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Cameroun: un syndicat s'en prend à une société centrafricaine des transports

Par Journalducameroun.com - 12/06/2014

Suite au décès d'un chauffeur camerounais à Bangui, le 5 juin dernier, la CGSTC critique les agissements de la société Segcam-STI

 

La Confédération générale des syndicats de transports du Cameroun (CGSTC) vient de menacer «d’organiser des actions en représailles contre les transporteurs centrafricains en territoire camerounais à partir du 17 juin 2014» pour protester contre les agissements de la société SEGCAM-STI. Ces actions consisteront à immobiliser les camions de l'entreprise pour exiger des conditions de travail plus humaines des conducteurs. Dans une lettre au Premier ministre camerounais, Philemon yang, la CGSTC réagit à l'assassinat, le 5 juin dernier, d'Adamou Alhadji, chauffeur de camion d'origine camerounaise de la société SEGCAM-STI, abattu en République centrafricaine à 50 kilomètres de la frontière de son pays. Elle dénonce les atteintes aux droits des transporteurs camerounais, qui ont déjà fait 5 morts en RCA depuis le début de l'année en cours, de la part «d'une bande d'illuminés».

 


© acap-cf.info
Selon la CGSTC, le risque et laissé aux chauffeurs camerounais
La Centrale, qui compte une dizaine d'organisations syndicales, pointe un doigt accusateur sur la société SEGCAM-STI, qui a fait rapatrier tout son personnel centrafricain depuis le début de la crise dans ce pays, «sacrifiant ainsi les chauffeurs camerounais qui sont désormais les seuls exposés lors des déplacements dans ce pays en guerre et qui, de ce fait, doit pleinement assumer la responsabilité de la mort» d'Adamou Alhadji. Elle en veut surtout au Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT), «qui sans être une institution, est devenu l'interlocuteur principal des autorités centrafricaines, signant au passage des conventions au nom de l'Etat camerounais pour assurer la sécurité des personnes et des biens à travers l'organisation des escortes et autres facilités pour les transporteurs camerounais en RCA».

La CGSTC accable le gouvernement camerounais, qui selon elle n'a rien fait pour limiter les atteintes physiques contre les transporteurs, sans compter les importantes pertes matérielles découlant des actions de violence contre les transporteurs. Incapables d'apporter une réponse efficace à l'escalade de l'insécurité transfrontalière en général, les pouvoirs publics sont tenus pour responsables d'avoir quasiment démissionné de leurs missions régaliennes au profit du BGFT.Du fait de l'insécurité grandissante en RCA, au moins 300 camions, en provenance de la métropole économique, Douala, en partance pour la RCA et bourrés de marchandises diverses, sont immobilisés depuis plus d'une semaine dans la ville frontalière camerounaise de Garoua-Boulaï à l'Est.

 

 
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