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Crise centrafricaine : 80.000 réfugiés au Cameroun, hausse de l'aide de l'UE

Par Xinhua - 09/05/2014

A Garoua-Boulaï, à la frontière centrafricaine, les équipes de l'ONG Médecins sans frontières se plient en quatre pour fournir la prise en charge médicale aux Centrafricains débarqués dans cette ville

 

"Depuis trois mois, nous faisons face à un surcroît de malades. C'est le même épisode à chaque fois qu'il y a des problèmes en Centrafrique. Mais cette fois, ça a été très fort", a témoigné à son tour le Dr. Solofo Rakotoarivelo, directeur d´hôpital.

A Garoua-Boulaï, à la frontière centrafricaine, les équipes de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), en soutien aux efforts du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avec d'autres agences onusiennes, se plient en quatre pour fournir la prise en charge médicale aux Centrafricains débarqués dans cette ville dans l'Est du Cameroun.

Depuis la grande offensive des milices anti-Balakas (anti-machettes) contre les positions des ex-rebelles de la Séléka de Michel Djotodia le 5 décembre 2013 à Bangui, environ 81.078 demandeurs d'asile centrafricains ont été reçus par les autorités camerounaises dans les régions de l'Est, de l'Adamaoua, du Nord, du Centre et du Littoral, d'après un récent recensement établi le 2 mai par le HCR.

Les trois quarts de ces réfugiés se concentrent dans l'Est. A Garoua-Boulaï, la situation est "dans la phase critique", selon Ghislaine Télémaque, coordonnatrice médicale des activités de MSF dans la ville. Face aux besoins importants en lait et autres aliments thérapeutiques, "on essaie de faire le maximum", a -t-elle assuré à Xinhua.

La présence de l'ONG dans cette localité touchée de quelquefois par des incursions des groupes amés centrafricains dont les miliciens anti-Balakas date de mi-janvier. Sur environ 12.000 réfugiés pris en charge depuis cette date, l'on recense 15% de cas de malnutrition, notamment en ce qui concerne les enfants, et 17% d'infections respiratoires. Puis un fort taux de paludisme, ajoute Télémaque.

"Depuis trois mois, nous faisons face à un surcroît de malades. C'est le même épisode à chaque fois qu'il y a des problèmes en Centrafrique. Mais cette fois, ça a été très fort", a témoigné à son tour le Dr. Solofo Rakotoarivelo, directeur de cet hôpital.

 


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FORMATION SANITAIRE DEBORDEE

D'une capacité de 80 lits, cette formation sanitaire se trouve débordée par les sollicitations de prise en charge des patients. "On n'arrive pas à place les malades simples. Tout est plein actuellement. Nous avons un manque de lits et des problèmes d'hygiène se posent, car, souvent ces réfugiés ne connaissent pas l'utilisation des latrines", rapporte le médecin malgache.

L'hôpital a dû mettre en place un système qui consiste à ce que, "dès qu'un malade se sent un peu mieux, on le fait rentrer à la maison" pour libérer la place. Au centre nutritionnel thérapeutique financé par MSF, le taux de remplissage des 16 lits disponibles a obligé à aménager un espace supplémentaire, une grande tente de 8 lits pour répondre à l'urgence.

Parmi les réfugiés centrafricains, quelque 40 blessés graves comprenant des amputés dus aux grenades ont été identifiés et ont nécessité des interventions chirurgicales. Certains n'ont pas pu survivre. Dix cas de tuberculose puis un à deux cas d'infection à VIH sont par ailleurs déclarés.

"On commence à avoir des cas de dépression et de stress post-traumatique", révèle en outre Ghislaine Télémaque qui fait état d'un "manque d'acteurs dans divers domaines" pour pouvoir répondre à l'ensemble des besoins engendrés par la crise humanitaire liée à l'afflux des réfugiés centrafricains sur le territoire camerounais.

Selon le Dr. Rakotoarivelo, beaucoup des cas de traumatologie déclarés ont été transférés à l'hôpital régional de Bertoua, dans la principale ville de la région de l'Est.

Avec les anciens réfugiés établis dès le coup d'Etat de François Bozizé en mars 2003, le Cameroun héberge à ce jour 187.355 Centrafricains répartis entre 116.630 dans l'Est, 53.673 dans l'Adamaoua, 2.751 dans le Nord, 8.290 dans le Centre et 6.011 dans le Littoral, d'après les statistiques du HCR communiquées à Xinhua.

En visite à Yaoundé lundi et mardi avant Bangui le lendemain, Kristalina Georgieva, commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises, a salué la "générosité" du gouvernement et du peuple camerounais comme "un exemple magnifique pour le monde".

"Nous sommes ici parce que la crise très grave en République centrafricaine est une crise régionale. Beaucoup de réfugiés sont ici au Cameroun et nous, l'Union européenne, nous avons décidé de doubler l'aide humanitaire pour le Cameroun de 3 millions d'euros à 6 millions d'euros. Pour les réfugiés, il n'y a pas suffisamment de médicaments et de nourriture, les conditions sont très difficiles", a-t-elle déclaré à la presse.

Cette aide couvre pour 4 millions d'euros les besoins d'assistance humanitaire aux réfugiés et pour 2 millions d'euros les besoins en infrastructures de base des communautés locales camerounaises.

En plus du Cameroun, 12.000 autres Centrafricains sont recensés en République démocratique du Congo (RDCongo), et 8.000 respectivement au Tchad et en République du Congo. Y compris un petit nombre au Soudan, à en croire Mme Georgieva.

"Il y a beaucoup de réfugiés au Tchad. Nous avons financé un programme d'assistance aux réfugiés. Aujourd'hui, nous avons annoncé une addition de 3 millions d'euros pour les réfugiés qui sont au Tchad", a par ailleurs annoncé la commissaire européenne.

51 MILLIONS D'EUROS DE L'UE

Ces nouveaux fonds, qui portent l'aide humanitaire européenne en faveur de la crise centrafricaine à 51 millions d'euros depuis décembre 2013, doivent cependant encore être définitivement approuvés par les Etats membres de l'Union européenne (UE), ce qui signifie que leur déblocage n'est pas immédiat.

"Nous avons financé 45 millions d'euros pour la République centrafricaine. Notre aide est pour les déplacés internes dans ce pays. Nous sommes très engagés pour la sécurité. Nous finançons la MISCA (Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine) et nous avons 81 millions d'euros pour l'aide au développement. Dans ces conditions, c'est pour les salaires de l'administration et pour les services sociaux", a résumé Mme Georgieva.

En cinq mois depuis l'attaque des anti-Balakas du 5 décembre à Bangui, la crise centrafricaine a causé près d'un million de morts. Quelque 350.000 personnes ont été poussées à l'exil hors du pays et environ 600.000 sont recensées dans des sites de déplacés internes dont 178.000 dans la capitale.

Plus de la moitié de la population de ce pays de 4,6 millions d'habitants a besoin d'aide immédiate, selon les Nations Unies dont le Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) a évalué à 551 millions de dollars les besoins liés à la mise en œuvre d'un plan d'intervention stratégique et l'assistance humanitaire pour 2014 et dont seuls 16% de ces fonds avaient été débloqués mi-mars.

Au Cameroun, après le déblocage d'un fonds d'urgence de 10 millions de dollars, l'ONU a lancé la mobilisation d'une autre aide de même montant.

"Je pense que la solution de cette crise est une solution politique et une solution de sécurité", a cependant insisté la commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises.
 
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