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Centrafrique : un journaliste tué dans des violences intercommunautaires

Par AFP - 02/05/2014

Un journaliste centrafricain a été tué et un autre grièvement blessé après avoir été attaqués à leurs domiciles dans la nuit de mardi à mercredi

 

Un journaliste centrafricain a été tué et un autre grièvement blessé après avoir été attaqués à leurs domiciles dans la nuit de mardi à mercredi, marquée par des tirs nourris et des violences dans la capitale Bangui, a-t-on appris jeudi de source policière.

"Le journaliste Désiré Sayenga, rédacteur au journal Le Démocrate, a été atteint au thorax par une balle tirée par des individus armés qui sont entrés chez lui dans la nuit", a déclaré cette source sous couvert d'anonymat.

"Conduit à l'hôpital, il a été opéré mais a succombé à ses blessures mercredi soir", a-t-on ajouté.

"René Padou, un autre journaliste qui collabore avec la radio protestante Voix de la Grâce, a été attaqué dans la maison familiale par des individus armés qui ont abattu son frère aîné de plusieurs balles", selon la même source.

"Ils lui ont également tiré dessus, puis l'ont poignardé. Il se trouve toujours à l'hôpital dans un état jugé sérieux", a-t-on précisé.

Selon cette source, les deux journalistes, qui n'étaient spécialement visés, ont été victimes des violences qui ont éclaté mardi soir, après qu'un jeune musulman du PK5, dernière enclave musulmane de la ville, eut été tué et son corps mutilé.


 


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Dans la soirée, les musulmans du quartier, par vengeance, ont attaqué plusieurs domiciles des quartiers chrétiens voisins du PK5 et des tirs nourris ont été entendus, selon la source policière. Des centaines de personnes ont fui leurs maisons pour regagner les sites de déplacés.

Aucun bilan précis de ces violences n'était disponible jeudi, a affirmé la source policière.

La Centrafrique a sombré dans le chaos et les violences intercommunautaires, lorsque l'ex-rébellion Séléka, à majorité musulmane, a pris brièvement le pouvoir entre mars 2013 et janvier 2014 dans un pays composé à 80% de chrétiens, multipliant les exactions.

Des milices chrétiennes hostiles aux Séléka et plus généralement aux musulmans se sont formées, semant elles aussi la terreur parmi les civils.

Les massacres ont été les plus violents à Bangui, où plus de 90% des 60 à 80.000 musulmans qui y vivaient ont fui la capitale.
 
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