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Discours d’un jeune centrafricain affligé au peuple de son pays

Par Tabemara Urbain Brice - 23/06/2014

Centrafricaine! Centrafricain! Molengue ti Kodro!

 

Je m’adresse à vous en ce jour avec tout ce que j’ai de centrafricain en moi. Je préférerai vous parler sans papier car je voulais que ce moment soit beaucoup plus intime mais il est sur papier pour être dans l’histoire. Et je vous fais confiance dans ce sens car la confiance ne s’écrit pas mais cela se mérite et c’est dans le cœur. Mais avant de commencer je veux qu’on prenne une minute de silence en mémoire de tous ces centrafricains (Hommes, Femmes et Enfants), (Musulmans, chrétiens et animistes) tombés sous des balles ou des machettes ces derniers mois car je suis lié par ces gens par le sang centrafricain qui coule dans mes veines.

 


© journaldebangui.com
Tabemara Urbain Brice
Chers frères ! Chères sœurs ! A ita ti mbi !
La nation centrafricaine se résume pas qu’à DJOTODIA, à BOZIZE , à SAMBA NPANZA, à SELEKA ou encore moins à ANTI-BALAKAS. Nous sommes une nation de plus de quatre millions de centrafricains, censés vivre mieux chez nous comme tout peuple de par le monde. Mais la somalisation de notre chère nation par certains de ses fils, de nos frères gourmands et assoiffés du pouvoir a fait que nous nous mordons dans la poussière depuis plusieurs décennies. Depuis notre indépendance , le centrafricain a toujours rêvé d’avoir un(e) président(e) qui peut rassembler , un(e) président(e) derrière chaque centrafricain, un(e) président(e) au courant de tout ce qui se passe dans le pays, un(e) président(e) qui se déplace moins mais qui se consacre totalement à son peuple. Mais durant toutes ces cinquante- trois(53) années d’indépendance vécues bancalement, aucun espoir d’avoir un(e) président(e) de ce genre ne s’est pointé à l’horizon et c’est vraiment malheureux pour nous.

Est-ce une malédiction de la part de Dieu, d’Allah ou de Ngakola ? Oui répondraient certains de nos frères et sœurs qui ont vécu dans leur chair les conséquences néfastes de toutes années perdues. Mais je leur dis que c’est faux car Dieu, Allah ou Ngakola ….ne souhaite jamais le mal de ses fils ; nous subissons tous les conséquences négatives de nos actes posés de manière irréfléchie.

Nous avons cet espoir d’avoir ce (tte) président(e) rassembleur le jour où nous déciderions d’être un peuple uni dans la diversité. Et nous serons ce peuple uni tant rêvé lorsque nous saurons que ni nos rebellions, ni la CEMAC, ni l’UA, ni l’ONU et certainement ni la France a ce pouvoir de nous rassembler pour en faire un peuple uni et compréhensif. Nous sommes le maitre de notre destin et de notre chère patrie la République Centrafricaine. Nous sommes un peuple de Chrétiens, de Musulmans et aussi n’oublions jamais de non croyants. Cela devrait être un atout considérable pour notre développement et non un handicap pour notre survie et celle de notre jeune nation. Cette réalité de diversité devrait nous rapprocher des uns et des autres et non nous éloigner des uns et des autres. L’univers tout entier sait aujourd’hui que le Kalachnikov n’a jamais garanti un pouvoir si ce n’est le peuple. Mobutu, Saddam Hussein, Kadhafi …… en ont fait les frais.

L’ère de croiser des armes pour faire jaillir le feu de la haine, de la division est révolue ; il faut maintenant frapper les mots contre mots, les idées contre idées pour faire jaillir l’étincelle de la paix et de l’unité nationale facteurs important pour un bon développement durable.
Comment peut –on vivre dans un pays où les crépitements des armes se font entendre régulièrement ?
Comment peut –on vivre dans un pays où les enfants meurent de faim et ne vont pas a l’école ?
Comment peut –on vivre dans un pays où le peuple a peur de circuler ?
Comment peut –on vivre dans un pays où le président veut avoir quatre-vingt dix pour cent (90) de ses proches non qualifiés aux meilleurs postes dans l’administration publique et paraétatique ?
Comment peut –on ……, Comment peut-on……., Comment peut –on ……et Comment peut –on……., la liste est longue et la douleur intense.

Alors il est temps de taper les points sur la table et vociférer ASSEZ ! Ça SUFFIT ! Le centrafricain veut la PAIX, la TRANQUILITE, il veut qu’on apprécie sa créativité de par le monde certes. Mais il n’est pas accompagné dans sa quête par ses partis politiques censés l’éduquer. Nos partis politiques ont vieilli, ils n’ont jamais, jamais pu développer un projet sociétal à long terme, tout le monde cherche à prendre le pouvoir pour s’enrichir peu importe le chemin choisi. Nous avons tous vécu de moment terribles sous des centrafricains présidents mais qui n’ont jamais été présidentiables. Certains criaient qu’ils sont des démocrates quand ils étaient encore dans l’opposition et sont devenus des dictateurs quand ils sont venus au pouvoir et sont toujours inactifs et sourds face aux lamentations du peuple centrafricain?

Nous avons jamais assisté à la création d’une petite entreprise par un parti politique ne serait-ce que une petite menuiserie pouvant embaucher les jeunes du parti. Ils nous montent les uns contre les autres, ils prônent l’ethnisation, la division, la discrimination et l’exclusion parmi le peuple centrafricain. Ils se prennent pour des intellectuels à la poursuite du développement tout en excluant les paysans qui ont été toujours à la base de la réussite de toutes les grandes révolutions positives de l’histoire humaine. Depuis plus d’une décennie nos papiers administratifs d’identification (Certificat de nationalité, extrait d’acte de naissance, passeport) se vendent sur le marché. Ils nous ont fait rentrer les tchadiens à Bangui le 15 Mars 2003, ils les ont intégré dans la Garde Présidentielle ; ils les ont fait revenir le 24 Mars 2013 et aujourd’hui c’est le peuple qui ne comprend toujours rien qui est puni.

Je lance un vibrant appel à tous les centrafricains de l’univers que l’on peut participer au processus du développement durable de sa nation tout en restant dans son domaine d’activité, nous n’avons besoin d’être ministre, président ou dans un bureau garni pour le faire. Faisons la paix avec nos pays frontaliers et nos partenaires tout étant vigilant car nous sommes les causes de nos problèmes. Le Ngoudia (feuille de manioc) et Gozo (farine de manioc) notre aliment de base manque sur le marché. Est-ce la France qui nous empêche de cultiver le manioc ?

L’heure à laquelle je vous parle est grave, la République centrafricaine souffre, elle se meurt, elle est à l’agonie. Ne la laissons pas mourir pour l’amour de Dieu, nous n’avons que elle comme nation. Appartenir à la nation centrafricaine ne doit plus être une impression pour chacun de nous mais une certitude. Nous sommes un peuple de chrétiens, de musulmans et d’animistes et nous sommes tous centrafricains. Alors tenons-nous les mains et mettons-nous à marcher ensemble sur le chemin de la PAIX et du DEVELOPPEMENT.

Que Dieu, Allah ou Ngakola bénisse le peuple centrafricain
Oui que le Bon Dieu bénisse la Centrafrique !

 

 
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2 COMMENTAIRES

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Urgence est de mise

Par tab

24/06/2014 16:19

le peuple centrafricain a trop souffert à cause de la politique qui lui a jamais apporté le bien. Il est temps qu'il se démarque de ces sois disant hommes politique centrafricains pour se consacrer aux domaine comme l'agriculture , la pêche et l’élevage et il doit aussi apprendre a faire des concessions pour essayer d'oublier et pardonner afin que la paix revienne en Centrafrique. Nous avons été toujours un peuple tolérant alors l'urgence est de mise que nous continuons sur cette voie. Nous ne devons plus accepter d’être manipulés par ces verreux de politiques qui n'ont jamais été près de nous dans nos combats de tous les jours.

ventre creux n'a point d'oreille

Par yvoirien

25/06/2014 03:40

"...il est temps de taper les points sur la table et vociférer ASSEZ ! Ça SUFFIT ! Le centrafricain veut la PAIX, la TRANQUILITE". Mon chèr frère, votre message est rempli de bon sens mais souffre du mal profond qu'on a en Centrafrique; la non exigence de résultat qui vient avec les responsabilités. Dites moi, une fois que vous aurez cassé toutes les tables du monde avec votre poing, pensez vous que cela changera la situation? Depuis le début de la crise, combien, comme vous ont prié, appellé, supplié voir marché pour la paix dans notre pays ? Vous semblez être intelligent. Alors, plutot que de vous lancer aussi dans des voeux incantatoirs, inspirez vous de votre expêrience de vie et faite des propositions a soumettre a nos "politiques" qui se battent comme des chiffoniers pour devenir calife a la place du calife. Ensuite de leur demander pourquoi telles propositions ne sont pas appliqué. Surtout, exiger des résultats tangibles. "On ne change pas une équipe qui gagne" dit le dicton. Cela sous entend qu'on ne garde non plus une équipe qui perd. La quasi totalité de nos "hommes politiques" ont fait parti des équipes perdantes (sauf pour leur poches...). Pourquoi devrions nous remettre sur le terrain des perdants?....

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