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Et si les Africains arrêtaient de jouer au football?

Par Fidèle GUINDOU - 26/06/2014

La défaite de l’équipe de la Côte d’Ivoire et le comportement des équipes africaines donnent une fois de plus matière à réfléchir à tous les amoureux du ballon rond

 

La défaite de l’équipe de la Côte d’Ivoire et le comportement des équipes africaines donnent une fois de plus à réfléchir à tous les amoureux du ballon rond. Le football, dit on est un facteur de rassemblement et de cohésion sociale, mais on oublie très souvent les sommes faramineuses qu’il engloutit. En 2010, alors que le Sénégal connaissait de graves troubles sociaux, Me Wade et son gouvernement décaissaient 21 milliards pour permettre à la Société Sénégalaise (SENELEC) d’électricité de fournir l’électricité pour toute la durée du mondial 2010. Une situation qui n’est pas passée inaperçue à l’endroit des Sénégalais. Alors que l’équipe nationale du Sénégal n’était pas même qualifiée pour cette grand-messe du football mondial en Afrique du Sud. Après la débandade des représentants de l’Afrique à ce premier mondial organisé par l’Afrique, les mêmes effets sont en train de se produire une fois de plus avec Brésil 2014.

 

Problèmes de primes
Les équipes africaines sont pour la plupart constituées de joueurs évoluant dans les plus grands championnats en Europe et dans le reste du monde. Mais une fois en équipe nationale, aucun résultat. A part les problèmes interminables de primes de match qui opposent les équipes nationales aux fédérations de football, les sélections sont composées de clans qui pourrissent l’atmosphère au sein des équipes. Le cas Samuel Eto’o et Alexandre Song du Cameroun et Yaya Touré et Didier Drogba de la Côte d’Ivoire, sont des exemples qui n’ont laissé personne indifférent. Et le dernier coup de tonnerre est l’attitude l’équipe du Ghana. Les joueurs ont refusé d’embarquer pour Brasilia pour leur dernière confrontation de poule contre le Portugal. Et cela pour des problèmes de primes impayées de la part des autorités ghanéennes. Dos au mur et face à la pression des joueurs qui réclamaient leurs primes, un avion spécial a dû être affrété par les autorités pour apporter les sommes promises aux joueurs. Les joueurs de nos sélections nationales sont-ils conscients de l’enjeu et du sacrifice consenti par les Etats pour ces compétitions ? Comprennent-ils réellement le sens et la valeur du drapeau national ? Autant d’interrogations qui viennent à l’esprit et qui suscitent à la limite une révolte. Une révolte au point de se demander si nous devons continuer à engloutir des milliards dans ce sport pendant que nos pays sont en construction et croupissent sous le poids des dettes et de la misère.
L'Afrique peine à dépasser les quarts de finale
L’Afrique participe à la coupe du Monde depuis 1934 avec l’Egypte, mais elle s’est juste contentée des quarts de finale. Les gouvernants des équipes qualifiées, quant à eux, font des efforts d’une part pour promettre des primes aux joueurs et d’autre part acquérir les droits de retransmission pour les télévisions nationales. L’ORTM dit avoir déboursé la bagatelle de 250 millions pour la retransmission en direct des 64 matchs de la coupe du Monde. Et la plupart des chaines de télévision nationale africaines ont fait pareil. Pourquoi ne pas utiliser cette somme pour améliorer la qualité des émissions proposées aux téléspectateurs, pour accompagner la production de films locaux. Nous sommes inondés des télénovelas provenant des pays latinos contribuant à dégrader sinon avilir l’éducation de nos enfants. Et comme si cela ne suffisait pas, Le président Alassane Ouattara a promis à la veille du match qui opposait des éléphants à la Grèce, de doubler la prime en cas de victoire. Ainsi Sabri Lamouchi devait passer de 32 à 64millions, et les 23 joueurs de 16 à 32 millions de FCFA. Cette annonce a été faite au moment où le pays se préparait à enterrer ses morts suite aux inondations qui ont fait de nombreuses victimes et des dégâts matériels importants.

Tant que nous allons spéculer sur l’arbitrage du mondial, les querelles stériles entre joueurs de nos sélections, qui doit ou ne pas être le capitaine, nos pays vont toujours connaître ces débâcles. Une équipe de football se construit et dans toute organisation, il faut de la discipline et l’honnêteté. Ces deux qualités qui, ma foi, manquent à nos joueurs et aux dirigeants de nos fédérations africaine. Et comme le dit un adage ivoirien : «Tu n’aimes pas, mais tu ne laisses pas»...

 

 
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