y a deux étapes dans l’organisation des élections au Cameroun. Avant les événements de Douala, nous avions mobilisé la communauté des étudiants. Tous les grands partis politiques centrafricains sont présents au Cameroun. Malheureusement, un groupe de ceux là qui avaient nettement l’intention de déstabiliser la RCA ont d’abord commencé à Yaoundé. Mais, puisque je fais continuellement un travail d’approche social avec les populations (les hommes religieux, les chefs de colonies, les étudiants etc.), cette intention s’est déplacée à Douala. Je me souviens que Douala avait son consulat attaqué. Tous les documents administratifs déchirés et les appareils détruits avec une mort d’homme. Le climat était exécrable à Douala. Ceux qui sont arrêtés au moment où l’événement se produisait sont actuellement en prison. Pour les raisons de sécurité, nous sommes arrivés à réfléchir sur la deuxième étape. C’est pour cela qu’il n’y a plus de place pour aller organiser les élections à Douala. Les élections seront organisées seulement à Yaoundé. Nous pensons que la communauté doit voter, c’est le droit du citoyen, c’est un devoir civique. Mais le vote ne doit pas se confondre à la violence, à la destruction des biens publics. La mobilisation est totale. Tous les partis qui soutiennent les différents candidats ici sont régulièrement sensibilisés par eux-mêmes d’ailleurs. J’ai eu des rencontres avec eux, les leaders religieux… Évidemment, les informations persistantes parlent encore de projet d’attaque. Les frères camerounais sont informés de cela à plusieurs reprises. Mais la sensibilisation est totale et c’est très sereinement que nous nous préparons pour les élections du 23 janvier.

Concrètement, comment cela va-t-il se passer?
Le scrutin se déroulera ici à la chancellerie. Où il y a un bureau de vote. La commission électorale indépendante est là. Toute l’organisation est faite à Bangui et tout le matériel est déjà arrivé. Nous attendons l’organisation effective le 23 janvier prochain.

Alors, qu’est ce que vous dites à vos compatriotes qui sont au Cameroun?
Je suis très content de cette opportunité offerte pour m’adresser à mes compatriotes. Je dis toujours que je suis né à l’étranger, je suis né au Tchad. Mais je suis fier d’être centrafricain. Quand vos amis vous invitent dans leurs pays, dites-vous toujours qu’ils ont pris le temps de bâtir leurs pays. Et ce beau pays est bâti et protégé. Mais, ils attendent que vous aussi, bâtissiez le votre pour les accueillir. Vous ne pouvez pas continuellement détruire votre pays et replier chez les autres. Parce que vous savez, les pays qu’on a respectivement, c’est par la grâce de Dieu que nous les avons. C’est un pays que Dieu a donné à nos ancêtres. Nous héritons de ces pays et nous les laisserons à nos enfants. Comme le chef de l’État nous l’a dit, j’adhère totalement à cette idée, c’est la paix qui nous a donné le développement en RCA. Nous ne pouvons pas symboliser les anarchistes en Afrique. Et j’ai confiance aux centrafricains.
 
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