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Les principes élémentaires d’un Etat de Droit

Par Yves Schamird - 03/07/2014

«L’enjeu de la reconstruction nationale en Centrafrique ne doit pas se faire par des actes vils où l’on voit la présidente attendre bonnement, non…»

 

Très tôt ce matin du 2 juillet 2014 par la voie des médias, nous apprîmes la mise en examen de l’ancien chef de l’état Nicolas Sarkozy ; avec stupéfaction ou pas la nouvelle est tout de même tombée. Et les chefs d’accusation qui accréditent cette ouverture d’information judicaire sont accablants d’une part, mais d’autre part, parce qu’ils ont une certaine particularité lorsqu’on se place du point de vue africain ou centrafricain et qu’on essaie de faire une étude comparative : trafic d’influence ; corruption active etc.

 


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Yves Schamird
Dois-je me satisfaire de la vitalité qui habite la démocratie française, manifestée par le pouvoir judiciaire, lequel est érigé en bonne vertu c’est-à-dire être toujours en quête de la vérité. Dois-je insister sur l’indépendance de la justice qui permit aux juges d’instruction de faire leur travail « librement ». L’idée est très simple, pour les juges français, les comportements fautifs ne doivent pas restés impunis au nom de la manifestation de la vérité. La société de l’impunité doit disparaître ; et je suppose que ces mêmes juges français sont vraiment portés par quelque chose, je veux dire, ils sont portés par une conviction. Cette soif accrue de vérité à mes yeux, ne vise pas qu’à assouvir les désirs intellectuels des magistrats qui ont étudié à l’école de Bordeaux : le droit, la séparation des pouvoirs, les codes de procédures pénales, le secret de l’instruction... Elle (la soif de vérité) apporte à la société tout entière, un certain équilibre, une certaine quiétude et offre à la France en général une certaine paix bien que le pays ne soit en état de guerre comme en Centrafrique.

Karl Jaspers (1883 – 1969) écrivait en ses mots : « la philosophie est la recherche de la vérité ». Chez nous en Centrafrique, même les aveugles arriveraient à voir clairement que les comportements fautifs, répréhensifs, punissables, barbares, criminels sont abondants mais restent impunis. Donc les mots susvisés du philosophe allemand ne nous concernent pas, doivent dire les intouchables. Bien sûr, certains me diront, nous sommes depuis la date charnière du 24 mars 2013, un « Etat failli », par conséquent ton apologie de l’Etat de droit reste trop idéaliste. Mais il ne faut pas leurrer le peuple, la reconstruction nationale doit intégrer le rétablissement d’un Etat de droit même une bribe de justice. Le procureur de la république de Bangui, Monsieur Grézengué doit avoir l’obligation de reconstruire l’appareil judiciaire du pays. Il faut (la forme impérative s’impose) un semblant de justice pour un semblant de calme. En clair bon nombre de Centrafricains s’honoreraient (se réjouiraient) à apprendre la mise en examen de bon nombre de fauteurs de troubles et auteurs de crimes, ceux qu’on pourrait appeler les déstabilisateurs de la république et autres commanditaires des actes criminels.

Je crois savoir que Monsieur Nicolas Sarkozy fut ancien président de la république et donc il est redevenu un citoyen lambda il devient de fait un banale justiciable. La quête de la vérité, la soif de justice, dire le droit sont des principes élémentaires d’un Etat de droit requérant un caractère universel. Et la Centrafrique de Madame CSP ne doit en rien s’exonérer de ces fondements ou fondamentaux juridiques. L’enjeu de la reconstruction nationale en Centrafrique ne doit pas se faire par des actes vils où l’on voit la présidente attendre bonnement, non où l’on voit la présidente se faire recaler pendant les huis clos de ses paires de la CEEAC dans un couloir non pas de la mort mais de l’humiliation. Le sommet de Malabo a consacré une image soporifique de la république par cette attente dans le couloir de la salle de conférence ; et la présidente était semblable à une pauvre élève révoquée/congédiée du Lycée Marie-Jeanne Caron de la classe 6edont le comportement fautif a irrité son prof principal. En voyant ces images très pénibles, mon patriotisme avisé s’est fissuré, malgré le douloureux sourire de circonstance de la présidente CSP, je me suis dit « mais où est la république Centrafricaine ? ».
Merci

Yves Schamird
02/07/2014

 

 
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