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Bangui: les déplacés n’ont pas les moyens financiers de rentrer chez eux

Par Sandra Black - 11/06/2014

Quelque 575 déplacés ont été interrogées du 19 au 23 mai dans 34 sites de déplacement dans la capitale centrafricaine

 

Le cinquième sondage de l’OIM sur les intentions de retour des déplacés internes réalisé à Bangui, vient d'être publié. Il révèle les difficultés croissantes que connaît la population déplacée. Quelque 575 déplacés ont été interrogées du 19 au 23 mai dans 34 sites de déplacement à Bangui. Par rapport au sondage du mois d’avril, le pourcentage de déplacés internes déclarant ne pas avoir les moyens financiers pour rentrer chez eux est passé de 68% à 79%. Le pourcentage de déplacés confiant ne pas se sentir en sécurité dans leur quartier a également augmenté, passant de 64% à 71%. Plus de 136 000 déplacés internes à Bangui trouvent refuge dans quelque 42 sites de déplacement autour de la ville. Ce chiffre a baissé depuis fin avril où 177 891 personnes déplacées vivaient dans 45 sites. Il s’agit également d’une baisse considérable par rapport à fin décembre, où l’on comptait plus de 500 000 déplacés à Bangui.

 


© iom.int
Une famille de déplacés centrafricains dans la capitale Bangui
Les chiffres du déplacement en baisse démontrent que les déplacés internes prennent les mesures nécessaires pour répondre à leur souhait de rentrer chez eux. Quelque 60% des déplacés ont répondu qu’ils avaient l’intention de rentrer chez eux dans les quatre prochaines semaines. Il s’agit d’une légère hausse par rapport au sondage d’avril (57%) mais d’une baisse considérable par rapport à janvier (74%), suggérant donc que les déplacés sont moins nombreux à vouloir rentrer chez eux.

Ceux qui restent dans les sites sont les plus vulnérables, qui n’ont pas les moyens financiers de rentrer chez eux, ou dont les habitations ont été détruites. Pour pouvoir rentrer chez eux, les besoins les plus fréquemment cités sont le logement (33%), la sécurité (24%) et l’aide non alimentaire (14%). La plupart des déplacés internes (77%) sont déplacés depuis décembre 2013 lorsque les affrontements ont pris de l’ampleur. Au total, 94% des déplacés ont dû interrompre leur activité professionnelle en raison du déplacement. Pendant ces nombreux mois de déplacement, ils ont utilisé toutes leurs économies et sont aujourd’hui dans une situation financière catastrophique : 98% ont indiqué emprunter de l’argent et 88% ont vendu leurs outils de travail ou consommé leurs réserves de semences. Le pourcentage de déplacés ayant l’intention de s’installer dans une autre région de RCA augmente de quelques points chaque mois : de 4,6% en mars 2014 à 9% en avril, à 11% dans ce dernier sondage. Presque tous les déplacés (97%) ont confié qu’ils avaient envoyé leur famille vivre ailleurs.

 


© iom.int
Les enquêteurs de l'OIM sur le terrain
Le sondage sur les intentions de retour des déplacés est mené à bien chaque mois à Bangui depuis janvier 2014 afin d’effectuer un suivi des intentions de retour de la population déplacée, d’identifier les facteurs qui contribuent au déplacement et les conditions nécessaires pour rentrer chez eux. Le sondage de ce mois-ci est centré sur le déplacement provoqué par l’attaque perpétrée contre l’Eglise Notre Dame de Fatima le 28 mai dernier. L’attaque, qui a coûté la vie à plus de 20 personnes, a provoqué le déplacement de 22 000 habitants, dont 9 000 qui avaient trouvé refuge à Notre Dame de Fatima. Cette population s’est rendue dans neuf autres sites de déplacement, mettant à rude épreuve les ressources limitées de ces sites en termes d’abris, d’eau, d’assainissement et de nourriture.

Marie, une jeune femme dont la famille avait fui l’Eglise de Fatima, a confié: «J’ai retrouvé ma mère, ma sœur, ma nièce et mon frère dans le site de déplacement de Grand Séminaire, dans la zone de Bimbo. Je suis bien à Grand Séminaire car nous sommes dans un bâtiment abrité de la pluie. A Fatima, on dormait par terre. Nous sommes plus en sécurité à Bimbo mais les abris sont surpeuplés. Il y a assez d’eau mais tout le monde cherche de la nourriture. Même s’ils distribuent de la nourriture, ça n’est pas assez parce qu’il y a beaucoup de monde.» Le sondage sur les intentions de retour à Bangui fait partie de la Matrice de suivi des déplacements (DTM) de l’OIM, conçue pour connaître les dynamiques de mouvement de population et orienter la réponse humanitaire à la crise.
 
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