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Aurélien Llorca: "des ex-Seleka sont officiellement membres de l’armée centrafricaine"

Par Olivier Rogez-RFI - 07/07/2014

L’expert des Nations unies et ses collègues viennent de publier leur rapport d'étape sur la situation en RCA. Le groupe s'inquiète d'une certaine d'anarchie dans le pays

 

Quatre mois après l’installation d’une nouvelle transition menée par Catherine Samba-Panza, l’ONU s’inquiète de la persistance des violences. Est-ce que les autorités de la Transition sont suffisamment fermes avec les groupes armés qui perpétuent ces violences?
Effectivement la plupart du pays est toujours sous contrôle de groupes armés. Les ressources qui sont liées à l’activité, notamment des ressources naturelles produites dans ces différentes régions, sont sous le contrôle de ces groupes armés qui de fait se renforcent et constituent évidemment une menace à l’autorité du gouvernement de Transition. Parmi les deux principales recommandations qui ont été faites par le groupe d’experts au Comité de sanctions du Conseil de sécurité sur la Centrafrique, il y a notamment cette nécessité de clarifier d’une part, compte tenu de l’appartenance d’une partie de l’encadrement des milices anti-balaka soit aux forces armées centrafricaines, soit à la gendarmerie, et d’un autre côté, également, au niveau des Seleka, puisque la plupart des décrets qui ont été pris par l’ancien président Michel Djotodia sont encore en vigueur. Ce qui fait qu’aujourd’hui on a encore officiellement presque 3 500 ex-Seleka qui sont officiellement membres de l’armée centrafricaine. Donc cette ambiguïté devrait être clarifiée par les autorités de la Transition.

 


© photos/information_binuca
image d'illustration
Selon vous, les autorités de la Transition devraient exclure de la future armée ou de l’état-major actuel, les membres des groupes armés qui soient Seleka ou anti-balaka?
Effectivement, notre recommandation porte sur la clarification de leurs statuts. On sous-entend bien évidemment qu’on ne peut pas être à la fois leader d’un groupe anti-balaka et officiellement sous-officier ou officier des forces armées centrafricaines.

De même pour la Seleka ?
Egalement du côté Seleka, c’est quelque chose qui devrait être clarifié.

Vous recommandez aux autorités de la Transition de faire preuve de plus de fermeté vis-à-vis des fauteurs de trouble et des groupes armés qui commettent des crimes. Comment le gouvernement, comment les autorités peuvent-elles faire preuve de fermeté alors qu’elles n’ont pas d’instrument de coercition, qu’elles n’ont pas d’armées, qu’elles n’ont pas de gendarmerie, ni de police fonctionnelle à l’heure où l’on parle ?
On espère que la mise en place le 15 septembre de la Minusca, en tant que force de maintien de la paix, donne justement une plus ample capacité aux autorités de transition pour mettre en œuvre les mesures nécessaires à cette clarification notamment. Et on espère que d’ici le 5 novembre, on puisse voir les prémisses d’un rétablissement de l’autorité de l’Etat.

Et pourquoi vous ne recommandez pas aux Nations unies de lever l’embargo sur les armes afin de permettre aux autorités de reconstituer leurs forces de défense et de sécurité ?
On estime qu’il y a suffisamment d’armes en circulation dans le pays pour qu’il n’y ait pas un besoin d’introduire de nouvelles armes. D’une part, il y a des armes qui ont été saisies, d’autre part il y aurait une possibilité de saisir un nombre supérieur d’armes, qui sont en ce moment dans les mains des groupes armés, et qui permettraient dans ce cas-là affectivement un réarmement des forces de sécurité. Mais il faudrait tout d’abord une réforme des services de sécurité avant un réarmement qui de plus, pourrait être fait via des armes saisies et non pas par des importations de nouvelles armes.
La suite sur RFI

 

 
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