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Dilemme politico-humanitaire sur le sort des musulmans menacés

Par AFP - 25/04/2014

Faut-il les déplacer au risque d'accroître la division du pays? Les laisser où ils sont, sous la menace des sanglantes milices anti-balaka?

 

Le débat a été relancé avec la relocalisation, avec l'aide de l'ONU et sous la protection des forces internationales, de 93 musulmans du PK-12, un ghetto insalubre à la sortie de Bangui, transférés lundi à Bambari, à 300 km au nord-ouest de la capitale.

Quelque 1.300 autres habitants du PK-12 devaient suivre en direction de la frontière avec le Tchad.

Mais le gouvernement centrafricain s'y est opposé, leur évacuation revenant à quasiment vider Bangui de ses derniers musulmans.

Lundi, la ministre de la Réconciliation, Antoinette Montaigne, a convoqué le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) pour leur exprimer son mécontentement.

"Je me suis invitée dans le débat car on ne s'était pas soucié des enjeux vitaux de réconciliation", justifie-t-elle, ces déplacements pouvant créer des "déséquilibres culturels et sociologiques".

Le sud de la Centrafrique s'est presque vidé de ses populations musulmanes, qui ont dû fuir les exactions des milices anti-balaka.

Ces groupes de jeunes essentiellement chrétiens disent vouloir venger leurs coreligionnaires, majoritaires dans le pays (environ 80%), des sévices infligés par l'ex-rébellion Séléka, à dominante musulmane, lorsqu'elle était au pouvoir de mars 2013 à janvier 2014.

Des dizaines de milliers de musulmans ont gagné le Nord, où ils étaient déjà fortement représentés, ou les pays voisins.

Conséquence: les contours d'une partition du pays de facto -un projet des Séléka les plus extrémistes- se dessinent progressivement.

L'organisation d'un nouveau convoi humanitaire, escorté par des soldats français ou africains, pour déplacer plus de musulmans au Nord renforcerait encore cette division, au détriment de l'hypothétique réconciliation nationale prônée par le gouvernement.

"Tous les Centrafricains ont le droit de demander que les pays amis n'aillent pas dans le sens d'une séparation de fait de ce pays", proteste la ministre.

 


© Afp
"Impératif humanitaire"

"Dans deux ou trois ans, on va se retrouver avec le nord du pays contrôlé par les ex-Séléka. Le pouvoir civil aura alors des difficultés", observe, sous couvert d'anonymat, un cadre du gouvernement, selon qui des populations chrétiennes, tout autant "à risque", sont délaissées.

Mais dans le cas des musulmans du PK-12 à Bangui, deux options s'offrent: les "laisser mourir" ou "les relocaliser", rétorque Emmanuelle Schneider, une porte-parole d'Ocha, le bureau onusien en charge de l'urgence humanitaire.

Les relocalisations se font "sur le principe de l'impératif humanitaire", qui est de "sauver des vies", et sur ceux de "neutralité" et d'"impartialité", souligne Mme Schneider.

Selon les habitants du PK-12, fréquemment attaqué par les anti-balaka, 22 personnes ont péri en cinq mois, dont 18 de mort violente. Les blessés par balle, grenade ou machette sont légion.

"Cette relocalisation ne sera pas forcément de longue durée", assure Emmanuelle Schneider. "On espère pouvoir créer un jour les conditions propices à leur retour."

Ex-puissance coloniale, présente militairement (2.000 soldats) en Centrafrique, la France est accusée par les humanitaires d'avoir ralenti les opérations car elles incarnaient "un constat d'échec" de sa mission. "Ces gens ne sont pas en sécurité, alors qu'ils sont là où les troupes françaises se trouvent", dénonce l'un d'eux.

Un argumentaire que rejette l'ambassadeur français Charles Malinas. La France, explique-t-il, respecte le mandat onusien régissant son action, qui est que les populations "puissent rester là où elles se trouvent", sauf si "leur sécurité ne peut être assurée" ou leurs conditions de vie sont "inacceptables".

"Dans cette affaire, les agences (humanitaires) ont soigné leur bonne conscience, sans voir que l'enjeu central de ce pays est de ne pas céder aux forces qui veulent tout détruire", observe un diplomate à Bangui.

Cernés par la haine et prisonniers de ce débat politico-humanitaire, les derniers 1.300 musulmans de l'insalubre PK-12 devraient savoir rapidement s'ils pourront partir.

Prochaine étape, les musulmans de Boda (sud), littéralement encerclés par une population chrétienne très favorable aux anti-balaka, qui les affame progressivement.

Eux sont plus de 10.000. Leur site d'accueil se trouvera également dans le Nord. Le débat sur les déplacements n'est pas prêt de s'arrêter.
 
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Les organisations internationales complices du projet de la partition de la RCA

Par Ngarra

25/04/2014 23:10

L' Organisation Internationale des Migrations ( OIM ), à la solde des pays pétroliers arabes, a décidé de l'opération de relocalisation des musulmans de Centrafrique sous prétexte d'un " nettoyage religieux ". En réalité, cette opération est mise en oeuvre dans le but de concrétiser la partition de la République centrafricaine. C'est une immixtion dans les affaires intérieures de ce pays.

Dans cette affaire, les sons de cloche sont discordants. Malgré la protestation de la ministre de la réconciliation nationale, Antoinette Montaigne, il semble que la décision ait été prise ou acceptée en haut lieu ; au niveau de Samba Panza ou de l'Elysée ? Ce sont des soldats français qui ont escorté le convoi des musulmans jusque dans la région de Bambari. Ce sont des signes qui ne trompent pas, vue la fourberie légendaire qui les caractérise.

D'un côté, ces musulmans réclament leur sécurité, et de l'autre, ils se montrent belliqueux et toujours de mèche avec des forces étrangères, les forces du mal. Les derniers événements de Bouca démontrent bien que ces gens ne sont pas prêts à accepter la paix. Toujours armés par le Tchad de Déby qui a fait semblant de retirer ses troupes de la MISCA et de la Centrafrique, Ils poursuivent leur but : islamiser le pays ou à défaut créer sa partition.

Affirmer que le futur Etat que rêvent de créer ces musulmans serait une république laïque est un leurre. Qui peut croire un seul instant à cette mascarade ? Abakar Sabone, ce Soudano-éthiopien qui porte sur son visage la méchanceté, après le " déracinement " de sa maison à Bangui, veut voir se réaliser ce rêve qui, je l'espère ne restera qu'un rêve.

La République centrafricaine doit rester une et indivisible.

FRERES ANTI-BALAKA, CESSEZ LE FEU!

Par HIOB'S

26/04/2014 16:20

Sous prétexte qu'ils sont venus aider la RCA a rétablir la paix,voici que les Blancs se rendent complices du plan des Seleka: diviser le pays, ayant échoué a l'annexer totalement.

Lorsqu'ils auront fini de parquer tous les musulmans au Nord,et qu'ils seront rentrés dans leurs pays respectifs, qu'adviendra-t-il de la RCA? Qui restera déloger les tchadiens et les soudanais de la Seleka? Samba Panza,ou les sbires de Deby qui ont truffé le gouvernement? Pauvre ministre de la réconciliation!

Dans tout ce complot,que disent les plus hautes autorités? Elles qui étaient toujours promptes a défendre l’armée tchadienne chaque fois que cette dernière arrosait la population? Avec quelle armée irez-vous reconquérir la partie nord de votre pays? Pitié!!!

Chers frères des Anti-Balaka, votre lutte est juste. Votre soulèvement a empêché le génocide qui se préparait.Vous avez livré un combat patriotique.Vous avez, a mains presque nues,fait reculer les envahisseurs tchadiens et soudanais. Il est vrai que demain,se sont les politicards qui vont profiter de votre sursaut patriotique. mais la Nation centrafricaine saura un jour vous rendre hommage.Lorsque le pays reprendra le chemin de la civilisation.

Maintenant, déposez les armes,cessez le feu!Que le gouvernement négocie avec vous.Ne justifiez pas la partition de votre beau pays.Ne donnez pas raison aux Blancs.Laissez vos frères musulmans retrouver leurs esprits.Nous sommes tous les fils d'un même Père:DIEU. Laissons tout entre ses mains.

CESSONS LA VENGEANCE!!!
HIOB'S

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